Des ex­pro­pria­tions ne doivent pas être ex­clues, dit la CCMM

Flambeau Mercier-Anjou - - ACTUALITÉS - STEVE CA­RON steve. ca­ron@ tc. tc

Pour la Chambre de com­merce du Mon­tréal mé­tro­po­li­tain, le dé­ve­lop­pe­ment des pôles lo­gis­tiques est un en­jeu si im­por­tant que si des ex­pro­pria­tions sont né­ces­saires, elles ne de­vraient pas être ex­clues.

« S’il faut dé­pla­cer quelques ré­si­dences, dé­pla­çons- les et s’il faut dé­pla­cer une ré­si­dence pour per­sonnes âgées c’est tel­le­ment fon­da­men­tal éco­no­mi­que­ment. »

Ces propos sont ceux de Mi­chel Leblanc, pré­sident et chef de la di­rec­tion de la Chambre de com­merce du Mon­tréal mé­tro­po­li­tain, te­nus lors des au­diences du Pro­jet de loi 85 re­la­ti­ve­ment au dé­ve­lop­pe­ment des zones in­dus­tria­lo- por­tuaires de la ré­gion mé­tro­po­li­taine de Mon­tréal – no­tam­ment la Ci­té de la lo­gis­tique dans l’ar­ron­dis­se­ment de Mer­cier – Ho­che­la­ga- Mai­son­neuve ( MHM).

Au len­de­main de son pas­sage en com­mis­sion parlementaire, M. Leblanc pré­ci­sait sa pen­sée.

« Je n’ai pas été in­for­mé que des ex­pro­pria­tions se­ront né­ces­saires. Mais ce que je dis, c’est que le port de Mon­tréal est un ac­tif stra­té­gique et qu’il est fon­da­men­tal pour le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du Québec. S’il faut ex­pro­prier quelques ré­si­dences, en­vi­sa­geons- le. »

Se­lon le pré­sident de la chambre de com­merce, le dé­ve­lop­pe­ment des ter­rains de la Ci­té de la lo­gis­tique est une op­por­tu­ni­té qui mè­ne­ra à la créa­tion de nom­breux emplois bien ré­mu­né­rés qu’il faut sai­sir.

La dé­pu­tée de Ho­che­la­ga- Mai­son­neuve, Ca­role Poi­rier, lui a de­man­dé de se pro­non­cer sur le se­cond tra­cé en­vi­sa­gé en guise de sor­tie du port de Mon­tréal, ce­lui qui longe les ré­si­dences du quar­tier et la ré­si­dence pour per­sonnes âgées Grace Dart.

Une ré­ponse qui a gran­de­ment sur­pris la dé­pu­tée.

« Il n’a ja­mais été ques­tion d’ex­pro­pria­tion dans ce dos­sier. C’est la pre­mière fois qu’on y fait al­lu­sion. Là, je trouve ça fort. Et même au point de dé­mé­na­ger des ci­toyens là je vous le dis, vous vous ache­tez une pe­tite guerre » , a ré­pli­qué Mme Poi­rier.

RÉACTIONS

Sur les mé­dias so­ciaux, les dé­cla­ra­tions de M. Leblanc ont aus­si fait bon­dir des membres du groupe ci­toyen Mo­bi­li­sa­tion 6600, qui suivent le dos­sier de près.

« Des propos dé­pha­sés et d’une men­ta­li­té sans nom » .

« C’est vrai­ment frus­trant d’en­tendre au­tant de mau­vaise foi en cinq mi­nutes » .

« Le pré­sident de la Chambre de com­merce de Mon­tréal se contre­fout des ci­toyens vi­vant près du port » , ont écrit des ci­toyens.

Le maire Réal Mé­nard parle de propos « in­ac­cep­tables, ir­res­pon­sables et mal avi­sés » de la part du pré­sident de la chambre de com­merce af­fir­mant lui aus­si qu’il n’a ja­mais été ques­tion d’ex­pro­pria­tion et que ce n’est pas une voie en­vi­sa­gée.

« Ac­tuel­le­ment, c’est Mon­tréal qui a le plein pou­voir. L’ar­ron­dis­se­ment a adop­té une ré­gle­men­ta­tion claire pour le dé­ve­lop­pe­ment des ter­rains de la Ci­té de la lo­gis­tique » , pré­cise- t- il.

« Il est es­sen­tiel que tout dé­ve­lop­pe­ment se fasse en équi­libre avec le mi­lieu avoi­si­nant » , a- t- il écrit sur sa page Fa­ce­book.

Du cô­té de Pro­jet Mon­tréal, on condamne éga­le­ment les propos de M. Leblanc. La conseillère mu­ni­ci­pale Lau­rence La­vigne La­vigne s’est dite fâ­chée par ses dé­cla­ra­tions.

« L’ave­nir du sec­teur de Viau­ville est en train de se jouer à Québec. Les ac­teurs éco­no­miques bé­né­fi­cient d’une tri­bune privilégiée et les com­mis­saires n’en­tendent qu’un seul point de vue. »

« Le CHSLD Grace Dart – au­quel fait ré­fé­rence M. Leblanc dans ses propos – est un bâ­ti­ment pa­tri­mo­nial. Je vais me battre aux cô­tés des ci­toyens contre toute ex­pro­pria­tion » , a- t- elle in­di­qué.

D’autre part, les au­diences du Pro­jet de loi 85 ont été l’oc­ca­sion pour la dé­pu­tée de rap­pe­ler l’ab­sence des ci­toyens en com­mis­sion parlementaire, ce qu’elle dé­plore, et de ré­ité­rer la né­ces­si­té qu’ils soient vé­ri­ta­ble­ment consul­tés.

« Nous n’au­rons pas l’una­ni­mi­té dans ce dos­sier. Oui ça prend du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, mais pas à n’im­porte quel prix. On im­pose des cadres qui ne tiennent pas compte du mi­lieu d’in­ser­tion. C’est pos­sible de bien faire les choses en ayant un plan glo­bal te­nant compte des pré­oc­cu­pa­tions ci­toyennes ( bruit, pous­sière, ca­mion­nage, etc.) » , croit- elle.

Lors de l’étude dé­taillée du pro­jet de loi – ar­ticle par ar­ticle – qui au­ra lieu cet au­tomne à la reprise des tra­vaux de l’As­sem­blée na­tio­nale, elle a l’in­ten­tion de ré­cla­mer la pré­sence des ci­toyens pour qu’ils puissent se faire en­tendre.

Le pro­ces­sus doit être trans­pa­rent et les ci­toyens doivent être en­ten­dus, jus­ti­fie- t- elle.

( Photo TC Me­dia – Archives)

Mi­chel Leblanc, pré­sident et chef de la di­rec­tion de la Chambre de com­merce du Mon­tréal mé­tro­po­li­tain.

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