In­dé­pen­dance et so­li­di­té

Les ac­tions sont pri­vi­lé­giées dans les por­te­feuilles de ses clients.

Finance et Investissement - - PRODUITS ET ASSURANCE - PAR YAN BARCELO

le pro­prié­taire de du­bois Ser­vices fi­nan­ciers, à Saint-Jean- sur-Ri­che­lieu, a tout na­tu­rel­le­ment sui­vi les pas de son père, fon­da­teur du ca­bi­net. D’abord as­so­cié en 2008, il a ac­quis la pra­tique pa­ter­nelle en 2015 et a réus­si, dit-il, « à pré­ser­ver l’en­semble des clients de mon père ».

Deux ca­rac­té­ris­tiques dis­tinguent le ca­bi­net. D’abord, il est axé sur la pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière, où la ges­tion des pla­ce­ments n’est qu’un ser­vice par­mi bien d’autres exer­cices de pla­ni­fi­ca­tion : fis­ca­li­té, as­su­rance, as­pect lé­gal, suc­ces­sion, bud­get, re­traite.

L’autre trait dis­tinc­tif tient à la ban­nière Pla­ce­ment Ma­nu­vie As­su­rances. « En étant un ca­bi­net in­dé­pen­dant dans le ré­seau Ma­nu­vie, on a ac­cès à la ma­jo­ri­té des pro­duits sur le mar­ché, tout en étant as­so­ciés à une ban­nière forte. »

Sa for­ma­tion de pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier donne à Pas­cal Du­bois une dis­tance res­pec­tueuse à l’en­droit des fonds dis­tincts, abon­dam­ment pré­sents chez Ma­nu­vie. Il n’y re­court que dans des si­tua­tions lé­gales par­ti­cu­lières, et non pour des rai­sons d’in­ves­tis­se­ment, sur­tout avec des clients plus for­tu­nés. Par exemple, les dé­si­gna­tions de bé­né­fi­ciaire ir­ré­vo­cable liées aux fonds dis­tincts peuvent jouer un rôle im­por­tant dans la pro­tect ion du pat r imoine fa­mi­lial.

Face à l’in­cer­ti­tude qui pré­vaut dans les mar­chés fi­nan­ciers, Pas­cal Du­bois garde son sang-froid. Certes, re­con­naît-il, « Les mar­chés se si­tuent vers la fin du cycle de crois­sance, mais on va pro­ba­ble­ment avoir une pro­lon­ga­tion, car les fon­da­men­taux éco­no­miques, em­plois et crois­sance, sont en­core très forts. Je ne crois pas que Trump va tout je­ter à terre et me­ner l’éco­no­mie mon­diale en ré­ces­sion. Les scé­na­rios de ca­tas­trophe, ce n’est ja­mais ce qui ar­rive. »

C’est pour­quoi son por­te­feuille de base penche à 70 % du cô­té des ac­tions. « Je crois qu’on a en­core un po­ten­tiel de gains », juge-t-il, d’au­tant plus qu’avec la hausse des taux, « les ac­tions sont moins ris­quées que les obli­ga­tions ».

« Ce fonds loge au coeur de mes por­te­feuilles en ce qui concerne les titres amé­ri­cains, af­firme Pas­cal Du­bois. C’est un fonds va­leur, mais qui a le ren­de­ment d’un fonds crois­sance, et il est un peu plus vo­la­til qu’un fonds va­leur clas­sique. » En ef­fet, l’in­dice de risque le classe « mo­dé­ré ».

Le fonds de Ma­nu­vie couvre la to­ta­li­té du mar­ché amé­ri­cain, mais il ne s’agit pas d’un fonds in­di­ciel. Ses ges­tion­naires, comme le nom du fonds l’in­dique, choi­sissent dans toutes les tailles de ca­pi­ta­li­sa­tion, en gé­né­ral 60 % dans les grandes ca­pi­ta­li­sa­tion et 40 % dans les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions. Son plus grand at­trait, pour Pas­cal Du­bois, tient à un pro­ces­sus de sé­lec­tion ri­gou­reux et sys­té­ma­tique qui éta­blit la va­leur in­trin­sèque des titres, puis ne les achète que lors­qu’ils re­pré­sentent un es­compte de 70 % par rap­port à cette va­leur in­trin­sèque. Autre at­trait : les ges­tion­naires com­posent « un por­te­feuille de so­cié­tés, pas d’in­ves­tis­se­ment, dit- il. Ils achètent des en­tre­prises, i ls ne font pas des "pla­ce­ments" ».

