FCP Le règne du pa­pier tire à sa fin.

Moins de pa­pier ? Cer­tains conseillers ver­ront leurs voeux exau­cés.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR JEAN- FRAN­ÇOIS BARBE In­ves­tis­se­ment, F inance et pod­cast).

l’au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers ( AMF) a en­ta­mé une ré­flexion sur la ra­tio­na­li­sa­tion et la mo­der­ni­sa­tion de la di­vul­ga­tion de l’in­for­ma­tion sur les fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP). Faut-il com­men­cer à faire ses adieux au bon vieux pa­pier ?

« Tout est sur la table. On veut à la fois mo­der­ni­ser et éli­mi­ner les re­don­dances. On ré­flé­chit sur les conte­nus mul­ti­mé­dias qui pour­raient être uti­li­sés par les émet­teurs de fonds com­muns », avait dit Hu­go La­croix, di­rec­teur prin­ci­pal des fonds d’in­ves­tis­se­ment à l’AMF, lors d’un col­loque de confor­mi­té du Con­seil des fonds d’in­ves­tis­se­ment du Qué­bec te­nu en avril der­nier.

Rap­por­tés la jour­née même sur le site de

les pro­pos d’Hu­go La­croix avaient pi­qué la cu­rio­si­té. L’AMF ou­vrait- elle un nou­veau chan­tier ?

« L’in­for­ma­tion sur les fonds com­muns doit être utile et sim­pli­fiée afin de mieux ré­pondre aux be­soins des épar­gnants et des in­ves­tis­seurs. Et nous vou­lons ré­duire le far­deau des émet­teurs de fonds », af­firme Gilles Le­clerc, sur­in­ten­dant des mar­chés de va­leurs à l’AMF.

Cette dé­marche, pour­suit le sur­in­ten­dant, « s’ins­crit dans une ini­tia­tive des Au­to­ri­tés ca­na­diennes en va­leurs mo­bi­lières et pour la­quelle l’AMF et la Com­mis­sion des va­leurs mo­bi­lières de l’On­ta­rio sont les lea­ders ».

CHASSE AUX DOUBLONS

D’ici le dé­but de l’an­née 2018, les Au­to­ri­tés ca­na­diennes en va­leurs mo­bi­lières ( ACVM) ten­te­ront d’in­ven­to­rier les do­cu­ments de­ve­nus su­per­flus avec le temps ou dont les conte­nus se ré­pètent dans plus d’un do­cu­ment.

« Les mo­dèles d’af­faires et les pro­duits se com­plexi­fient sans cesse. Il faut pen­ser à adap­ter l’in­for­ma­tion aux be­soins des in­ves­tis­seurs. A-t- on tou­jours be­soin des mêmes in­for­ma­tions qu’il y a 20 ans ? Est-il pos­sible de di­mi­nuer le far­deau des émet­teurs ? C’est cette pers­pec­tive que nous avons à l’es­prit », pré­cise Gilles Le­clerc.

Dans un deuxième temps, soit d’ici la fin de l’an­née 2018, les ACVM sou­hai­te­raient pu­blier des pro­po­si­tions ré­gle­men­taires vi­sant à « mo­der­ni­ser » l’in­for­ma­tion sur les FCP, note le sur­in­ten­dant des mar­chés de va­leurs à l’AMF.

FI­CHIER BALADO AU LIEU DE PA­PIER ?

Le pro­jet de mo­der­ni­sa­tion vise à dis­cer­ner quels sont les do­cu­ments qui pour­raient avan­ta­geu­se­ment se re­trou­ver sur d’autres sup­ports que le pa­pier.

« Par exemple, on peut se de­man­der si les pros­pec­tus de fonds com­muns ont tou­jours leur rai­son d’être en for­mat pa­pier. Pour­raient-ils n’être éven­tuel­le­ment ac­ces­sibles qu’en for­mat élec­tro­nique ? » se de­mande Gilles Le­clerc.

Hu­go La­croix ajoute que le com­men­taire pé­rio­dique des ges­tion­naires de fonds conte­nu dans les rap­ports de la di­rec­tion sur le ren­de­ment des fonds at­tein­drait peut- être plus ef­fi­ca­ce­ment son au­di­toire cible s’il était pu­blié sous forme de fi­chier balado (

« On se de­man­de­ra, dans cette réf lexion, si les do­cu­ments doivent obli­ga­toi­re­ment prendre une forme écrite. Qu’est- ce qui est le plus utile pour l’uti­li­sa­teur ? Pour le sa­voir, nous tien­drons des séances de consul­ta­tion au­près de conseillers et de cour­tiers, et nous cher­che­rons à ob­te­nir de la ré­tro­ac­tion di­rec­te­ment des in­ves­tis­seurs par l’in­ter­mé­diaire de groupes de dis­cus­sion », pré­cise le di­rec­teur prin­ci­pal des fonds d’in­ves­tis­se­ment de l’AMF.

IL ÉTAIT TEMPS !

Pour l’un, ce connais­seur très mé­dia­ti­sé de l’in­dus­trie des FCP qu’est Dan Hal­lett ne cache pas son conten­te­ment.

« Si les hô­pi­taux peuvent se pas­ser de pa­pier, le sec­teur des fonds d’in­ves­tis­se­ment peut le faire aus­si », dit le vice-pré­sident as­so­cié, gest ion d’act ifs de HighView Fi­nan­cial Group, à Oak­ville, en On­ta­rio.

Il reste, ajoute-t-il, à s’as­su­rer que « les in­ves­tis­seurs ne per­dront rien par rap­port aux pro­tec­tions dont ils bé­né­fi­cient dé­jà ».

Il était temps de chan­ger les choses, se­lon Alain Huard, vice-pré­sident et di­rec­teur ré­gio­nal des ventes chez In­ves­co.

« Si l’ob­jec­tif était de mieux in­for­mer, on peut alors consi­dé­rer que c’est ra­té. Avec les an­nées, les clients ont été sub­mer­gés de pa­piers et de do­cu­ments. Ces mon- tagnes d’in­for­ma­tions qui se re­coupent à bien des égards ont en­gen­dré de la confu­sion. Il faut da­van­tage de clar­té. Cette ini­tia­tive de sim­pli­fi­ca­tion documentaire des ACVM est vrai­ment la bien­ve­nue », dit-il.

Alain Huard cite en exemple les pros­pec­tus sim­pli­fiés de fonds. « Ces pros­pec­tus n’ont de sim­pli­fié que le nom. Ils com­portent plus de 50 pages, que per­sonne ne lit », dit-il.

Les états fi­nan­ciers de fonds, an­nuels et se­mes­triels, sont éga­le­ment à re­voir. « Ils sont écrits dans une op­tique comp­table très lourde, qui re­bute jus­qu’aux conseillers », note-t-il.

Se­lon le v ice- pré­sident d’In­ves­co, il fau­drait exa­mi­ner « de fa­çon glo­bale » toutes les in­for­ma­tions four­nies aux épar­gnants et aux in­ves­tis­seurs in­di­vi­duels de fa­çon à fa­ci­li­ter la com­pré­hen­sion des pro­duits.

« Il fau­drait in­for­mer le com­mun des mor­tels dans un ni­veau de langue ap­pro­prié, sans le noyer dans une masse documentaire re­don­dante. Avec leurs quatre pages de textes et ta­bleaux fa­ciles à com­prendre, les aper­çus de fonds consti­tuent un bon exemple de com­mu­ni­ca­tion réus­sie. On peut s’en ins­pi­rer », dit Alain Huard.

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