TROIS FONDS À l’école du conser­va­tisme.

Ces fonds per­mettent d’être conser­va­teur, tout en mi­sant sur une crois­sance à long terme.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO

pierre- oli­vier clou­tier, di­rec­teur de suc­cur­sale et re­pré­sen­tant en épargne col­lec­tive au Groupe In­ves­tors à La­val, épouse ent iè­re­ment la phi lo­so­phie conser­va­trice de sa mai­son. « Le pla­ce­ment est conçu comme un ou­til de pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière par­mi d’autres. Notre pre­mier ob­jec­tif n’est pas le ren­de­ment, mais l’at­teinte des ob­jec­tifs de pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière du client », dit-il.

Re­te­nir la sé­lec­tion de fonds d’un con­seil ler du Groupe In­ves­tors pour cette chro­nique peut sem­bler contes­table pour ceux qui se rap­pellent que cette firme ne met­tait en avant que ses propres fonds d’in­ves­tis­se­ment. C’est chose du pas­sé, nous as­sure Pierre- Oli­vier Clou­tier. « In­ves­tors donne main­te­nant ac­cès à des pro­duits de four­nis­seurs tiers. »

L’ap­proche conser­va­trice du conseiller af­fiche quelques prin­cipes simples : « On cherche d’abord la crois­sance à long terme et la pré­ser­va­tion du ca­pi­tal, sou­ligne- t- il. De plus, on cherche tou­jours à ré­duire la vo­la­ti­li­té par la di­ver­si­fi­ca­tion des ca­té­go­ries d’ac­tifs et la ré­par­ti­tion géo­gra­phique. »

Le re­gard sur l’in­ves­tis­se­ment que porte le conseiller prend dans le mo­ment une pers­pec­tive géo­gra­phique. Les zones pri­vi­lé­giées sont l’Eu­rope, le Ca­na­da et les États-Unis.

En Eu­rope, « la ca­pa­ci­té de crois­sance a re­bon­di dans les der­niers mois, et peut du­rer en­core. Il est peut- être per­ti­nent de sur­pon­dé­rer ce mar­ché. » Pierre- Oli­vier Clou­tier ap­puie son ana­lyse sur trois évé­ne­ments ma­jeurs : les élec­tions en France, un fac­teur très po­si­tif ; les élec­tions en Al­le­magne, où semblent pré­va­loir les forces de sta­bi­li­té ; le Brexit, où, mal­gré une in­cer­ti­tude qui ex i ste en­core, les choses semblent vou­loir se tas­ser.

Le Ca­na­da re­tient aus­si sa fa­veur. « Même sans une hausse mar­quée du pro­fit des en­tre­prises, on pense qu’il y a en­core un po­ten­tiel de crois­sance » , com­mente- t- i l . Quant aux États-Unis, « les mar­chés ont bien ré­agi mal­gré l’in­cer­ti­tude qui pèse sur l’élec­tion de Do­nald Trump, le mar­ché de l’emploi est bon, et on en­vi­sage une crois­sance pour trois ou quatre an­nées en­core ».

L’Asie et la Chine, tou­te­fois, n’ont pas sa fa­veur, pour des rai­sons fon­da­men­tales et struc­tu­relles plu­tôt que cir­cons­tan­cielles. « J’évite l’Asie à cause du manque de trans­pa­rence et des mar­chés plus obs­curs. »

FONDS D’AC­TIONS CA­NA­DIENNES FRANK­LIN BISSETT – SÉ­RIE A Ma­nu­fac­tu­rier : Pla­ce­ments Frank­lin Tem­ple­ton Créa­tion : no­vembre 2000 Ac­tif sous ges­tion (ASG) : 3,2 G$ Ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) : 2,46 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 6,14 %

Voi­ci un fonds en­tiè­re­ment voué aux ac­tions ca­na­diennes de moyenne et grande ca­pi­ta­li­sa­tion dont la te­nue à long terme est bonne. Sur une pé­riode plus courte de 5 ans, il s’en tire ho­no­ra­ble­ment avec une moyenne an­nua­li­sée de 9,05 %.

Un dé­tail que prise Pier­reO­li­vier Clou­tier, pour toutes les pé­riodes choi­sies (1,3, 5, 10 ans), « ce fonds se dé­marque fa­vo­ra­ble­ment par rap­port à son in­dice de ré­fé­rence ( S& P/TSX) », dit-il.

« On cherche ici la fia­bi­li­té et la sta­bi­li­té à long terme, fait-il res­sor­tir, avec un risque moyen qu’on éta­blit à 7 sur 9 se­lon notre échelle in­terne. Ce qu’il ap­porte plus par­ti­cu­liè­re­ment aux por­te­feuilles est la crois­sance », avec un style CAPR ( crois­sance à un prix rai­son­nable).

