FIN­TECH In­ves­tis­se­ment de 2 M$ chez Ti­ckS­mith.

Des bases de don­nées à l’ap­pren­tis­sage ma­chine.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR RI­CHARD CLOU­TIER

ti­cks­mith, une firme de tech­no­lo­gie fi­nan­cière ( fin­tech) de Mont­réal, a conclu un par­te­na­riat in­cluant un in­ves­tis­se­ment de 2 M$ avec la so­cié­té lon­do­nienne de ca­pi­tal­risque Il­lu­mi­nate Fi­nan­cial Ma­na­ge­ment LLP.

Fon­dée en 2012 par quatre par­te­naires, Ti­ckS­mith a dé­ve­lop­pé la pla­te­forme de mé­ga­don­nées Ti­ckVault, « un pro­duit qui nor­ma­lise le da­ta, le trans­forme, le rend uti­li­sable, et règle ain­si un pro­blème uni­ver­sel tou­chant toutes les grandes ins­ti­tu­tions fi­nan­cières et les Bourses, c’est-àdire tra­vailler ef­fi­ca­ce­ment avec des mon­tagnes de don­nées fi­nan­cières », in­dique Fran­cis Wen­zel, chef de la di­rec­tion et co­fon­da­teur de Ti­ckS­mith, en en­tre­vue avec Fi­nance et In­ves­tis­se­ment.

Il s’agit d’un pro­duit as­sez unique et ni­ché, in­no­va­teur, qui s’adresse prin­ci­pa­le­ment aux di­vi­sions de cour­tage et aux ser­vices de risque, aux or­ga­nismes de ré­gle­men­tat ion et aux Bourses, ré­sume-t-il. Il peut être uti­li­sé par exemple pour op­ti­mi­ser des mo­dèles d’in­ves­tis­se­ment ou des sys­tèmes tran­sac­tion­nels au­to­ma­tiques ser­vant à des tran­sac­tions à haute fré­quence, ou aux fins de dis­tri­bu­tion de don­nées struc­tu­rées et non struc­tu­rées à des clients.

« C’est un pro­duit qui fait des choses qu’on ne re­trouve pas ailleurs sur le mar­ché, car au­cune tech­no­lo­gie tra­di­tion­nelle n’ar­rive à fonc­tion­ner avec une telle quan­ti­té d’in­for­ma­tion prise en charge. Notre concur­rence prin­ci­pale, ce n’est pas une autre firme ayant dé­ve­lop­pé une pla­te­forme comme la nôtre, ce sont les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières qui es­saient de cons­truire quelque chose à l’in­terne » , constate Fran­cis Wen­zel.

RAYON­NER AU- DE­LÀ DE L’AMÉ­RIQUE

Plu­sieurs clients d’im­por­tance, dont NAS­DAQ Ca­na­da, la Banque Na­tio­nale et CME Group, qui re

groupe les Bourses Chi­ca­go Mer­can­tile Ex­change, Chi­ca­go Board of Trade et Chi­ca­go Board

Op­tions Ex­change, ont dé­jà adop­té la pla­te­forme Ti­ckVault.

Ti­ckS­mith, qui est pré­sent à New York et à To­ron­to, re­cher­chait un par­te­naire ca­pable de sou­te­nir l’ou­ver­ture d’un plus gros bu­reau de vente à New York et d’un bu­reau à Londres et de per­mettre la mul­ti­pli­ca­tion des ac­ti­vi­tés de pro­mo­tion et de mar­ke­ting.

La firme n’avait « pas be­soin d’ar­gent pour sur­vivre » , c’est pour­quoi le par­te­na­riat ne se li­mite pas à un vo­let fi­nan­cier, pré­cise Fran­cis Wen­zel. Il évoque plu­tôt du smart mo­ney, c’est- àdire un in­ves­tis­se­ment qui s’ac­com­pagne « de toute une ex­per­tise ».

Il es­time que ce par­te­na­riat de­vrait per­mettre à Ti­ckS­mith de ci­bler et re­joindre beau­coup plus ai­sé­ment les par­ti­ci­pants des mar­chés fi­nan­ciers sus­cep­tibles d’adop­ter sa so­lu­tion tech­no­lo­gique. Sur­tout, il n’im­plique au­cune dé­lo­ca­li­sa­tion du dé­ve­lop­pe­ment de la pla­te­forme, as­sure Fran­cis Wen­zel.

