IGM : une per­for­mance « re­mar­quable »

La So­cié­té fi­nan­cière IGM a le vent dans les voiles.

Finance et Investissement - - PRODUITS ET ASSURANCE - PAR JEAN- FRAN­ÇOIS BARBE

en dé­pit de per­for­mances mo­destes au pal­ma­rès des fonds quat re et cinq étoi les de Mor­ning­star, la pro­gres­sion conti­nue des ventes de fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP) de la So­cié­té fi­nan­cière IGM fait l’en­vie de bon nombre.

Les ventes nettes en FCP d’IGM se sont si­tuées en ter­ri­toire po­si­tif un dou­zième mois consé­cu­tif en sep­tembre der­nier, at­tei­gnant 133 M$, soit 68,7 M$ pour le Groupe Investors, 68,2 M$ pour Pla­ce­ments Mackenzie et - 4,3 M$ pour In­vest­ment Plan­ning Coun­sel ( IPC).

« Cet te prog res­sion est re­mar­quable. IGM est sur une lan­cée et fait flèche de tout bois », com­mente l’ana­lyste Scott Chan de Ca­nac­cord Ge­nui­ty.

Rap­pe­lons que le Groupe Investors, Pla­ce­ments Mackenzie et IPC sont les fi­liales d’IGM. En sep­tembre, leur ac­tif sous ges­tion était res­pec­ti­ve­ment de 85,8 G$ ( Investors), 54,3 G$ ( Mackenzie) et 4,7 G$ ( IPC). ( Lire aus­si l’ar­ticle « Re­grou­pe­ment dans la ges­tion de pla­ce­ments chez Investors et Mackenzie », en page 6.)

Scott Chan sou­ligne que la sé­rie de douze mois consé­cu­tifs en ventes nettes coïn­cide avec l’an­nonce de l’abo­li­tion des frais d’ac­qui­si­tion re­por­tés ( de­fer­red sales

charge), faite en sep­tembre 2016. « Je n’y vois rien d’ac­ci­den­tel. Cette op­tion de ta­rif icat ion pré­oc­cu­pait les au­to­ri­tés de ré­gle­men­ta­tion et IGM a pris les de­vants. Les consom­ma­teurs n’aiment pas vivre avec ce genre de pé­na­li­té fi­nan­cière au- des­sus de leurs têtes pen­dant six ou sept ans », dit-il.

RE­CORD APRÈS RE­CORD

Lors du deuxième tri­mestre de 2017, les ventes nettes de FCP d’IGM ont at­teint 435 M$. « Ce sont les meilleures ventes de deuxième tri­mestre d’IGM de­puis 1998 », si­gnale Scott Chan. Et les ventes brutes de ce tri­mestre, de 4,7 G$, étaient les deuxièmes en im­por­tance de l’his­toire de la so­cié­té.

Les achats des clien­tèles for­tu­nées y sont pour quelque chose. Les avoirs de ces clien­tèles re­pré- sen­taient 38 % de l’ac­tif sous ges­tion d’IGM au deuxième tri­mestre de 2016. Un an plus tard, au deuxième tri­mestre de 2017, ils en consti­tuaient 43 %.

Le re­dres­se­ment de Pla­ce­ments Mackenzie est éga­le­ment à sou­li­gner. Tou­chée par des vagues im­por­tantes de ra­chats nettes de­puis le dé­but de la dé­cen­nie, cette fi­liale d’IGM se re­place gra­duel­le­ment sur le ter­rain des ventes po­si­tives. En août, ses ventes nettes de FCP ont at­teint 52 M$.

Rap­pe­lons que la part de mar­ché en termes d’ac­tif en FCP au Ca­na­da de Mackenzie a dé­cli­né de 2011 à 2016, pas­sant de 4,8 à 3,5 %, se­lon In­ves­tor Eco­no­mics. Du­rant la même pé­riode, la part de mar­ché du Groupe Investors est pas­sée de 7,2 à 5,7 %.

Se­lon le conseiller Mi­chelO­li­vier Mar­coux, pré­sident du ca­bi­net Ges­tion de pa­tri­moine ASF, Mackenzie com­mence à ré­col­ter les fruits « d’une plus grande sta­bi­li­té des ges­tion­naires et de la créa­tion d’une re­lève dans les équipes de ges­tion­naires ».

Une nou­velle ligne de pro­duits a aus­si contri­bué à la re­prise : les fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB). Mis en mar­ché en avril 2016, les FNB de Mackenzie af­fi­chaient à la fin de sep­tembre 2017 plus de 907 M$ en ac­tif sous ges­tion, soit une part de mar­ché de 0,7 %. De jan­vier à sep­tembre 2017, les ventes nettes de FNB se sont si­tuées à 789 M$, soit 4,3 % de toutes les ventes nettes au Ca­na­da du­rant cette pé­riode.

INVESTORS SE TRANS­FORME

Le Groupe Investors a pur­gé les rangs de ses conseillers afin d’aug­men­ter leur pro­duc­ti­vi­té.

Alors que leur nombre s’éta­blis­sait à en­vi­ron 5 350 au troi­sième tri­mestre de 2016, il se si­tuait à 4 530 à la fin du deuxième tri­mestre de 2017, soit une di­mi­nu­tion de 15 % en neuf mois.

