La conta­mi­na­tion des sols, un en­jeu à ré­gler

Flambeau Mercier-Anjou - - LA UNE - STEVE CA­RON steve. ca­ron@ tc. tc

Les ter­rains de la par­tie sud du Club de golf Mé­tro­po­li­tain An­jou pour­ront do­ré­na­vant faire place à des com­merces de moyenne ou grande sur­face. Les élus de l’ar­ron­dis­se­ment d’An­jou ayant ap­prou­vé un chan­ge­ment de zo­nage dans le sec­teur, le Conseil ré­gio­nal de l’en­vi­ron­ne­ment de Mon­tréal ( CRE- Mon­tréal), qui rê­vait d’un grand parc pu­blic dans le sec­teur, risque de voir son pro­jet être re­lé­gué au se­cond plan.

La zone af­fec­tée par cette mo­di­fi­ca­tion à la ré­gle­men­ta­tion en vi­gueur se trouve dans le qua­dri­la­tère for­mé par la rue du Par­cours, le bou­le­vard du Golf, le bou­le­vard des sciences et les li­mites de la Ville de Mon­tréal- Est, dans le parc in­dus­triel d’An­jou.

C’est le pro­prié­taire de l’en­semble des ter­rains non construits, la fa­mille Di Lillo éga­le­ment pro­prié­taire du club de golf, qui a de­man­dé ce chan­ge­ment.

Ce­lui- ci n’a pas ré­pon­du à notre de­mande d’en­tre­vue.

De son cô­té, l’ar­ron­dis­se­ment s’est mon­tré fa­vo­rable à un élar­gis­se­ment des usages au­to­ri­sés afin de fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de ces ter­rains, dé­jà zo­nés in­dus­triels, et en confor­mi­té avec les usages au­to­ri­sés au Plan d’ur­ba­nisme, peut- on lire dans les do­cu­ments de l’ar­ron­dis­se­ment d’An­jou.

Les usages « vente d’es­sence et de pro­duits d’épi­ce­rie » et « ré­pa­ra­tion de vé­hi­cules autres que des vé­hi­cules lourds » sont aus­si au­to­ri­sés, mais uni­que­ment de fa­çon com­plé­men­taire à un com­merce de moyenne ou grande sur­face.

PARC

Une dé­ci­sion qui in­quiète le CRE- Mon­tréal. L’or­ga­nisme en­vi­ron­ne­men­tal à but non lu­cra­tif, qui se consacre à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et à la pro­mo­tion du dé­ve­lop­pe­ment du­rable sur l’île de Mon­tréal, sou­haite une in­ter­ven­tion de la ville- centre « pour évi­ter la disparition sous l’as­phalte d’une par­tie im­por­tante du club de golf. »

« Il faut agir ra­pi­de­ment, car le golf est un des der­niers pou­mons verts du sec­teur qui en manque dra­ma­ti­que­ment. Il se­rait in­juste d’en pri­ver la po­pu­la­tion de l’est de Mon­tréal en per­met­tant sa trans­for­ma­tion en zone com­mer­ciale et in­dus­trielle. Il faut prio­ri­ser la qua­li­té des mi­lieux de vie pour les per­sonnes qui ré­sident ou tra­vaillent dans cette par­tie de Mon­tréal » , de sou­li­gner Co­ra­lie De­ny, di­rec­trice gé­né­rale du CRE- Mon­tréal.

Le CRE mise plu­tôt sur l’amé­na­ge­ment d’un grand parc en l’as­so­ciant au parc- na­ture du Bois d’An­jou, un es­pace de 40 hec­tares tou­jours non amé­na­gé et in­ac­ces­sible de­puis son ac­qui­si­tion en 1992 par la Ville de Mon­tréal.

La po­pu­la­tion au­rait ain­si droit à un es­pace vert ju­me­lé de plus de 100 hec­tares.

« Il s’agi­rait d’un pro­jet ma­jeur qui pour­rait être réa­li­sé en plu­sieurs phases d’amé­na­ge­ment. La pre­mière étape est de ré­ser­ver les ter­rains et il est urgent d’agir » , fait va­loir Em­ma­nuel Ron­dia, res­pon­sable des dos­siers Es­paces verts et mi­lieux na­tu­rels au CRE Mon­tréal.

Il rap­pelle que de­puis l’adop­tion de la Po­li­tique de pro­tec­tion et de mise en va­leur des mi­lieux na­tu­rels en 2004, moins du quart des dé­penses pour l’ac­qui­si­tion de ter­rains ( 23 %), soit 11,8 M$ sur 45,68 M$, a été consa­cré à l’est de Mon­tréal.

L’Est compte 222 hec­tares d’aires pro­té­gées com­pa­ra­ti­ve­ment à 718 hec­tares pour l’Ouest, qui a fait l’ob­jet d’in­ves­tis­se­ments de 38,8 M$ pour l’ac­qui­si­tion d’aires ter­restres pro­té­gées.

( Pho­to Google Map)

Le par­cours sud du Club de golf Mé­tro­po­li­tain An­jou pour­ra faire place à une plus grande ca­té­go­rie de com­merces.

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