FNB

Dif­fi­cile adop­tion.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR RICHARD CLOU­TIER (Avec la col­la­bo­ra­tion de Guillaume Poulin- Goyer)

un peu plus du quart ( 25,5 %) des re­pré­sen­tants en épargne col­lec­tive ont adop­té les fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB) dans leur pra­tique, se­lon les don­nées du son­dage ex­clu­sif du Top 12 des ca­bi­nets mul­ti­dis­ci­pli­naires 2018 de Fi­nance et In­ves­tis­se­ment.

La di­ver­si­fi­ca­tion, la trans­pa­rence et leurs faibles coûts sont quelques-unes des rai­sons évo­quées par les ré­pon­dants qui ont dit avoir adop­té les FNB dans leur pra­tique ou qui pré­voient le faire.

« J’en in­clus dé­jà, pour la sim­pli­ci­té de la ges­tion et les frais moins éle­vés », a af­fir­mé l’un des ré­pon­dants.

L’in­té­rêt des conseillers pour les FNB tient pro­ba­ble­ment en grande par­tie au coût moins éle­vé de leur struc­ture com­pa­ra­ti­ve­ment à celle des fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP), ana­lyse Dan Hal­lett, vice-pré­sident et as­so­cié chez HighView Fi­nan­cial Group. « Il s’agit gé­né­ra­le­ment d’une st ruc­ture moins oné­reuse, même dans le cas de stra­té­gies si­mi­laires et en consi­dé­rant la ré­mu­né­ra­tion des ges­tion­naires et des conseillers, par exemple lorsque l’on com­pare les FCP de sé­rie F aux FNB. »

D’après lui, bien qu’il faille aus­si consi­dé­rer la qua­li­té et l’ef­fi­ca­ci­té de la struc­ture com­plète du por­te­feuille – y com­pris la pla­ni­fi­ca­tion et la concep­tion du por­te­feuille – de même que le sui­vi ef­fec­tué par le conseiller, la ma­nière dont les FNB sont struc­tu­rés rend ces coûts glo­baux plus concur­ren­tiels que lorsque des FCP sont uti­li­sés, la re­la­tion-conseil de­ve­nant alors l’élé­ment dis­tinc­tif.

Cer­tains ré­pon­dants ayant si­gni­fié qu’ils étaient in­té­res­sés à uti­li­ser éven­tuel­le­ment des FNB évoquent tou­te­fois leur manque de connais­sance de ce pro­duit. « Je pense in­clure les FNB, mais il me faut en­core de la for­ma­tion », a si­gna­lé l’un d’eux.

Si cer­tains ré­pon­dants pré­voient s’in­for­mer da­van­tage, d’autres y trouvent une jus­ti­fi­ca­tion à leur dés­in­té­rêt pour les FNB.

« Je ne pense pas in­té­grer les FNB à mon offre, car je suis au bord de la re­traite », a no­tam­ment dit l’un des conseillers.

Trois conseillers sur quatre ne pré­voient pas adop­ter les FNB dans leur pra­tique, se­lon le son­dage.

Par­mi ces ré­pon­dants, la com­plexi­té du pro­duit, le risque qu’il pou­vait en­gen­drer en pé­riode de vo­la­ti­li­té du fait qu’il est très souvent in­di­ciel ain­si que le fait que « les clients ne le de­mandent pas » sont au­tant de rai­sons pour ne pas les in­té­grer à leur pra­tique.

D’autres ré­pon­dants ont sim­ple­ment fait part de leur pré­fé­rence pour la ges­tion ac­tive, une po­sit ion ex­pri­mée par bon nombre et qui re­joint celle de Gi­no Sa­vard, pré­sident de MICA Ser­vices fi­nan­ciers. « Moi, la ges­tion pas­sive, je n’y crois pas. Quand tout monte, ça va bien, mais quand on tra­verse des crises, ce n’est pas fa­ci le. Je suis quel­qu’un qui n’aime pas beau­coup la vo­la­ti­li­té et il faut com­prendre que plus les clients vieillissent, plus leur pré­oc­cu­pa­tion consiste à ne pas perdre d’ac­tif, dit-il. C’est pour­quoi je suis un ar­dent par­ti­san de la ges­tion ac­tive, et tant qu’à uti­li­ser des FNB en ges­tion ac­tive, je pré­fère un fonds com­mun de sé­rie F ».