Se­lon Scott Chan, la di­rec­tion d’Investors veut éli­mi­ner les conseillers qui n’ont pas réus­si à dé­ve­lop­per une pra­tique pro­duc­tive après quatre an­nées d’ef­forts. Tou­jours d’après lui, les conseillers de plus de quatre ans d’ex­pé­rience sont au nombre de 2 230 et ils servent une clien­tèle re­pré­sen­tant en­vi­ron 95 % de l’ac­tif sous ges­tion. L’ana­lyste de Ca­nac­cord Ge­nui­ty in­dique que la di­rec­tion d’Investors au­rait si­gni­fié son in­ten­tion de di­mi­nuer le nombre de conseillers re­mer­ciés au cours des pro­chains tri­mestres. Il est à no­ter que la so­cié­té ré­clame de plus en plus le titre de pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier et la cer­tif icat ion CFP ( Cer­tif ied Fi­nan­cial Plan­ner) de la part de ses conseillers.

En ap­pa­rence, le plus gros dé­fi d’IGM se­rait d’amé­lio­rer son clas­se­ment de fonds dans l’uni­ver s des clas­se­ments de Mor­ning­star. Mais en re­gard de l’aug­men­ta­tion sou­te­nue des ventes de la so­cié­té, ce cri­tère est- il aus­si per­ti­nent que le laissent en­tendre les pu­bli­ci­tés des ma­nu­fac­tu­riers ?

« Il est cer­tain qu’il est tou­jours bon d’avoir en por­te­feui lle plu­sieurs fonds clas­sés quatre ou cinq étoiles. Mais ce n’est pas ce qui m’in­cite né­ces­sai­re­ment à re­com­man­der un de ces fonds plu­tôt que d’autres. Le plus im­por­tant, pour moi, c’est la qua­li­té du ges­tion­naire de fonds », dit Mi­chel- Oli­vier Mar­coux.

RÉ­SEAU, PLAN, POR­TE­FEUILLE

En re­vanche, les per­for­mances plu­tôt mé­diocres des fonds d’ IGM aux pa lma rès de Mor­ning­star font sour­ciller.

Se­lon les don­nées de Scott Chan en date du 17 juin der­nier, en­vi­ron 12 % des FCP d’IGM com­por­taient quatre ou cinq étoiles Mor­ning­star. « C’est sous la moyenne des 27 % de l’in­dus­trie », in­dique-t-il.

Étant don­né la pro­gres­sion conti­nue des ventes, est- ce que ce­la si­gni­fie que les clients d’IGM se­ra ient in­sen­sibles aux per­for­mances des fonds ? Dan Hal­lett, ana­lyste de fonds et v ice- pré­sident de HighView Fi­nan­cial Group, croit que le ré­seau de dis­tri­bu­tion pro­prié­taire du Groupe Investors est de na­ture à amor­tir les chocs.

« Les suc­cès com­mer­ciaux d’IGM dé­coulent en grande part ie de sa force de vente cap­tive. Si les ma­nu­fac­tu­riers dét iennent des ré­seaux de dis­tri­bu­tion, c’est parce que les ventes sont plus sys­té­ma­tiques et plus éle­vées en chi f fres ab­so­lus. Et que leurs marges de pro­fit sont plus grandes. Ain­si, il ap­pa ra î t qu’en dé­pit de per­for­mances moins re­le­vées que celles de ses concur­rents, les fonds d’Investors bé­né­fi­cient de ventes très éle­vées. La rai­son se trouve dans sa force de vente cap­tive », dit Dan Hal­lett.

Tou­te­fois, si les clients n’ont pas né­ces­sai­re­ment les yeux ri­vés sur les clas­se­ments de Mor­ning­star, c’est peut- être aus­si en rai­son de la va­leur des ser­vices re­çus.

L’ana­lyste de Ca­nac­cord Ge­nui­ty évoque ain­si les avan­tages du « plan ». « Investors a bâ­ti des ser­vices de pla­ni­fi­ca­tion de grande qua­li­té. La so­cié­té pro­pose une large gamme de pro­duits et ser­vices cou­vrant les di­verses étapes de la vie. Cette offre glo­bale di­mi­nue l’im­por­tance des clas­se­ments de type Mor­ning­star aux yeux des clients », in­dique Scott Chan.

Illus­tra­tion de l’en­goue­ment en­vers les por­te­feuilles, le der­nier rap­port an­nuel d’IGM rap­porte que les trois Por­te­feuilles Maes­tro d’Investors ont at­teint 2,3 G$ d’ac­tif en juillet 2016, un an après leur lan­ce­ment. Ils s’avèrent « être les pro­duits les plus po­pu­laires ja­mais lan­cés au cours des 90 an­nées d’his­toire du Groupe Investors », in­dique la di­rec­tion.

Le consul­tant en ges­tion de pa­tri­moine Jean Mo­ris­sette ajoute que les clas­se­ments à la Mor­ning­star de­viennent éga­le­ment moins per­ti­nents à cause de la po­pu­la­ri­té gran­dis­sante des por­te­feuilles. « Les clients achètent main­te­nant da­van­tage de por­te­feuilles de fonds que de fonds in­di­vi­duels », si­gnale-t-il.

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