Maxi­mi­ser le ren­de­ment sans prendre trop de risques.

Ce conseiller cherche des ges­tion­naires qui ont des mé­thodes éprou­vées.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO

se­lon le re­pré­sen­tant en épargne col lect ive Ro­ber t La­chance, tous les clients cherchent « des CPG ca­pables de don­ner un gain en ca­pi­tal de 10 % ; ils veulent ob­te­nir le ren­de­ment le plus éle­vé pos­sible, mais sans l’ef­fet de mon­tagnes russes ».

De telles ob­ser­va­tions ont don­né à ce vice-pré­sident, ventes, in­ves­tis­se­ments et re­traite, chez Groupe C lou­tier In­vest is­se­ments, la base de sa phi­lo­so­phie d’in­vest is­se­ment, très simple, dit-il : dé­ni­cher et of­frir le meilleur ra­tio risque/ren­de­ment.

Pour y par­ve­nir, il cherche des équipes de ges­tion­naires qui ont des mé­thodes éprou­vées et qui sé­lec­tionnent ri­gou­reu­se­ment les titres, et il éva­lue leur per­for­mance sur un ho­ri­zon d’au moins cinq ans.

Cette grille d’ana­lyse fait que la per­for­mance n’est pas le cri­tère unique. « Si un ges­tion­naire se re­trouve dans un en­vi­ron­ne­ment qui ne lui est pas pro­pice, je ne le lâche pas né­ces­sai­re­ment, pré­cise Ro­bert La­chance. Je vais lui don­ner le temps de tra­ver­ser sa contre-per­for­mance. »

Pour l’heure, « je de­meure très po­si­tif à l’égard des mar­chés », dit-il. Ce­pen­dant, à ce mo­ment-ci, son re­gard le porte vrai­ment à l’in­ter­na­tio­nal. « Même si le mar­ché ca­na­dien a bien per­for­mé en 2016, avant d’y re­ve­nir en force, comme à la sor­tie de la crise de 2009, j’at­tends que les res­sources bé­né­fi­cient d’un vent de dos. »

Il main­tient sa pré­sence dans le mar­ché amé­ri­cain, mais avec une cer­taine pru­dence, là aus­si. « J’y dé­cèle un dan­ger à plus long terme : les com­pres­sions dans les bud­gets de re­cher­chedé­ve­lop­pe­ment et d’in­no­va­tion. Il y a une rec­ti­tude po­li­tique des gou­ver­ne­ments plus à droite se­lon la­quelle le gou­ver­ne­ment n’a pas à se mê­ler de re­cherche. »

La pré­fé­rence de Ro­ber t La­chance le porte donc vers les obli­ga­tions in­ter­na­tio­nales et, cô­té ac­tions, vers l’Eu­rope et les pays émer­gents. « L’Eu­rope se re­dresse, ajoute-t-il. C’est le cas de l’Ita­lie, de l’Es­pagne et même de la Grèce où la crois­sance n’est pas mi­ro­bo­lante, mais se tient au-des­sus de zé­ro. »

Quant aux pays émer­gents, ils bé­né­fi­cient d’une vague de fond qui peut les sou­le­ver pen­dant long­temps : une dé­mo­gra­phie où les jeunes abondent, à la re­cherche d’une vie meilleure grâce aux tech­no­lo­gies.

La sé­lec­tion de fonds re­te­nue par Ro­bert La­chance re­flète en par­tie sa pré­fé­rence pour l’in­ter- na­tio­nal, mais on y trouve en même temps un biais dé­fen­sif.

FONDS D’AC­TIONS GLO­BALES À PE­TITE CAPITALISATION BRANDES

Ma­nu­fac­tu­rier : Brandes Créa­tion : juillet 2002 Ac­tif sous ges­tion (ASG) (12 sep­tembre 2017) : 132 M$ Ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) sé­rie A : 2,7 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis 10 ans : 7,28 %

Ro­bert La­chance re­con­naît que ce fonds af­fiche un double risque as­sez éle­vé : ce­lui de la ca­té­go­rie d’ac­tions elle- même et ce­lui des aléas po­li­tiques et des de­vises.

