UNPATROUILLEUR QUIN’A PAS FROIDAUX YEUX

Flambeau Mercier-Anjou - - LA UNE - RALPH- BONET SANON ralph- bonet. sanon@ tc. tc

POR­TRAIT.

Par­fois, les au­to­mo­bi­listes leur sou­rient. D’autres fois, ils vont plus loin et leur donnent des gâ­teaux. Vi­rée avec un patrouilleur de CAA- Qué­bec par jour­née de froid ex­trême.

Il est 14h30. Il fait so­leil, mais la mé­tro­pole est plon­gée dans une vague de froid qui bat des re­cords. Mar­tin Éthier em­barque dans un vé­hi­cule de CAA au centre- ville. Le su­per­vi­seur et chef d’équipe a com­men­cé à tra­vailler à vers 6h.

Son ap­pa­reil de ré­par­ti­tion géo­lo­ca­li­sé lui donne dé­jà du bou­lot: un sur­vol­tage dans le l’est de Mont­réal. Un de plus de 6000 ap­pels à l’échelle pro­vin­ciale ce mer­cre­di après- mi­di.

« On va fa­ci­le­ment at­teindre 10 000 ap­pels d’ici mi­nuit » , pré­dit- il dé­jà.

Sur place, Mar­tin pose quelques ques­tions à une membre qui l’at­tend. Il ap­prend que le Golf de marque Volks­wa­gen n’a pas rou­lé de­puis cinq jours.

« Ce qui va tuer un vé­hi­cule, c’est quand il ne roule pas. C’est la pire chose par grand froid. Il y a aus­si le « stop & go » , c’est- à dire quand on roule un peu, qu’on éteint le mo­teur, qu’on fait ça plu­sieurs fois. Ça vide le jus de la bat­te­rie » , ex­plique le patrouilleur d’ex­pé­rience à TC Me­dia. Le tra­vail est dur. De longues heures à pas­ser constam­ment de la cha­leur de l’in­té­rieur du vé­hi­cule au froid ex­trême du de­hors. À ma­ni­pu­ler du mé­tal froid. À man­ger et boire sur le pouce » .

Après sa pe­tite en­quête, il connecte son dé­mar­reur por­ta­tif à la bat­te­rie du Golf. La membre glisse la clé dans le contact et vroum!, le mo­teur vrom­bit. Le tout n’au­ra pris que 5 min.

« Pen­dant un quart de tra­vail de 10 à 12 heures, un patrouilleur peut ré­pondre à seule­ment 4 ap­pels ou, dans une jour­née comme au­jourd’hui, jus­qu’à 60 » , in­dique- t- il.

À quelques cen­taines de mètres de là, Mar­tin ré­pond à un ap­pel concer­nant un dé­ver­rouillage. Sur place, une jeune femme l’at­tend, l’air gê­né. Le patrouilleur fait son in­ter­ven­tion en quelques se­condes et as­sure qu’il n’y a pas de quoi se sen­tir mal à l’aise.

DUR, MAIS VALORISANT

Le tra­vail est dur. De longues heures à pas­ser constam­ment de la cha­leur de l’in­té­rieur du vé­hi­cule au froid ex­trême du de­hors. À ma­ni­pu­ler du mé­tal froid. À man­ger et boire « sur le pouce » . Ce­pen­dant, le jeu en vaut la chan­delle, se­lon Mar­tin.

Mar­tin Éthier, CAA Qué­bec

« Oui la job est rough, mais voir le sou­rire d’un client quand on arrive, le mer­ci quand on part, les pe­tites at­ten­tions, c’est très valorisant, j’au­rais pas eu ça si j’avais tra­vailler dans un shop » , confie- t- il.

Par­mi ses mo­ments les plus mé­mo­rables en 15 ans dans le mé­tier, il compte ses in­ter­ven­tions au­près de per­sonnes âgées.

Une fois, une vieille dame lui a of­fert des bis­cuits pour le re­mer­cier. Une autre fois, une « toute pe­tite » dame a in­sis­té pour lui faire un ca­lin après qu’il ait dé­cou­vert que la voiture de cette membre ne dé­mar­rait pas à cause de son sys­tème d’alarme.

« C’est des af­faires su­per le fun. J’ai vé­cu tout plein de belles ex­pé­riences. Très peu de mau­vaises » , té­moigne- t- il en se di­ri­geant vers une troi­sième in­ter­ven­tion en une heure.

( Pho­to TC Me­dia — Ralph- Bonet Sanon)

Lorsque le mer­cure chute, Mar­tin Éthier peut faire jus­qu’à une soixan­taine de sur­vol­tages en une jour­née.

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