L’île de Mon­tréal de­meure le choix des em­ployés de Mol­son

Flambeau Mercier-Anjou - - LA UNE - STEVE CARON steve. caron@ tc. tc

La Chambre de commerce de l’est de Mon­tréal ( CCEM) contac­te­ra les di­ri­geants de la Bras­se­rie Mol­son pour les in­vi­ter à de­meu­rer sur le ter­ri­toire de l’est de Mon­tréal.

« Nous leur of­frons notre col­la­bo­ra­tion et pou­vons les ai­der à faire du re­pé­rage. Il faut que

Plu­sieurs villes tentent d’at­ti­rer la bras­se­rie Mol­son sur son ter­ri­toire. S’il n’en te­nait qu’aux em­ployés « l’île de Mon­tréal se­rait leur choix » , avoue Éric Pi­cotte, pré­sident du syn­di­cat de la bras­se­rie Mol­son.

Les em­ployés ha­bitent pour la plu­part sur l’Île en pé­ri­phé­rie de leur lieu de tra­vail, in­dique le re­pré­sen­tant syn­di­cal. Si la bras­se­rie s’éloi­gnait de la mé­tro­pole, plu­sieurs fa­milles au­raient à s’adap­ter, ajoute- t- il.

« Dans le pas­sé, lorsque des en­tre­pôts de la com­pa­gnie ont été fer­més pour concen­trer les ac­ti­vi­tés à notre centre de dis­tri­bu­tion, les em­ployés ont tou­jours sui­vi. Je ne m’at­tends pas à ce que ce soit un grand en­jeu ou à des dé­parts mas­sifs des em­ployés » , de dire M. Pi­cotte.

Le défi, se­lon lui, est beau­coup plus pour les villes qui sou­haitent ac­cueillir la bras­se­rie que les em­ployés. L’heu­reuse élue de­vra être en me­sure d’of­frir des in­fra­struc­tures Mol­son pour­suive ses ac­ti­vi­tés chez nous ( est de Mon­tréal) » , de dire Ch­ris­tine Fré­chette, pré­si­dente et di­rec­trice gé­né­rale de la CCEM.

Les parcs in­dus­triels des ar­ron­dis­se­ments d’An­jou et de Pointe- aux- Trembles- Ri­vière- desP­rai­ries, de même que les ter­rains de la fu­ture Ci­té de la lo­gis­tique, dans Mer­cier – Ho­che­la­gaMai­son­neuve, ou en­core ceux lais­sés va­cants par le dé­part des raf­fi­ne­ries de la Ville de Mon­tréal- Est sont au­tant de pos­si­bi­li­tés pour la bras­se­rie Mol­son, se­lon Mme Fré­chette. mu­ni­ci­pales de haut ni­veau et de ré­pondre aux be­soins de la bras­se­rie en termes d’eau potable, d’égout, d’aque­ducs et de ser­vices d’ur­gence en cas de pé­pin.

« Nous pro­dui­sons de 300 à 350 mil­lions de litres de bière par an­née, sou­ligne le pré­sident du syn­di­cat. Nos be­soins en eau potable se chiffrent en mil­liards. Il faut aus­si trai­ter toutes ces eaux usées. Ce n’est pas toutes les villes qui ont cette ca­pa­ci­té. »

IN­QUIÉ­TUDE

Mais en dé­pit d’un nou­veau lieu de tra­vail, les em­ployés sont beau­coup plus in­quiets par les choix de pro­duc­tion qui se­ront faits par l’en­tre­prise.

Opé­rer la ma­chi­ne­rie pour pro­duire des can­nettes ou des bou­teilles de bière ne né­ces­site pas le même nombre d’em­ployés.

En ce qui a trait à la pro­duc­tion des can­nettes de bière, on parle de quatre tra­vailleurs, soit quatre fois moins que pour les bou­teilles.

Un en­jeu ma­jeur pour M. Pi­cotte qui se tra­dui­rait, se­lon le cas, par des pertes d’em­plois pour ses membres.

« L’est de Mon­tréal dis­pose aus­si de plu­sieurs atouts comme l’ac­cès au fleuve, la proxi­mi­té d’au­to­routes, une main- d’oeuvre qua­li­fiée, de grands ter­rains, une grappe in­dus­trielle en agroa­li­men­taire et bien plus en­core » , sou­ligne la pré­si­dente de la CCEM.

Celle- ci ne sou­haite pas fa­vo­ri­ser un sec­teur plus qu’un autre. Tou­te­fois, la pré­sence du centre de dis­tri­bu­tion de Mol­son, rue Dick­son, fe­rait de la Ci­té de la lo­gis­tique « un cadre in­té­res­sant » , avance- t- elle.

« Pour nous, ce qui im­porte c’est que la bras­se­rie pour­suive ses ac­ti­vi­tés dans l’est de Mon­tréal » , ré­pète- t- elle.

GRANDE SÉDUCTION

La CCEM ne se­ra pas la seule à ap­pro­cher l’en­tre­prise. Le maire de la Ville de Mon­tréal- Est, Ro­bert Cou­tu, a in­di­qué avoir dis­cu­té avec les di­ri­geants de Mol­son.

Des échanges au­raient aus­si eu lieu entre l’en­tre­prise de hou­blon et d’autres villes.

« C’est nor­mal que tout le monde es­saie d’at­ti­rer l’en­tre­prise sur son ter­ri­toire, es­time Mme Fré­chette, ça re­pré­sente des retombées éco­no­miques in­té­res­santes pour un sec­teur. »

L’en­tre­prise em­ploie 1000 tra­vailleurs ré­par­tis entre sa bras­se­rie et son centre de dis­tri­bu­tion.

Et pour une ville, les re­ve­nus de taxa­tion sont aus­si al­lé­chants. L’avis d’im­po­si­tion 2017 de l’en­tre­prise pour son usine de la rue Notre- Dame avoi­sine les 180 000 $.

Le 5 juillet der­nier, la di­rec­tion de Mol­son a an­non­cé à ses em­ployés vou­loir in­ves­tir jus­qu’à 500 M$ pour construire une nou­velle bras­se­rie au lieu de ré­no­ver ses ins­tal­la­tions de la rue No­treDame, dans l’ar­ron­dis­se­ment de Ville- Ma­rie.

Elle n’a pas dé­voi­lé l’em­pla­ce­ment du fu­tur com­plexe, mais dé­sire « un ter­rain vierge » et pour­rait choisir « Mon­tréal ou les villes en­vi­ron­nantes » , a in­di­qué le di­rec­teur des af­faires cor­po­ra­tives, Qué­bec et At­lan­tique chez Mol­son Coors, Fran­çois Le­febvre.

En col­la­bo­ra­tion avec Ralph- Bo­net Sa­non

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