« La pla­te­forme règle un pro­blème fon­da­men­tal, qui consiste à mettre en un seul en­droit des quan­ti­tés fa­ra­mi­neuses d’in­for­ma­tions bour­sières et fi­nan­cières afin de pou­voir en ti­rer de la va­leur. Nous avons bien l’in­ten­tion d’y ajou­ter d’autres fonc­tion­na­li­tés et de le faire de­puis Mont­réal, dit- il. Il y a beau­coup de res­sources à Mont­réal, beau­coup d’ ex­per­tise, mais sur­tout, lors­qu’il est ques­tion de pro­gram­ma­tion et de de­si­gn de na­ture in­no­va­trice, de créa­ti­vi­té, on en re­trouve beau­coup à Mont­réal, ce que l’on ne voit pas dans d’autres par­ties du monde. »

Ti­ckS­mith com­mence éga­le­ment à s’in­té­res­ser à l’ap­pren­tis­sage ma­chine ( ma

chine lear­ning) et à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle( IA). « Nous ne sommes pas des ex­perts en

ma­chine lear­ning, mais les firmes qui veulent en faire de ma­nière sé­rieuse se heurtent ra­pi­de­ment au fait qu’il leur faut ac­cé­der à beau­coup de da­ta uti­li­sable en un seul en­droit, et ce pro­blème, nous l’avons ré­so­lu pour le monde du cour­tage » , rap­pelle Fran­cis Wen­zel.

DÉ­GA­GER DES SY­NER­GIES, À MONT­RÉAL

Dans son « Plan éco­no­mique du Qué­bec 2017- 2018 » , le mi­nistre des Fi­nances, Car­los Leitão, s’est en­ga­gé à ver­ser 1,5 M$ sur deux ans à Fi­nance

Mont­réal pour la créa­tion d’un pôle d’ex­cel­lence des­ti­né aux nou­velles tech­no­lo­gies fi­nan­cières. Il fai­sait ain­si écho à la prin­ci­pale re­com­man­dat ion d’une étude d’EY pu­bliée en fé­vrier 2017.

« Le constat ti­ré de la trame de fond de toutes les en­tre­vues ef­fec­tuées, c’est qu’à dé­faut de s’or­ga­ni­ser et en lais­sant le sec­teur croître de ma­nière "or­ga­nique" , il y au­rait tout de même un dé­ve­lop­pe­ment des

fin­techs à Mont­réal, mais il ne se fe­rait cer­tai­ne­ment pas aus­si ra­pi­de­ment » , com­men­ta it

Sé­bas­tien Re­né, as­so­cié et lea­der des Ser­vices consul­ta­tifs en tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion d’EY pour le Qué­bec, lors d’un ent re­tien avec F inance et In­ves­tis­se­ment.

« Est- ce que c’est bien qu’on es­saie de dé­nom­brer et de re­grou­per le trou­peau pour voir s’il n’y a pas des sy­ner­gies à dé­ga­ger ? Ab­so­lu­ment ! » es­time Fran­cis Wen­zel, qui juge per­ti­nente l’ini­tia­tive vi­sant à créer un pôle de tech­no­lo­gie fi­nan­cière à Mont­réal.

La créa­tion d’un pôle d’ex­cel­lence fin­tech prend tout son sens, parce qu’il y a jus­te­ment une di­ver­si­té d’ex­pé­riences mise en cause, se­lon Fran­cis Wen­zel.

« Si vous ve­nez chez Ti­ckS­mith, vous consta­te­rez que les fon­da­teurs sont un peu plus âgés, plu­sieurs ont la qua­ran­taine. Par contre, nous fai­sons af­faire avec des fin­techs dont les opé­ra­teurs n’ont pas en­core 20 ans. Dans ce mi­lieu, il y a tou­jours des mo­ments dif­fi­ciles et ce qui est plai­sant, c’est que les gens dans les

start- up en gé­né­ral n’ont pas peur de s’en­trai­der. Cette va­rié­té d’ex­pé­riences, c’est une chose qui peut être par­ta­gée d’une firme à l’autre, et struc­tu­rer les choses pour le faire ne peut cer­ta in­ement pas êt re une mau­vaise ini­tia­tive. »

Notre concur­rence prin­ci­pale, ce sont les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières qui es­saient de cons­truire quelque chose à l’in­terne. — Fran­cis Wen­zel

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