Les ren­de­ments sont sub­stan­tiels : par exemple 39,6 % en 2013, 23,4 % en 2017. Ce­pen­dant, il faut dire que la jeu­nesse du fonds l’a jus­qu’ici pro­té­gé des coups durs, quoi­qu’une per­for­mance de 9,9 % en 2015, alors que l’in­dice to­tal de mar­ché Rus­sell 3000 fai­sait du sur­place, au­gure bien pour les an­nées dif­fi­ciles à ve­nir. Par ailleur s, Pas­cal Du­bois fait confiance au pro­ces­sus des ges­tion­naires pour pro­té­ger le por­te­feuille en pé­riode de baisse.

L’in­té­rêt ici ne tient pas aux ren­de­ments pas­sés, tout au plus pas­sables à ce jour ; il tient plu­tôt à la mis­sion. « On a une de­mande crois­sante de fonds so­cia­le­ment res­pon­sables de la part de clients » , note Pas­cal Du­bois, ajou­tant qu’entre 5 % et 10 % de ses clients en font la re­quête.

Le fonds cible à l’échel le mon­diale des en­tre­prises qui adhèrent à des pra­tiques du­rables, se­lon quatre thèmes : ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique, so­lu­tions aux pro­blèmes d’eau, ges­tion des dé­chet s , contrôle de la pol­lu­tion. Lan­cé en 1991, le fonds « est un des pre­miers à s’af­fi­cher dans ce sec­teur, rap­pelle Pas­cal Du­bois. Le por­te­feui l le a un in­dice- car­bone to­tal 25 % moins éle­vé que ce­lui de l’in­dice MSCI monde. »

Le ren­de­ment de 6,2 % de­puis la créa­tion du fonds est fort res­pec­table, mais il a flé­chi à 1,6 % au cours des dix der­nières an- nées. Ce­la rend le pro­fil de risque, clas­sé moyen- éle­vé, moins di­geste. Ce­la dit, Pas­cal Du­bois est confiant que les ren­de­ments vont re­ve­nir car, dit-il, « c’est un sec­teur d’ave­nir ».

Deux fac­teurs jus­ti­fient l’in­té­rêt de ce fonds : un re­ve­nu sou­te­nu de 5 % par an­née, et une vo­la­ti­li­té très faible. Une par­tie du re­ve­nu, note Pas­cal Du­bois, pro­vient du gain en ca­pi­tal et cette com­bi­nai­son in­té­rêts et ca­pi­tal offre l’avan­tage d’un taux d’im­po­si­tion al­lé­gé.

Il s’agit d’un fonds de fonds, dont 75 % des titres sont à re­ve­nu fixe, 25 % d’ac­tions, qui ba­laye très large par­tout dans le monde : obli­ga­tions gou­ver­ne­men­tales et d’en­tre­prises, obli­ga­tions à ren­de­ment éle­vé, obli­ga­tions de mar­chés émer­gents, di­vi­dendes, in­fra­struc­tures.

Cette di­ver­si­fi­ca­tion plaît à Pas­cal Du­bois. Par exemple, la part pro­ve­nant des mar­chés émer­gents et de titres à ren­de­ment éle­vé s’élève à 11 %, ce qui ne cor­res­pon­drait pas au pro­fil de risque de bien des clients, mais le fait que cette part s’in­tègre à un en­semble plus large les rend in­do­lores. « Ce fonds com­pose la base sé­cu­ri­taire de mes por­te­feuilles, dit- il, tout en ap­por­tant une large di­ver­si­fi­ca­tion. »

Je crois qu’on a en­core un po­ten­tiel de gains, les ac­tions sont moins ris­quées que les obli­ga­tions. — Pas­cal Du­bois

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