Le stress des va­cances, vous con­nais­sez?

Flambeau Mercier-Anjou - - SANTÉ - ÉCRIT PAR FLO­RENCE MENEY

Tra­di­tion­nel­le­ment, les si­tua­tions de stress in­tense sont plu­tôt as­so­ciées à la vie ac­tive de tous les jours et au pre­mier chef au tra­vail, avec ses exi­gences, sa hié­rar­chie et ses échéances ser­rées. Mé­tro, bou­lot, do­do, telle est ha­bi­tuel­le­ment la re­cette de la pres­sion épui­sante exer­cée sur nous, pauvres in­di­vi­dus, par l’exis­tence mo­derne. Les va­cances, ce pa­ra­dis per­du, sont cen­sées nous per­mettre de nous res­sour­cer pour mieux re­par­tir à neuf.

Pour­tant, alors que cer­tains comptent les jours ( les heures!) en joyeuse an­ti­ci­pa­tion de leurs va­cances, pour d’autres, la pers­pec­tive de le­ver le pied et de prendre un congé pour­tant bien mé­ri­té consti­tue un vé­ri­table stress. Ca­the­rine Ray­mond, cher­cheuse au Centre d’études en stress hu­main de l’lns­ti­tut en san­té men­tale de Mon­tréal, confirme que le fait de quit­ter la struc­ture bien or­don­née et connue du bu­reau ( et de ses dé­cli­nai­sons) pour la li­ber­té un peu im­pré­vi­sible des va­cances peut cau­ser des craintes. Il suf­fit d’ailleurs de se pen­cher sur l’éty­mo­lo­gie du mot far­niente pour com­prendre : lit­té­ra­le­ment « ne rien faire » , tom­ber dans une sorte de vide, face à soi- même et aux siens, peut se ré­vé­ler stres­sant, en par­ti­cu­lier pour les per­son­na­li­tés de type A, ex­plique la spé­cia­liste. Le tra­vail nous place en ef­fet sou­vent dans une po­si­tion qui per­met de re­ce­voir des gra­ti­fi­ca­tions pour une tâche ac­com­plie, un pro­jet me­né à bien. En va­cances, tout est à ré­in­ven­ter, et notre iden­ti­té est en quelque sorte à re­dé­fi­nir.

Il y a aus­si la ques­tion de sa­voir dé­cro­cher du bou­lot. Tout le monde n’est pas for­cé­ment ca­pable de mettre en­tiè­re­ment de cô­té cette laisse vir­tuelle que consti­tue le cour­rier élec­tro­nique. Ca­the­rine Ray­mond dis­tingue deux types de per­sonnes pour qui la pause des va­cances pose pro­blème : les ru­mi­na­teurs, qui ne pour­ront évi­ter de se re­mé­mo­rer des si­tua­tions de conflits pas­sés et autres pro­blèmes qu’ils au­raient dû lais­ser au bu­reau, et les an­ti­ci­pa­teurs ( les grands an­xieux), qui pensent avec an­goisse à tout le tra­vail qui les attend au re­tour.

VOUS RECONNAISSEZ- VOUS QUELQUE PART DANS CES POR­TRAITS?

Et puis il y a aus­si ceux que les pré­pa­ra­tifs as­so­ciés aux dé­parts en voyage in­quiètent : for­ma­li­tés de pas­se­ports, va­lises, mai­son à lais­ser en ar­rière, mi­nou et pi­tou à pla­cer. Et peut- être le plus ty­pique : ceux qui, tou­jours as­si­dus au bou­lot, tombent sou­dain ma­lades au pre­mier jour de leur congé. Parce que le stress mo­bi­lise tem­po­rai­re­ment le sys­tème im­mu­ni­taire, et que son ab­sence si­gnale à l’or­ga­nisme qu’il peut se re­lâ­cher. On ne s’en sort pas! Un conseil pour né­go­cier har­mo­nieu­se­ment ce chan­ge­ment d’état entre la vie ac­tive et le re­pos : ne pas se créer d’at­tentes dé­me­su­rées, ne pas s’im­po­ser d’obli­ga­tion de per­for­mance. Se res­pec­ter et s’écou­ter, quoi!

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