L’as­su­reur de­ve­nu fin­tech.

L’ex­pan­sion de l’as­su­reur re­pose sur la vente en ligne.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR FRÉ­DÉ­RIC ROY

hu­ma­nia as­su­rance a pris tout un vi­rage nu­mé­rique. En 2013, Hu­ma­nia As­su­rance ne ven­dait au­cun de ses pro­duits en ligne. Au­jourd’hui, près de 90 % de ses ventes en as­su­rance vie sont faites sur In­ter­net par l’in­ter­mé­diaire de conseillers en sé­cu­ri­té fi­nan­cière.

« Pour nous, la tech­no­lo­gie, être une fin­tech, être un dis­rup­teur [ NDLR : un per­tur­ba­teur] dans l’in­dus­trie, ce n’est même pas un choix, c’est un be­soin et c’est ce qu’on fait », a ex­pli­qué Sté­phane Ro­chon, pré­sident et chef de la di­rec­tion d’Hu­ma­nia As­su­rance, lors d’une al­lo­cu­tion du­rant la confé­rence « Fin­Tech », pré­sen­tée par Les Évé­ne­ments

Les Af­faires à la fin de mai. Si la crois­sance et l’ex­pan­sion pan­ca­na­dienne de cet as­su­reur de Saint-Hya­cinthe re­posent au­jourd’hui es­sen­tiel­le­ment sur sa stra­té­gique nu­mé­rique, cette tran­si­tion n’a pas été chose fa­cile.

Cette trans­for­ma­tion du mo­dèle d’af­faires dé­coule de la dé­ci­sion d’Hu­ma­nia d’im­par­tir ses ac­ti­vi­tés de tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion en 2002. La cas­sure a alors été trop grande, entre autres en rai­son de l’ab­sence de proxi­mi­té phy­sique.

Hu­ma­nia change de mo­dèle en 2006 et crée sa fi­liale nu­mé­rique Sur­vi­tech, dont elle est à 100 % pro­prié­taire. Si­tuée dans le même im­meuble que l’as­su­reur, cette di­vi­sion compte moins de vingt em­ployés et contri­bue à la mise au point de tech­no­lo­gies propres à Hu­ma­nia. D’ailleurs, l’as­su­reur compte au­jourd’hui plus de 200 em­ployés.

Les déf is tech­no­lo­giques, tout comme la ges­tion des en­jeux de sé­cu­ri­té et de confor­mi­té, sont grands. Mal­gré tout, l’as­su­reur réus­sit son pa­ri en lan­çant ses pro­duits As­su­rance Sans Exa­men Mé­di­cal ( AS­SEM) en juin 2013, En­fants360 en sep­tembre 2015, et Hu­GO en oc­tobre 2016.

AS­SEM, le pre­mier pro­duit 100 % Web de l’as­su­reur, per­met aux clients de sous­crire une as­su­rance sans tests mé­di­caux se­lon une ap­proche sans pa­pier no­va­trice.

« Nous avions un mar­ché à confir­mer, parce que nous n’étions pas cer­tains que c’était un mar­ché plus ni­ché ; donc, il y avait dé­jà là un risque qui n’était même pas tech­no­lo­gique », a sou­li­gné Éric Le­vac, vice-pré­sident, tech­no­lo­gies et stra­té­gies nu­mé­riques chez Sur­vi­tech, du­rant la confé­rence.

Le pro­duit a connu un bon suc­cès au­près de la clien­tèle, ce qui a pous­sé l’as­su­reur à en créer un deuxième.

Le pro­duit d’as­su­rance pour mi­neurs En­fants360, un autre pro­duit « simple » 100 % Web, a per­mis de conso­li­der les pro­ces­sus éta­blis.

« Nous avons bâ­ti sur les pro­ces­sus que nous avions éta­blis dans la pre­mière ex­pé­rience et nous les avons fait évo­luer », a ex­pli­qué Éric Le­vac.

UNE TEM­PO­RAIRE EN 15 MI­NUTES

En dé­cembre der­ni e r, Hu­ma­nia a lan­cé sa pla­te­forme d’achat d’as­su­rance vie tem­po­raire en ligne, nom­mée Hu­GO.

