FNB De nou­veaux ve­nus.

Le mar­ché des FNB fleu­rit.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR JEAN- FRAN­ÇOIS BARBE

ishares, BMO Ges­tion mon­diale d’ac­tif et Van­guard Ca­na­da re­pré­sentent plus de 84 % de l’ac­tif sous ges­tion de l’in­dus­trie ca­na­dienne des fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB). À l’image de Des­jar­dins, des ma­nu­fac­tu­riers long­temps ab­sents du sec­teur des FNB veulent main­te­nant leur part du gâ­teau. Mais y a-t-il de la place pour tout le monde ?

« Le mar­ché ca­na­dien des FNB est en pleine crois­sance et il de­vient de plus en plus concur- ren­tiel. Les grandes ins­ti­tu­tions fi­nan­cières qui de­viennent ma­nu­fac­tu­riers de FNB peuvent s’ap­puyer sur leurs propres ré­seaux de dis­tri­bu­tion. Et les nou­veaux ac­teurs de niche peuvent, beau­coup plus fa­ci­le­ment, ti­rer leur épingle du jeu avec des FNB qu’avec des fonds com­muns », dit l’ana­lyste Da­niel Straus de la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale ( FBN).

Se­lon le ta­bleau des ventes an­nuelles nettes éta­bli par l’ana­lyste de la FBN, de pe­tits ma­nu­fac­tu­riers de FNB ont pris de la vi­tesse. C’est le cas d’Ho­ri­zons, First As­set, RBC, Pur­pose, Ma­cken­zie et AGF. Entre avril 2016 et avril 2017, ces six ma­nu­fac­tu­riers, qui re­pré­sentent 9,6 % de l’ac­tif sous ges­tion, ont cap­té plus de 26 % des ventes nettes (voir le ta­bleau Ventes et parts de mar­ché).

Et si le pas­sé est ga­rant de l’ave­ni r, l’ave­ni r sou­ri­ra à Des­jar­dins et à Ma­nu­vie qui ont dé­ci­dé en avril de sau­ter dans l’arène des FNB. Frank­lin Tem­ple­ton, dont les FNB ont fait leur en­trée à la Bourse de To­ron­to le 30 mai der­nier, ne se­ra pas en reste.

« Les ges­tion­naires d’ac­tif savent qu’ils doivent do­ré­na­vant avoir une forte com­po­sante de FNB dans leur offre de pro­duits. Je crois que ceux qui se dis­tin­gue­ront sur le ter­rain des ventes en FNB dis­posent dé­jà d’un ré­seau de dis­tri­bu- tion, d’un mar­ché cap­tif ou d’une marque re­con­nue », af­firme Jean Mo­ris­sette, consul­tant au­près de firmes de ges­tion de pa­tri­moine.

L’exemple de Des­jar­dins illustre les pro­pos de l’an­cien pré­sident de Ser­vices Fi­nan­ciers Par­te­naires Car­tier et ex-as­so­cié fon­da­teur de Tal­vest. Un mois après le lan­ce­ment de sa gamme de FNB, Des­jar­dins af­fi­chait des ventes de 65 M$. En main­te­nant ce rythme sur une an­née com­plète, Des­jar­dins coif­fe­rait le nu­mé­ro un du sec­teur, iShares, dont les ventes nettes s’éta­blis­saient à 657 M$ entre avril 2016 et avril 2017.

UN MAR­CHÉ EN CROIS­SANCE

En 2006, l’ac­tif sous ges­tion en FNB s’éta­blis­sait à 15,1 G$, par rap­port à plus de 120 G$ en 2017. Ce­la re­pré­sente un taux de crois­sance an­nuel de 22 %. D’après les pré­vi­sions d’In­ves­tor Eco­no­mics, l’ac­tif to­tal en FCP s’élè­ve­ra à 1 978 G$ en 2024 au Ca­na­da, com­pa­ra­ti­ve­ment à 266 G$ pour l’ac­tif en FNB. D’ores et dé­jà, les FNB captent plus du tiers ( 35 % en 2016) des en­trées nettes des fonds d’in­ves­tis­se­ment au Ca­na­da.

Se­lon Da­niel Straus, les règles du jeu fa­vo­risent les ma­nu­fac­tu­riers qui dis­posent dé­jà d’un ré­seau de dis­tri­bu­tion éta­bli ou d’une forte no­to­rié­té.

« Au Ca­na­da, la dis­tri­bu­tion règne en roi et maître. Les re­la­tions avec les conseillers sont ca­pi­tales. Il faut éga­le­ment in­ves­tir beau­coup d’ar­gent en pu­bli­ci­té et en mar­ke­ting », ex­plique Da­niel Strauss.

Voi­là qui fa­vo­rise les grandes ins­ti­tu­tions fi­nan­cières aux reins so­lides.

« BMO est le mo­dèle à suivre. Cette banque a son propre ré­seau de dis­tri­bu­tion et elle a très bien in­té­gré les FNB dans ses stra­té­gies de pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière. Je pense que d’autres banques ca­na­diennes fi­ni­ront par adop­ter ce mo­dèle » , dit Da­niel Straus.

Compte te­nu de leur no­to­rié­té, les AGF et Frank­lin Tem­ple­ton de­vraient éga­le­ment bien per­for­mer. « Ces firmes de­vaient in­té­grer les FNB. Les cour­tiers et re­pré­sen­tants tendent à li­mi­ter leurs achats de pro­duits au­près de deux ou trois ges­tion­naires d’ac­tif. Ces en­tre­prises de­vaient agir, ne se­rait- ce que par me­sure dé­fen­sive », es­time Jean Mo­ris­sette.

PLACE AUX AC­TEURS DE NICHE

A prio­ri, les pe­tits ma­nu­fac­tu­riers in­dé­pen­dants n’au­ront pas la vie fa­cile. Leur pros­pé­ri­té pas­se­ra- t- elle par la dé­fi­ni­tion des sec­teurs de niche ?

« Il coûte moins cher de créer des FNB que des fonds com­muns. C’est à la por­tée des pe­tits ges­tion­naires d’ac­tif », dit Da­niel Straus qui donne en exemple Aus­pice et Ha­mil­ton Ca­pi­tal.

Aus­pice compte deux FNB, concen­trés dans le sec­teur de l’éner­gie au Ca­na­da. Ha­mil­ton Ca­pi­tal en a deux, spé­cia­li­sés dans les so­cié­tés fi­nan­cières in­ter­na­tio­nales.

Tou­te­foi s , d’après Jean Mo­ris­sette, les pe­tits fa­bri­cants ni­chés de­vront constam­ment in­no­ver. Et pa­ra­doxa­le­ment, les plus gros pour­raient en bé­né­fi­cier. « En ajou­tant des filtres et de la ges­tion ac­tive, on aug­mente les coûts. Et sur ce ter­rain, les plus gros fa­bri­cants au­ront tou­jours l’avan­tage », dit-il.

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