EN­QUÊTES

Finance et Investissement - - NOUVELLES - Par Jean- Fran­çois Barbe

Vo­la­ti­li­té et grands ges­tion­naires d’ac­tif

La conso­li­da­tion dans l’uni­vers de la ges­tion d’ac­tif aug­men­te­rait la vo­la­ti­li­té des mar­chés. Se­lon une re­cherche pi­lo­tée par un éco­no­miste du Na­tio­nal Bu­reau of Eco­no­mic Re­search (NBER) des États- Unis, les 10 plus grands ges­tion­naires d’ac­tif contrô­laient 23,4 % du mar­ché bour­sier amé­ri­cain en 2016. Quelques dé­cen­nies plus tôt, en 1980, la pro­por­tion était de 5 %. Étant don­né que les tran­sac­tions bour­sières des mé­ga ges­tion­naires re­pré­sentent des sommes plus éle­vé es qu’au­pa­ra­vant, la vo­la­ti­li­té s’ac­croît. La re­cherche donne l’exemple du To­tal Re­turn Fund de PIMCO. À la suite de la dé­mis­sion, en sep­tembre 2014, de son di­ri­geant Bill Gross, ce fonds avait su­bi une vague de re­traits at­tei­gnant 51 G$ US en deux mois, ce qui a dû être com­pen­sé par des li­qui­da­tions for­cées d’ac­tif. Outre ces évé­ne­ments per­tur­ba­teurs, les ré­équi­li­brages de fonds ain­si que des tran­sac­tions de même na­ture faites en même temps dans plu­sieurs fonds de mé­ga ges­tion­naires font éga­le­ment os­cil­ler l’ai­guille de la vo­la­ti­li­té. Se­lon les cher­cheurs, une hausse de 1 % de la pro­prié­té du mar­ché bour­sier amé­ri­cain ac­croît la vo­la­ti­li­té de 12 à 15 points de base, par rap­port à une moyenne quo­ti­dienne de 3,5 % (http://ti­ny.cc/tc­q2­my).

Les FNB, amor­tis­seurs des mar­chés

Les ré­gu­la­teurs s’in­ter­rogent de plus en plus sur l’im­pact des fonds né­go­ciés en Bourse (FNB) quant à la li­qui­di­té et la sta­bi­li­té des mar­chés. En fé­vrier der­nier, l’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers de France a pu­blié une in­té­res­sante étude sur la ques­tion. Le ré­gu­la­teur fran­çais si­gnale que le poids des FNB ne pèse pas très lourd sur l’Eu­ro­next Pa­ris, soit 103 G€ à la fin de 2016. Ain­si, s’il y avait ra­chat mas­sif de parts, le mar­ché bour­sier pa­ri­sien n’en se­rait pas bou­le­ver­sé. L’Au­to­ri­té ob­serve un phé­no­mène ré­vé­la­teur : les mou­ve­ments de sous­crip­tion et de ra­chat de parts de FNB lui semblent « contra- cy­cliques, jouant ain­si da­van­tage un rôle d’amor­tis­seur que d’am­pli­fi­ca­teur des grands mou­ve­ments de cours ». Ce­la dit, l’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers de France af­firme vou­loir main­te­nir sa vi­gi­lance, car les dés­équi­libres ne sont pas à ex­clure. Ain­si, il pour­rait y avoir des sor­ties ra­pides de ca­pi­taux si, à un mo­ment don­né, il y avait ex­cès d’in­ves­tis­se­ments de FNB sur des mar­chés trop étroits pour les ab­sor­ber, comme ce pour­rait être le cas, éven­tuel­le­ment, du sec­teur fran­çais des pe­tites ca­pi­ta­li­sa­tions (http://ti­ny.cc/8mr2­my).

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