SANS CHE­NILLE, PAS DE PA­PILLON !

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - LAR­RY HODG­SON Ex­pert hor­ti­cole, Fleurs plantes jar­dins fpj@tc.tc

Le billet de Lar­ry Hodg­son, notre ex­pert hor­ti­cole.

Lan der­nier, j’ai vu chez une amie une sorte de man­geoire à pa­pillons en forme de tour­ne­sol dont elle était tout à fait en­thou­sias­mée : « Vous ver­sez du nectar ici, au centre de la fleur. Les pa­pillons at­ter­rissent sur les pé­tales, pour si­ro­ter le jus. C’est tel­le­ment l’fun ! » Sans doute, mais aus­si un peu bi­zarre, vous ne trou­vez pas ? Après tout, si la man­geoire était co­lo­rée et pleine de nectar comme une fleur, pour­quoi ne pas avoir plan­té une fleur, jus­te­ment ? Il y au­rait d’ailleurs eu chez cette amie de la place pour des mil­liers de fleurs, qui au­raient pu nour­rir des di­zaines – même des cen­taines ! – de pa­pillons. Sauf que tout l’es­pace était oc­cu­pé par du ga­zon et de l’as­phalte.

Si on veut vrai­ment at­ti­rer les pa­pillons, il faut culti­ver des fleurs, certes, mais aus­si et sur­tout être prêt à to­lé­rer le « re­vers de leur mé­daille » : les che­nilles. Poi­lues, ram­pantes, dé­goû­tantes… qui mangent nos plantes ! Cha­cune de­vient un pa­pillon, ça, on le sait – même si on l’ou­blie sou­vent. Donc, l’un ne va pas sans l’autre. Mais je connais mon amie : elle n’au­rait ja­mais sup­por­té la pré­sence de che­nilles sur son terrain. À la vue de la pre­mière, elle au­rait ap­pe­lé un ex­ter­mi­na­teur !

En ce monde de plus en plus per­tur­bé par les chan­ge­ments cli­ma­tiques et la pol­lu­tion, où les pa­pillons sont de plus en plus me­na­cés (avez-vous aper­çu un mo­narque l’an der­nier ? Même un seul ?), je pense que nous, jar­di­niers, de­vrions ac­cep­ter de consti­tuer une par­tie du pro­blème. D’ac­cord, nous ne sommes pas les pires, mais ne de­vrions-nous pas être un peu plus in­dul­gents ? Si quelques feuilles sur quelques plantes sont mâ­chouillées – les che­nilles causent ra­re­ment plus de dé­gâts –, est-ce vrai­ment si grave ?

Cet été, au nom de l’en­vi­ron­ne­ment, pour­quoi ne pas adop­ter un style de jardinage un peu plus to­lé­rant ? Ran­geons les pes­ti­cides pour ne plus les sor­tir qu’en cas d’ex­trême né­ces­si­té. Et lais­sons dame Na­ture faire son tra­vail comme elle sait si bien le faire.

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