Gi­no Sa­vard ne voit d’ailleurs pas quelle est la va­leur ajou­tée de ce pro­duit. « Oui, c’est un ou­til à frais moindres, mais pour quel ren­de­ment ult ime­ment ? » de­mande-t-il.

MICA, par l’en­tre­mise de ses re­pré­sen­tants, vend mal­gré tout des FNB de fa­çon in­di­recte, « parce que de plus en plus il y a des en­tre­prises de FCP qui en in­tro­duisent dans leur offre de por­te­feuilles gé­rés », in­dique Gi­no Sa­vard, qui cite l’exemple de Ma­nu­vie.

Au cours des der­niers mois, MICA a d’ailleurs étu­dié la pos­si­bi­li­té de lan­cer une pla­te­forme de va­leurs mo­bi­lières sur la­quelle « il était évident qu’on au­rait né­go­cié des FNB », confirme Gi­no Sa­vard. Il in­dique tou­te­fois qu’au­cun de ses clients ne lui de­mande de FNB, « et je n’ai pas non plus de conseillers qui m’en de­mandent ».

AC­CÈS CROIS­SANT AUX PLA­TE­FORMES TECH­NO­LO­GIQUES

Si MICA a aban­don­né pour l’ins­tant son pro­jet de pla­te­forme tech­no­lo­gique en va­leurs mo­bil ières, on ob­ser ve de­puis quelques mois une aug­men­ta­tion du nombre de pla­te­formes tech­no­lo­giques of­frant l’ac­cès aux FNB.

Se­lon les don­nées du son­dage, 35,4 % des ré­pon­dants ont ac­cès à une pla­te­forme tech­no­lo­gique per­met­tant d’of­frir ce pro­duit.

C’est le cas de Ser­vices en placements PEAK qui a lan­cé sa pla­te­forme en dé­cembre 2016 dans le but de per­mettre aux cour­tiers en épargne col­lec­tive du Groupe fi­nan­cier PEAK d’of­frir des FNB à leurs clients.

Puis, en mars der­nier, Groupe Clou­tier a lan­cé la pla­te­forme In­ves­tiPLUS, dé­ve­lop­pée par In­ves­co Ca­na­da. Cet ou­til, des­ti­né à fa­ci­li­ter la tâche aux re­pré­sen­tants lors de l’ou­ver­ture de nou­veaux comptes, offre aus­si un ac­cès à des por­te­feuilles de FCP com­po­sés de FNB.

Avec des frais de ges­tion abor­dables pour le pe­tit in­ves­tis­seur, soit entre 1,40 et 1,50 %, cette so­lu­tion consti­tue pour le re­pré­sen­tant une fa­çon d’ac­cé­der à une clien­tèle plus jeune, ex­plique Fran­çois Bru­neau, vice-pré­sident, ad­mi­nis­tra­tion et in­ves­tis­se­ment, chez Groupe Clou­tier.

SFL, Par­te­naire de Des­jar­dins sé­cu­ri­té fi­nan­cière, es­père pour sa part lan­cer sa pla­te­forme « le plus tôt pos­sible », se­lon Mi­chael Ro­gers, le vice-pré­sident prin­ci­pal, Ventes et dis­tri­bu­tion, ré­seaux in­dé­pen­dants.

« Tous les four­nis­seurs technos re­gardent ce­la. Des­jar­dins offre dé­jà beau­coup de FNB via une pla­te­forme, alors que nous ne pou­vons en­core en of­frir di­rec­te­ment, si ce n’est des FCP com­po­sés de FNB, alors le plus tôt se­ra le mieux. Mais lorsque nous irons de l’avant, nous vou­lons être cer­tains de pou­voir four­nir la ca­pa­ci­té re­quise et que tout soit bien at­ta­ché d’un point de vue opé­ra­tion­nel », dit-il.

Il reste main­te­nant à voir dans quelle me­sure la hausse gra­duelle de l’ac­ces­si­bi­li­té à ces pla­te­formes va faire croître l’adop­tion de FNB par les re­pré­sen­tants en épargne col­lec­tive.

Tant qu’à uti­li­ser des FNB en ges­tion ac­tive, je pré­fère un fonds com­mun de sé­rie F. — Gi­no Sa­vard

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.