Cette pla­te­forme uti­lise l’ana­lyse pré­dic­tive pour éva­luer le risque de dé­cès, ce qui lui per­met de four­nir une dé­ci­sion en 15 à 45 mi­nutes pour en­vi­ron 65 % des clients et pour un ca­pi­tal as­su­ré pou­vant at­teindre 1 M$. Rap­pe­lons que le pro­ces­sus de sous­crip­tion tra­di­tion­nel avec for­mu­laires pa­pier et exa­mens mé­di- caux dure sou­vent plus de 30 jours.

Le pro­fil de risque du client se construit à par­tir d’une sé­rie de courtes ques­tions, de 5 à 12. Si Hu­GO aime le pro­fil de risque, que le client a un fac­teur fa­vo­rable, un état de san­té et des ha­bi­tudes de vie qui n’in­quiètent pas, il ren­dra une dé­ci­sion dans les 15 mi­nutes.

« L’en­jeu n’était pas de chan­ger le pro­ces­sus d’achat de la po­lice d’as­su­rance, mais de le faire tout en res­tant concur­ren­tiel [ sur le plan du prix] » , a soul ig­né Sté­phane Ro­chon

L’idée consis­tait à dé­ve­lop­per une tech­no­lo­gie à émis­sion ra­pide où l’en­semble de la chaîne de pro­duc­tion, du ma­nu­fac­tu­rier de pro­duit à l’as­su­ré en pas­sant par l’agent gé­né­ral et le conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière, puisse être avan­ta­gé.

L’as­su­ré bé­né­fi­cie de la flexi­bi­li­té et de la ra­pi­di­té de l’émis­sion du pro­duit d’as­su­rance vou­lu. Et le pro­ces­sus d’émis­sion est moins in­tru­sif.

Se­lon Hu­ma­nia, le conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière y trouve son compte, entre autres grâce à la di­mi­nu­tion du nombre de ren- contres et l’ac­cès au gui­chet nu­mé­rique unique.

L’agent gé­né­ral est avan­ta­gé sur le plan de l’au­to­ma­ti­sa­tion des pro­ces­sus pour près des deux tiers des dos­siers as­so­ciés au pro­duit ain­si que par le trans­fert élec­tro­nique des don­nées.

Il est à no­ter que le pro­jet a été dé­ve­lop­pé par la fi­liale nu­mé­rique d’Hu­ma­nia.

CLÉS DU SUC­CÈS

Du­rant la confé­rence, les di­ri­geants d’Hu­ma­nia ont ana­ly­sé les clés de la réus­site de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique. de l’en­tre­prise. D’abord, Hu­ma­nia uti­li­sait la mé­thode agile, qui consiste à sim­pli­fier le pro­ces­sus de flux de tra­vail et à créer une équipe souple ca­pable de s’adap­ter aux exi­gences tou­jours chan­geantes. Elle l’a éten­due ailleurs qu’aux TI afin de faire res­sor­tir plus tôt les in­ter­dé­pen­dances des di­vi­sions et les risques.

En­suite, Hu­ma­nia est de­meu­rée pré­oc­cu­pée par l’ex­pé­rience client. Elle a entre autres créé des groupes de dis­cus­sion ( focus

groups) axés sur les pro­to­types et a pro­po­sé des ap­proches de for­ma­tion adap­tées et des ou­tils pour faire des es­sais.

En outre, les équipes se sont at­ta­quées aux en­jeux de confor­mi­té et de sé­cu­ri­té le plus tôt pos­sible dans le pro­ces­sus de créa­tion du pro­duit. Par exemple, le pro­to­ty­page ( agile) tôt dans le pro­jet fait res­sor­tir ra­pi­de­ment les en­jeux de confor­mi­té et pro­pose des so­lu­tions ap­pro­priées.

Sté­phane Ro­chon et Éric Le­vac ont sou­te­nu du­rant la confé­rence que leur vi­rage tech­no a per­mis à Hu­ma­nia d’ac­cé­der à de nou­veaux ré­seaux pan­ca­na­diens, de ra­jeu­nir les conseillers fai­sant af­faire avec eux et de ré­duire le coût d’ac­qui­si­tion d’un client.

De 2015 à 2016, la part de ses ventes pro­ve­nant de l’ex­té­rieur du Qué­bec, tous sec­teurs d’ac­ti­vi­té confon­dus, est pas­sée de 31 à 43 %.

Pour nous, être une fin­tech, ce n’est même pas un choix, c’est un be­soin. — Sté­phane Ro­chon

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.