Nou­velle- choc chez Mor­ning­star

Finance et Investissement - - NOUVELLES - Par Jean- Fran­çois Barbe

Le 25 oc­tobre der­nier, le Wall Street Jour­nal pu­bliait un ar­ticle cri­tique sur le sys­tème de clas­si­fi­ca­tion de Mor­ning­star ( https:// ti­nyurl. com/ y7n7fgzh) in­ti­tu­lé « Le mi­rage Mor­ning­star » . La jour­née même, le titre de Mor­ning­star per­dait 4 % de sa va­leur. La ré­ac­tion des mar­chés illustre l’im­por­tance ex­tra­or­di­naire du sys­tème de clas­si­fi­ca­tion de Mor­ning­star au­près des épar­gnants, conseillers et ré­gimes de re­traite. Car si ses uti­li­sa­teurs per­daient foi en sa va­li­di­té, Mor­ning­star éco­pe­rait du­re­ment. L’ar­ticle du Wall Street Jour­nal si­gnale que lors­qu’un fonds ob­tient une clas­si­fi­ca­tion cinq étoiles, il y a une hausse ful­gu­rante des nou­velles en­trées. Tou­te­fois, à en ju­ger par l’ar­ticle, les cinq étoiles n’au­raient pas grand pou­voir pré­dic­tif puis­qu’au bout de cinq ans, seule­ment 12 % des fonds conservent leur clas­si­fi­ca­tion maxi­male, alors que 10 % d’entre eux dé­choient à une seule étoile ! La ré­ponse de Mor­ning­star vaut son temps de lec­ture. On y ex­plique que la clas­si­fi­ca­tion au­rait un pou­voir « mo­dé­ré­ment » pré­dic­tif, car les fonds cinq étoiles ont 40 % plus de chances de conser­ver leurs cinq étoiles au bout de cinq ans que des fonds pris au ha­sard. Et que ces fonds cinq étoiles sont éga­le­ment plus sus­cep­tibles d’être clas­sés au moins quatre étoiles après ces cinq ans que des fonds pris au ha­sard ( https:// ti­nyurl. com/ y7ozukbp).

Londres pèse sur l’ac­cé­lé­ra­teur

Lorsque l’An­gle­terre a in­ter­dit le ver­se­ment des com­mis­sions in­té­grées en 2013, une dy­na­mique de chan­ge­ments a mo­di­fié à ja­mais le vi­sage de l’in­dus­trie des ser­vices fi­nan­ciers des pays an­glo- saxons. Et ce n’est pas ter­mi­né. Cet été, le ré­gu­la­teur bri­tan­nique a évo­qué la pos­si­bi­li­té d’une nou­velle vague de ré­formes que le quo­ti­dien The Dai­ly Te­le­graph qua­li­fie « des plus im­por­tantes de­puis une gé­né­ra­tion » ( https:// ti­nyurl. com/ y8k­jdlwm). La Fi­nan­cial Con­duct Au­tho­ri­ty ( FCA) af­firme tout d’abord que l’in­dus­trie bri­tan­nique des fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP) a be­soin d’une forte in­jec­tion d’es­prit concur­ren­tiel ( https:// ti­nyurl. com/ y7fv2wkk). Se­lon ses cal­culs, les marges de pro­fit des firmes de fonds ac­ti­ve­ment gé­rés se­raient les mêmes qu’il y a 10 ans, ce qui fait que les gains de pro­duc­ti­vi­té et d’éco­no­mies d’échelle ne se ren­draient pas jus­qu’aux consom­ma­teurs. La FCA ajoute qu’il n’y au­rait pas de re­la­tion entre la per­for­mance et les frais. Le ré­gu­la­teur pro­pose de créer de nou­veaux in­dices de ré­fé­rence ( bench­marks) afin de mieux com­pa­rer les per­for­mances des FCP. Il sou­haite éga­le­ment que les ges­tion­naires de FCP soient te­nus d’agir dans le « meilleur in­té­rêt » des sous­crip­teurs. Ces pro­po­si­tions se­ront sou­mises à la dis­cus­sion jus­qu’au 20 fé­vrier. L’ac­tion « ne fait que com­men­cer » , es­time le quo­ti­dien The Guar­dian ( https:// ti­nyurl. com/ ya9oy4on).

La re­cherche de pointe peut rap­por­ter

Les in­ves­tis­seurs au­raient tout à ga­gner à s’in­té­res­ser aux re­cherches de pointe qui dé­tectent des in­ef­fi­ciences de mar­ché. Mais le font- ils ? Se­lon les cher­cheurs Da­vid McLean et Jef­frey Pon­tiff, qui ont ana­ly­sé quelque 100 va­riables, près de la moi­tié des in­ef­fi­ciences re­pé­rées dans ces re­cherches se cor­rigent très ra­pi­de­ment, dès leur pu­bli­ca­tion. Au­tre­ment dit, les in­ves­tis­seurs s’adaptent vite aux nou­velles connais­sances ( https:// ti­nyurl. com/ ydd32l­tu). Une autre étude de ces deux au­teurs met tou­te­fois un bé­mol : les ana­lystes bour­siers sont lents à in­té­grer les ré­sul­tats de la re­cherche de pointe. Se­lon eux, les in­ves­tis­seurs qui suivent les re­com­man­da­tions des ana­lystes contri­bue­raient plu­tôt à ren­for­cer les in­ef­fi­ciences re­pé­rées par la re­cherche ! Mais heu­reu­se­ment pour eux, les ana­lystes in­cor­porent gra­duel­le­ment, bien que len­te­ment, les avan­cées de la re­cherche. Les au­teurs es­timent que les re­com­man­da­tions d’achat des ana­lystes n’ont pas de va­leur pré­dic­tive sur les ré­sul­tats d’en­tre­prises, con­trai­re­ment à leurs re­com­man­da­tions de vendre, qui, elles, pré­fi­gurent cor­rec­te­ment des bé­né­fices en baisse ( https:// ti­nyurl. com/ y6­wryx­lo).

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