TROIS FONDS Pour un por­te­feuille toutes sai­sons.

Il pré­sente trois ges­tion­naires qui sortent de l’or­di­naire.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO

« ma spé­cia­li­té n’est pas de de­vi­ner la di­rec­tion des mar­chés, mais de construire des por­te­feuilles toutes sai­sons », af­firme Den­nis Fong, spé­cia­liste de fonds, stra­té­gie de fonds d’in­ves­tis­se­ment, chez BMO Nes­bitt Burns.

BMO Nes­bitt Burns af­fiche en tout temps une liste de 35 à 40 fonds re­com­man­dés, liste à l’éla­bo­ra­tion de la­quelle par­ti­cipe Den­nis Fong. Pour ce faire, il a mis au point un pro­ces­sus éla­bo­ré de sé­lec­tion.

Tout com­mence avec un filtre ap­pli­qué aux bases de don­nées de Mor­ning­star, où il com­pare des fac­teurs de constance des ren­de­ments, de pro­tec­tion à la baisse, de vo­la­ti­li­té.

Le fonds qui passe ce pre­mier filtre est en­suite éva­lué pour d’autres fac­teurs : sec­teurs d’in­ves­tis­se­ment, nombre de titres en por­te­feui l le, ren­de­ments ajus­tés se­lon le risque, dis­tri­bu­tion géo­gra­phique, his­to­rique des ren­de­ments, mar­chés dans les­quels il a une mei l leure per­for­mance.

Puis vient la ren­contre avec les ges­tion­naires, pour son­der leur pro­ces­sus et leur phi­lo­so­phie d’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est de dé­ter­mi­ner d’où vient le sup­plé­ment de per­for­mance du fonds « et de veiller à ce qu’il soit cons­tant et re­pro­duc­tible », in­siste Den­nis Fong.

Ce pro­ces­sus a per­mis de re­pé­rer trois fonds dont la per­for­mance et les ca­rac­té­ris­tiques sont par­ti­cu­liè­re­ment at­trayantes.

FONDS DE RE­VE­NUS DE DI­VI­DENDES

Ma­nu­fac­tu­rier : Ma­nu­vie Créa­tion : mars 2012 Ac­tif sous ges­tion (ASG) : 2,23 G$ (au 31 mai 2017) Ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) : 2,27 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis cinq ans : 14,8 %

« Le pro­ces­sus unique et distinctif des ges­tion­naires est la chose que j’aime par- des­sus tout dans ce fonds » , af­firme Den­nis Fong. Sous la di­rec­tion d’Alan Wicks, l’équipe com­pose le por te­feui l le comme un « conglo­mé­rat ».

Ce conglo­mé­rat est com­po­sé de di f fé­rentes « l ignes d’af­faires », c’est-à- dire des sec­teurs d’in­vest i ssement, et tout comme dans un hol­ding, chaque ligne doit li­vrer des prof its. Ain­si, dans une ligne d’af­faires, les ges­tion­naires vou­dront s’as­su­rer que le ni­veau d’endettement n’est pas trop éle­vé, ou que les pro­fits ne sont pas liés à des fac­teurs de per­for­mance étran­gers à la mis­sion de base.

« Leur pro­ces­sus est très ra­tion­nel, sys­té­ma­tique et, sur­tout, re­pro­duc­tible » , sou­ligne Den­nis Fong. Et, dé­tail qu’il af­fec­tionne, tous les ges­tion­naires sont de­meu­rés en place de­puis la créa­tion de l’équipe de dé­part, en 1996.

« Il ne s’agit pas d’un mo­dèle quan­ti­ta­tif construit à par­tir de don­nées f in­an­cières ti­rées d’une base de don­nées, fait res­sor­tir Den­nis Fong. Tout est éla­bo­ré à par­tir d’une re­cherche fon­da­men­tale, de la ren­contre avec le ma­na­ge­ment et d’une com­pré­hen­sion de la dy­na­mique des mar­chés. »

La per­for­mance confirme la va­leur de l’ap­proche. Les ren­de­ments an­nua­li­sés sur un, trois et cinq ans sont res­pec­ti­ve­ment de 13,5 %, 11 % et 14,8 %, le tout avec un pro­fil de risque moyen. Et la ré­sis­tance à la baisse est très ferme : de­puis la créa­tion du fonds, sa plus forte perte a été de - 5 %, alors que celle du S& P/ TSX a été de -14,3 %.

