Les lo­ca­taires d’An­jou 80 doivent se dé­par­tir de leur ani­mal de com­pa­gnie

Flambeau Mercier-Anjou - - LA UNE - STEVE CA­RON steve. ca­ron@ tc. tc

HA­BI­TA­TION. Des di­zaines de lo­ca­taires du com­plexe im­mo­bi­lier An­jou 80 qui ont des ani­maux ont re­çu dans les der­niers jours une lettre les in­ti­mant de se dé­par­tir de leur ani­mal. La mis­sive leur donne jus­qu’au 11 mai pour s’exé­cu­ter, sans quoi, « leur dos­sier se­ra ré­fé­ré à la Ré­gie du lo­ge­ment » , écrit- on.

La lettre a créé une onde de choc chez les pro­prié­taires d’ani­maux du com­plexe im­mo­bi­lier. Cer­tains ont leur fi­dèle com­pa­gnon ( chat ou chien) de­puis plus de 15 ans. Ils ne se voient pas de­voir eu­tha­na­sier leur ani­mal ni même s’en dé­bar­ras­ser.

« Ça fait 27 ans que j’ha­bite ici et j’ai tou­jours eu un chien. Je n’ai ja­mais re­çu de plainte. Je ne com­prends pas ce qui se passe. J’irai me battre de­vant la Ré­gie du lo­ge­ment s’il le faut, mais il est hors de ques­tion que je me sé­pare de mon chien » , in­dique Ma­ry­lène Ca­ron, lo­ca­taire.

La dame ad­met que dans le bail ini­tial, il est men­tion­né en an­nexe que les lo­ca­taires n’ont pas droit d’avoir des ani­maux, mais af­firme comme des di­zaines de lo­ca­taires que l’ad­mi­nis­tra­tion d’An­jou 80 leur au­rait tou­jours ex­pli­qué que s’il n’y avait pas de plainte, il n’y avait pas de pro­blème.

Souf­frant de dé­pres­sion, c’est sur la re­com­man­da­tion de son mé­de­cin que Denis Ma­zeau s’est pro­cu­ré Pa­co, un pe­tit chi­hua­hua de trois ans. De­puis, il a re­pris goût à la vie. Il ha­bite An­jou 80 de­puis 15 ans.

Il n’a pas l’in­ten­tion d’ob­tem­pé­rer à la de­mande du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion.

« Pa­co c’est mon bé­bé. Grâce à lui, je me lève chaque ma­tin. Je ne me vois pas sans lui. C’est mon ami, mon en­fant, mon confi­dent. »

Et le cas de M. Ma­zeau n’est pas unique. Isa­belle Thi­beault, membre du co­mi­té de lo­ca­taires d’An­jou 80, a re­çu un diag­nos­tic de fi­bro­my­al­gie. Ses chiens sont sa source de mo­ti­va­tion dans les mo­ments plus dif­fi­ciles.

Ils lui per­mettent de sor­tir de son ap­par­te­ment plu­sieurs fois par jour pour les pro­me­nades quo­ti­diennes, de so­cia­li­ser avec les autres pro­prié­taires de chien au gré de ses ren­contres et de faire de l’exer­cice.

Elle ha­bite le com­plexe im­mo­bi­lier de­puis 40 ans, avec une pe­tite pause de quelques an­nées.

« Il y a tou­jours eu une to­lé­rance en­vers les ani­maux et ça ne date pas d’hier. Là, on nous donne une di­zaine de jours pour se dé­bar­ras­ser de nos ani­maux » , dé­plore- t- elle.

Elle aus­si en­tend se battre et ne craint pas de de­voir al­ler de­vant la Ré­gie du lo­ge­ment.

Tous les pro­prié­taires d’ani­maux ha­bi­tant le com­plexe d’An­jou 80 ont leur his­toire bien per­son­nelle avec leur ani­mal de com­pa­gnie.

UN CONSEIL D’AR­RON­DIS­SE­MENT ÉMO­TIF

Il y au­rait une cen­taine de lo­ca­taires pro­prié­taires d’ani­maux au sein du com­plexe de 550 lo­ge­ments.

Une tren­taine de pro­prié­taires d’ani­maux se sont pré­sen­tés à la séance du conseil d’ar­ron­dis­se­ment d’An­jou, mar­di soir, pour sen­si­bi­li­ser les élus à leur si­tua­tion.

Plu­sieurs d’entre eux ont eu de la dif­fi­cul­té à s’ex­pri­mer, l’émo­tion étant trop vive. Ils se de­mandent pour­quoi il y a ur­gence d’agir s’il y a eu to­lé­rance pen­dant aus­si long­temps.

Le maire de l’ar­ron­dis­se­ment, Luis Mi­ran­da, qui est aus­si pré­sident d’An­jou 80, a men­tion­né avoir re­çu des plaintes de la part de lo­ca­taires pour jus­ti­fier la dé­ci­sion du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la cor­po­ra­tion.

Des lo­ca­taires en au­raient marre de re­trou­ver des poils d’ani­maux dans leurs vê­te­ments, puisque les la­veuses et sé­cheuses sont pros­crites dans les ap­par­te­ments d’An­jou 80. Les lo­ca­taires ont ac­cès à une buan­de­rie com­mu­nau­taire au sein de leur com­plexe. Une cin­quan­taine de plaintes au­raient été for­mu­lées se­lon le maire.

Ce der­nier ad­met que la lettre re­mise aux pro­prié­taires d’ani­maux peut être « rough » pour les gens. Il dit tou­te­fois que le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du com­plexe im­mo­bi­lier n’a pas le choix d’agir.

« Qu’ est- ce que je dis aux 400 per­sonnes qui res­pectent la ré­gle­men­ta­tion ? J’in­vite les gens à com­mu­ni­quer avec les ges­tion­naires d’An­jou 80 » , de men­tion­ner le maire.

Est- ce qu’il y au­ra une pé­riode plus longue pour se dé­par­tir de ses ani­maux ? Est- ce qu’il y au­ra un prin­cipe de droit ac­quis ? Est- ce que des ex­cep­tions pour des si­tua­tions par­ti­cu­lières pour­raient sur­ve­nir ? Rien n’a été avan­cé par le maire.

Se re­met­tant de pro­blèmes de san­té, M. Mi­ran­da af­firme avoir be­soin de temps pour voir la suite à don­ner au dos­sier.

( Pho­to TC Me­dia – Steve Ca­ron)

Plu­sieurs pro­prié­taires d’ani­maux ha­bi­tant au com­plexe im­mo­bi­lier An­jou 80 ont l’in­ten­tion de contes­ter la lettre leur de­man­dant de se dé­bar­ras­ser de leur ani­mal pour le 11 mai pro­chain.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.