Le stress des gens riches

Finance et Investissement - - DÉVELOPPEMENT DES AFFAIRES - - YVES GINGRAS

L’ar­gent se­rait la source nu­mé­ro un de stress aux États-Unis, se­lon l’Ame­ri­can Psy­cho­lo­gi­cal As­so­cia­tion. Or, contrai­re­ment aux idées re­çues, l’an­xié­té éco­no­mique n’est pas l’apa­nage des pauvres. C’est la conclu­sion à la­quelle ar­rive Sa­rah New­comb, ti­tu­laire d’un doc­to­rat en éco­no­mie comportementale et au­teure de Loa­ded : Mo­ney, Psy­cho­lo­gy, and How to Get Ahead Wi­thout Lea­ving Va­lues Be­hind.

« Beau­coup de per­sonnes qui ont at­teint une cer­taine in­dé­pen­dance fi­nan­cière éprouvent de l’an­xié­té quant aux ques­tions d’ar­gent, car elles ne se sentent pas maîtres de la si­tua­tion. Elles ont peur de tout perdre », ré­sume- t- elle.

Ces per­sonnes craignent tou­jours l’apo­ca­lypse et ont un mode de pen­sée se ré­su­mant à « Oui, mais si… », constate l’ex­perte. Elles ne pro­fitent donc pas de leur réus­site. C’est alors que le re­pré­sen­tant peut in­ter­ve­nir et ai­der son client à at­teindre non seule­ment la ri­chesse ou l’in­dé­pen­dance fi­nan­cière, mais aus­si le mieux- être fi­nan­cier.

Sa­rah New­comb sug­gère de faire pas­ser ces in­ves­tis­seurs au mode de pen­sée « Et puis, alors… » Une fa­çon d’y ar­ri­ver consiste à pré­sen­ter au client di­vers scé­na­rios dé­fa­vo­rables et à lui dé­mon­trer qu’il pour­rait s’en sor­tir fa­vo­ra­ble­ment. De plus, on pour­rait lui de­man­der de dres­ser une liste de ses va­leurs fon­da­men­tales afin de faire va­loir ce qui compte vrai­ment pour lui.

« Si le client men­tionne, par exemple, que le temps pas­sé en fa­mille est pri­mor­dial pour lui, on peut alors lui faire re­mar­quer que, sauf dans les cas d’ex­trême pau­vre­té, ce­la n’a rien à voir avec l’évo­lu­tion des mar­chés », ex­plique Sa­rah New­comb.

Cer­tains ne réus­sissent pas à épar­gner mal­gré un re­ve­nu éle­vé. « Les per­sonnes qui touchent 200 000 $ par an­née et qui ne se sentent pas maîtres de la si­tua­tion sont moins heu­reuses que les gens qui en gagnent 30 000 $ mais qui sont en pleine pos­ses­sion de leurs moyens. Et les per­sonnes qui se sentent en pleine maî­trise éco­no­misent plus, af­firme Sa­rah New­comb. Quel­qu’un qui gagne 50 000 $ par an­née et qui a une vi­sion de son ave­nir dans 5 ou 10 ans épargne plus que quel­qu’un qui gagne 100 000 $ et qui n’a pas cette vi­sion. »

Une fa­çon d’y par­ve­nir est de de­man­der au client de dres­ser une liste de ses dé­penses, et d’es­sayer en plus avec lui de dé­ter­mi­ner à quel be­soin ré­pond cha­cun des postes du bud­get. « Par exemple, un re­pas au res­tau­rant avec des col­lègues de bu­reau ne ré­pond pas au be­soin de se nour­rir, mais à ce­lui de so­cia­li­ser. Il y au­rait alors peut- être lieu d’or­ga­ni­ser un dî­ner dans la salle de confé­rences du bu­reau où cha­cun ap­por­te­rait sa spé­cia­li­té, et le be­soin de so­cia­li­ser se­rait com­blé à moindre coût », sug­gère-t-elle.

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