FONDS EX­PAN­SION CA­NA­DA

Ma­nu­fac­tu­rier : Fi­de­li­ty Créa­tion : juillet 1994 ASG : 2,96 G$ (au 31 mai 2017) RFG : 2,27 % (sé­rie B) Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis 10 ans : 8,3 %

Voi­ci un fonds cen­tré sur les titres ca­na­diens, mais pas ex­clu­si­ve­ment, car 50 % du porte- feuille peut être in­ves­ti à l’étran­ger. L’at­trait prin­ci­pal tient ici au ges­tion­naire Mark Sch­mehl, « dont l’ap­proche est pas­sa­ble­ment dis­tinc­tive », note Den­nis Fong.

Mark Sch­mehl se fo­ca­lise sur les en­tre­prises qui pré­sentent du « chan­ge­ment po­si­tif » en lais­sant de cô­té les si­gnaux fon­da­men­taux ha­bi­tuels. La for­mule peut sem­bler ba­nale, jus­qu’à ce qu’on réa­lise que ce­la en­traîne le ges­tion­naire vers deux ex­trêmes : les titres de type très va­leur ou, à l’op­po­sé, les titres à très fort po­ten­tiel de crois­sance.

Par exemple, il a dé­te­nu plu­sieurs titres liés à la ma­ri­jua­na mé­di­cale, mais a tout ven­du quand la drogue a été lé­ga­li­sée. Même jeu dans les titres éner­gé­tiques : il a ache­té au pl a nche r quand les titres se sont écrou­lés, puis a ven­du une fois la re­prise amor­cée. « Sa force est de sa­voi r quand vendre », es­time Den­nis Fong.

Attent ion, Mark Sch­mehl n’est pas un in­ves­tis­seur mo

men­tum, une ap­proche qui consiste à an­ti­ci­per les ré­sul­tats tri­mes­triels des en­tre­prises. Les chan­ge­ments po­si­tifs qu’il re­père sont des re­vi­re­ments dans les mar­chés propres aux en­tre­prises qu’il achète.

Ici aus­si, la for­mule trouve sa preuve dans des ren­de­ments im­pres­sion­nants. Sur un an, au 31 mai : 17,41 % ; sur trois ans : 13,88 % ; sur cinq ans : 19,61 %. Plus éton­nant en­core : le ren­de­ment de­puis la créat ion du fonds, en 1994, est de 11,36 %.

FONDS CHEFS DE FILE MON­DIAUX BLACK CREEK – SÉ­RIE B

Ma­nu­fac­tu­rier : Pla­ce­ments CI Créa­tion : jan­vier 2005 ASG : 2,1 G$ (au 26 juin 2017) RFG : 2,48 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis 10 ans : 8,3 %

Ce fonds de titres mon­diaux, gé­ré par Bill Kan­ko, est éton­nam­ment concen­tré ( seule­ment de 20 à 30 titres) mal­gré un ac­tif sub­stan­tiel. « La grande dis­tinc- tion de ce ges­tion­naire tient à ce qu’il n’achète pas des titres bour­siers, il achète des en­tre­prises », dit Den­nis Fong.

La clé de l’ap­proche, juge Den­nis Fong, tient à « la pro­duc­tion d’idées » , es­sen­tiel­le­ment une fa­çon de se po­si­tion­ner par rap­port aux at­tentes du mi­lieu fi­nan­cier. Ain­si, le mi­lieu en­tre­tient des at­tentes de va­leur et de re­ve­nus, mais à par­tir de consi­dé­ra­tions sur­tout fi­nan­cières. En gar­dant à l’oeil l’en­tre­prise, et non le titre, Bill Kan­ko s’af­faire à re­pé­rer d’autres gé­né­ra­teurs de re­ve­nus.

Et il semble y réus­sir avec éclat, car les ren­de­ments ici aus­si sont au ren­dez-vous. Sur un an, ils s’élèvent à 21,68 % ; sur trois ans, à 13,57 % ; sur cinq ans, à 19,52 %.

La forte concen­tra­tion de titres com­porte évi­dem­ment des risques, re­con­naît Den­nis Fong. Par exemple, l’ac­ci­dent sur­ve­nu à un na­vire de Car­ni­val Cruise, qui oc­cu­pait la deuxième po­si­tion en im­por­tance dans le por­te­feuille, a eu de fortes ré­per­cus­sions sur la per­for­mance. « Par contre, la bonne per­for­mance n’est pas di­luée », fait re­mar­quer Den­nis Fong.

Ma spé­cia­li­té n’est pas de de­vi­ner la di­rec­tion des mar­chés, mais de construire des por­te­feuilles toutes sai­sons. – Den­nis Fong

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