Le mar­ché ca­na­dien souffre d’une di­ver­si­fi­ca­tion res­treinte, re­con­naît le conseiller ; par contre, ce fonds réus­sit à se dis­tin­guer quand même grâce à sa re­cherche de titres dé­lais­sés par les autres ges­tion­naires. Certes, les banques sont so­li­de­ment pré­sentes et in­con­tour­nables dans le mar­ché ca­na­dien, mais on trouve aus­si des noms peu com­muns comme Brook­field As­set Ma­na­ge­ment, la prin­ci­pale po­si­tion du por­te­feuille, ou Res­tau­rant Brands In­ter­na­tio­nal. CA­TÉ­GO­RIE PE­TITE CA­PI­TA­LI­SA­TION IN­TER­NA­TIO­NALE IN­VES­TORS – SÉ­RIE A

Ma­nu­fac­tu­rier : Groupe In­ves­tors Créa­tion : oc­tobre 2002 ASG : 520 M$ (15 mai 2017) RFG : 2,83 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis 10 ans : 5,56 %

Pour Pierre- Oli­vier Clou­tier, qui ne fait pas confiance à l’Asie, ce fonds consti­tue son ins­tru­ment de choix pour faire son che­min dans ces « mar­chés obs­curs », puisque la pon­dé­ra­tion asia­tique y compte pour 47,5 % de l’ac­tif. Ce­pen­dant, l’at­trait de l’Eu­rope, zone de pré­di­lec­tion du conseiller, y pèse plus lourd, à 52,5 %.

À cause des ca­pi­ta­li­sa­tions pe­tites à moyennes que pri­vi­lé­gie le fonds, et de sa vo­la­ti­li­té par consé­quent plus éle­vée, le conseiller le choi­sit as­su­ré­ment pour la crois­sance. La feuille de route té­moigne de ce biai s « crois­sance » : sur 5 ans, le ren­de­ment est de 17,1 %, mais de 14,7 pour l’in­dice de ré­fé­rence ( Dow Jones Dev Mar­kets e x- Nor t h Ame­ri­ca) ; et sur 3 ans, de 12,5 % contre 8,75. Seule­ment pour la pé­riode d’un an le ren­de­ment de 16,1 % est-il in­fé­rieur à ce­lui de l’in­dice, qui est de 21,3 %.

Un dé­tail que prise par­ti­cu­liè­re­ment Pierre- Oli­vier Clou­tier, ce fonds « est très peu cor­ré­lé avec les fonds aux­quels on a re­cours ha­bi­tuel­le­ment dans nos por­te­feuilles ». En ef­fet, la bro­chette de titres qu’af­fiche le fonds re­gorge de noms peu connus, comme Da­la­ta Ho­tel Group, So­pra Ste­ria Group, SCSK Corp. Seul nom bien connu dans les 10 prin­ci­paux pla­ce­ments : Ubi­soft En­ter­tain­ment.

FONDS D’AC­TIONS CA­NA­DIENNES MAWER– SÉ­RIE A Ma­nu­fac­tu­rier : Mawer Créa­tion : juin 1991 ASG : 2,8 G$ ( 21 juillet 2017) RFG : 1,19 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 9,5 %

Voi­ci un fonds émé­rite dont la per­for­mance de­puis sa loin­taine créat ion, en 1991, té­moigne de l’ex­cel­lence. Comme le note à juste titre Pierre- Oli­vier Clou­tier, « il se dé­marque beau­coup de sa ca­té­go­rie, et son ren­de­ment, par rap­port à son ni­veau de risque, est très éle­vé. »

C’est un fonds que le conseiller aime au point de le dé­te­nir dans son por­te­feuille per­son­nel. Autre fac­teur dis­tinc­tif, le ra­tio des frais de ges­tion qui, à 1,19 %, est bas.

« C’est un fonds où le style "va­leur" est plus fort que dans ce­lui de Frank­lin Bissett et sur le­quel on peut bâ­tir nos ob­jec­tifs à long terme, juge le conseiller. Le taux de ro­ta­tion est faible, les ges­tion­naires gardent leurs po­si­tions et ne cherchent pas la sa­veur du mois. »

Bien que la per­for­mance de ce fonds soit plus forte que celle du Frank­lin Bissett, Pier­reO­li­vier Clou­tier os­cille entre ces deux fonds se­lon l’ac­cent que ses clients veulent don­ner au sec­teur de l’éner­gie. Car le pre­mier est plus pro­fon­dé­ment in­ves­ti dans ce sec­teur, alors que ce­lui de Mawer pri­vi­lé­gie plu­tôt les té­lé­com­mu­ni­ca­tions.

Même sans une hausse mar­quée du pro­fit des en­tre­prises, il y a en­core un po­ten­tiel de crois­sance au Ca­na­da. – Pierre- Oli­vier Clou­tier

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.