En pé­ri­phé­rie du noyau d’un por­te­feuille.

Le conseiller Antonio Ti­be­rio pro­pose des fonds qui gra­vitent au­tour du noyau de ses por­te­feuilles.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO

une grande part de la phi­lo­so­phie d’in­ves­tis­se­ment du conseiller Antonio Ti­be­rio s’ins­pire de celle du cé­lèbre in­ves­tis­seur War­ren Buf­fett.

Se­lon le pre­mier prin­cipe de base au­quel adhère ce re­pré­sen­tant en épargne col­lec­tive de Ser­vices d’in­ves­tis­se­ment Qua­drus, qui compte 40 ans d’ex­pé­rience, la meilleure fa­çon de faire de l’ar­gent est de ne pas en perdre. « Mes clients ont eu des baisses dans leurs por­te­feuilles, mais n’ont ja­mais connu de pertes en ca­pi­tal », af­firme Antonio Ti­be­rio, dont le bu­reau est à La­val.

Quatre autres prin­cipes, très in­ter­re­liés, di­rigent ses in­ter­ven­tions : dis­ci­pline, pa­tience, maî­trise des émo­tions et pers­pec­tive. Ce­la en en­traîne un autre : écar­ter le bruit mé­dia­tique, « qui est sou­vent né­ga­tif, in­cor­rect et in­co­hé­rent, com­plète-t-il. Ce sont les at­ti­tudes que j’es­saie d’ins­tau­rer chez mes clients dans toutes nos ren­contres, tous nos échanges, et dans un blogue que j’écris de­puis cinq ans. »

Pa­ra­doxa­le­ment, mal­gré une ap­proche ré­so­lu­ment conser­va­trice, Antonio Ti­be­rio s’op­pose à l’idée re­çue se­lon la­quelle la te­neur en risque d’un por­te­feuille tient à l’âge du client. « C’est une fausse idée im­po­sée par l’in­dus­trie, lance-t-il. L’ho­ri­zon est plus im­por­tant que l’âge. Un client de 40 ans et un autre de 60 ans peuvent avoir le même ho­ri­zon. »

Au centre de ses por­te­feuilles, le conseiller donne la prio­ri­té aux fonds gé­rés, ou fonds de fonds, par exemple le Por­te­feuille Équi­libre 2203 de Fi­de­li­ty, com­po­sé à 60 % d’ac­tions, ou en­core le Por­te­feuille Crois­sance 2205, com­po­sé à 75 % d’act ions. « Ac­ti­ve­ment gé­rés et ré­équi­li­brés, ces por­te­feuilles pro­curent aus­si une cer­taine pro­tec­tion à la de­vise pour la por­tion étran­gère. Pour un client au pro­fil équi­li­bré, ces fonds se­ront mes choix de pré­fé­rence dans une pro­por­tion de 75 % à 80 % des por­te­feuilles. »

Au­tour de ce centre, Antonio Ti­be­rio a re­cours à di­vers fonds au ca­rac­tère plus ac­cu­sé pour ac­cen­tuer le risque et la crois­sance ou pour ac­cen­tuer le conser­va­tisme. C’est dans cette pé­ri­phé­rie que loge sa sé­lec­tion de trois fonds dont il nous a en­tre­te­nus.

« Ce qui m’at­tire ici, ce n’est pas tant ce fonds par­ti­cu­lier de Fi­del it y, mais le sec­teur lui-même, qui s’avère très payant par les temps qui courent, af­firme Antonio Ti­be­rio. Je le dé­tiens moi-même, pour ajou­ter du pi­quant à mon por­te­feuille. »

At­ten­tion, ce n’est pas pour tout le monde, car il peut être à risque éle­vé, aver­tit le conseiller. « Il faut être ca­pable d’en­du­rer les fluc­tua­tions de Bourses et de de­vises ! » ajoute-t-il. Ain­si, il in­sère ce fonds dans un por­te­feuille, mais dans la par­tie pé­ri­phé­rique, où il ne dé­passe pas une pon­dé­ra­tion de 10 %.

La per­for­mance his­to­rique a été dé­ce­vante, re­con­naît-il ; par contre, des chan­ge­ments ré­cents d’al­lo­ca­tion d’ac­tifs, no­tam­ment un vi­rage vers les pays d’Eu­rope de l’Est, l’ont re­vi­go­ré, ce qui lui a per­mis d’at­teindre un ren­de­ment de 26,38 % de­puis un an.

Un autre ins­tru­ment au­quel Antonio Ti­be­rio a re­cours à la pé­ri­phé­rie, il s’agit ici d’un fonds dis­tinct dont l’in­té­rêt prin­ci­pal tient à sa cor­ré­la­tion neutre à la Bourse. « Il a sa propre tête, com­mente le conseiller. Alors que tous les titres baissent en Bourse, il peut être le seul à mon­ter. »

Pre­nant place dans la ca­té­go­rie des pla­ce­ments al­ter­na­tifs, ce fonds in­ves­tit au Ca­na­da di­rec­te­ment dans des im­meubles, par exemple le High Park Vil­lage – West To­wer, à To­ron­to, et le Crest­wood Cor­po­rate Centre, à Van­cou­ver. Ses re­ve­nus pro­viennent de deux sources : les loyers et le gain en ca­pi­tal au mo­ment de la vente d’un im­meuble.

Il ar­rive qu’Antonio Ti­be­rio ait re­cours à cet ins­tru­ment à la place d’un fonds obli­ga­taire. « J’ai eu des ré­sul­tats su­pé­rieurs, com­mente- t- il, et il est moins sen­sible aux taux d’in­té­rêt qu’un fonds obli­ga­taire. »

Antonio Ti­be­rio as­signe ha­bi­tuel­le­ment ce fonds à ses clients au pro­fil très con­ser­va­teur, quoique pas né­ces­sai­re­ment, car il a dé­jà four­ni des ren­de­ments de 15 % dans ses très bonnes an­nées.

Ce fonds est la ré­plique ca­na­dienne, tout ré­cem­ment lan­cée, du cé­lèbre Con­tra­fund gé­ré par Will Da­noff, consi­dé­ré comme un des meilleurs ges­tion­naires de sa gé­né­ra­tion.

Antonio Ti­be­rio lui ac­corde sa fa­veur pour deux rai­sons : la pon­dé­ra­tion amé­ri­caine du fonds, à hau­teur de 93 %, ain­si que l’ap­proche et la ré­pu­ta­tion de Will Da­noff.

Bien que Will Da­noff ait été for­mé par le lé­gen­daire Pe­ter Lynch, c’est la pers­pec­tive d’un War­ren Buf­fett qui ins­pire ici Antonio Ti­be­rio. Les grands titres du por­te­feuille, comme Ama­zon, Apple, Google, Bank of Ame­ri­ca, obéissent au prin­cipe de « poste de péage » cher à l’oracle d’Oma­ha. Ces en­tre­prises oc­cupent une po­si­tion do­mi­nante dans leur mar­ché, de telle sorte qu’elles agissent comme des postes de péage où on n’a pas d’autre choix que de payer.

En met­tant tous ces in­gré­dients en­semble, ce fonds risque de ré­pondre aux at­tentes, ce que son dé­part vi­gou­reux avec un ren­de­ment de 12,3 % lais­ser pré­sa­ger.

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