« Choi­sir un in­ves­tis­seur "va­leur" face à ces deux fac­teurs, pour­suit-il, me donne une po­lice d’as­su­rance. Si l’ob­jec­tif du ges­tion­naire est de trou­ver des ac­tions à 50 cents dans la piastre, ça confère une pro­tec­tion à la baisse. »

La pe­tite taille du fonds et le fait qu’il fraye dans l’uni­vers des pe­tites ca­pi­ta­li­sa­tions lui plaisent tout par­ti­cu­liè­re­ment. « Le jour où vos en­tre­prises sont sous le ra­dar de 21 ana­lystes, com­mente-t-il, vous ris­quez de perdre les sur­prises que vous cherchez pour faire mon­ter le prix. »

Le ren­de­ment an­nua­li­sé des dix der­nières an­nées ( 7,28 %) est ro­buste, tout comme ce­lui des cinq der­nières (17,23 %). Le fonds n’est pas à l’abri des chutes im­por­tantes, comme ce fut le cas en 2008 alors qu’il a re­cu­lé de 37,57 % tan­dis que l’in­dice de ré­fé­rence ( MSCI World Small Cap In­dex) a flé­chi de 26,95 % seule­ment. Ce­pen­dant, « sa crois­sance est constante et sou­te­nue, note le conseiller. J’aime mieux un fonds qui va lais­ser un peu d’ar­gent sur la table, mais qui me donne un ren­de­ment ré­gu­lier. »

FONDS CA­NA­DIEN DE CROIS­SANCE MACKENZIE

Ma­nu­fac­tu­rier : Mackenzie Créa­tion : 1976 ASG (12 sep­tembre 2017) : 1,1 G$ RFG ( sé­rie A) : 2,46 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 9,9 %

Voi­ci un fonds qui a vu pleu­voir et dont la per­for­mance à long terme est exem­plaire. « De tels fonds m’ins­pirent un fort biais en fa­veur de la ges­tion ac­tive, note Ro­bert La­chance. Vous pré­fé­rez ce fonds ou un fonds né­go­cié en Bourse ? »

Il y a 22 ans, Di­na DeGeer, la ges­tion­naire de por­te­feuille de ce fonds, a pris la re­lève et a su en pré­ser­ver le lustre, sa per­for­mance sur 15 ans étant de 8,42 %, sur 10 ans, de 6,74 %, et sur 5 ans, de 15,02 %.

Parce que ce fonds che­vauche à peu près éga­le­ment le Ca­na­da et les États-Unis, et parce qu’il in­ves­tit au­tant dans les grandes ca­pi­ta­li­sa­tions que dans les pe­tites, il peut oc­cu­per une large place dans un por­te­feuille, juge Ro­bert La­chance : « Pour­quoi irais- je cher­cher un autre ges­tion­naire pour le mar­ché amé­ri­cain quand j’ai le meilleur du Ca­na­da et des États-Unis avec Di­na DeGeer ? »

FONDS FIDUCIAIRE DE RE­TRAITE ÉQUI­LI­BRÉ PHILLIPS, HAGER & NORTH Ma­nu­fac­tu­rier : RBC Ges­tion mon­diale d’ac­tifs Créa­tion : juillet 2001 ASG ( 30 juin 2017) : 1,26 G$ RFG : 0,60 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 5,58 %

Trois choses rendent ce fonds de fonds at­trayant aux yeux de Ro­bert La­chance. Pre­miè­re­ment, c’est un fonds à la fois d’at­taque et de dé­fense. « Ce fonds est un bon dé­fen­seur, mais il est éga­le­ment ca­pable de comp­ter. C’est un bon pro­duit conser­va­teur pour le pe­tit in­ves­tis­seur qui ne dis­pose pas du ca­pi­tal né­ces­saire pour se di­ver­si­fier grâce à un large éven­tail de fonds. »

Deuxiè­me­ment, ce fonds dis­pose d’un man­dat mon­dial qui lui per­met d’in­ves­tir jusque dans les pays émer­gents, mais cette part est « en­fouie » dans un por­te­feuille plus large. Ce­la per­met à Ro­bert La­chance d’ame­ner ses clients sur le ter­rain des pays émer­gents sans un ni­veau d’ex­po­si­tion qui pour­rait les in­quié­ter.

Troi­siè­me­ment, il s’agit d’un fonds d’une grande ins­ti­tu­tion dont le nom ras­sure. Les conseillers in­dé­pen­dants « ont ten­dance à ne pas consi­dé­rer cette pos­si­bi­li­té parce qu’elle est of­ferte par des concur­rents, dit-il. Bien sûr, RBC a l’oeil sur mes clients, mais pour­quoi me pri­ver d’une belle qua­li­té de ges­tion et d’un nom so­lide ? »

Si l’ob­jec­tif du ges­tion­naire est de trou­ver des ac­tions à 50 cents dans la piastre, ça confère une pro­tec­tion à la baisse.

— Ro­bert La­chance

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