LA SUR­PRISE DE FIN D’AN­NÉE

LE SCHLUM­BER­GE­RA EST NON SEU­LE­MENT LA PLUS FA­CILE DES PLANTES DE NOËL À EN­TRE­TE­NIR, MAIS AUS­SI L’UNE DES PLUS SPEC­TA­CU­LAIRES ET DES PLUS PO­PU­LAIRES DANS NOS FOYERS. PETIT GUIDE POUR PER­PÉ­TUER UNE TRA­DI­TION FLEU­RIE DES FÊTES.

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - Par Lar­ry Hodg­son

À l’aube du temps des Fêtes, égayez votre in­té­rieur d’un Schlum­ber­ge­ra, ce po­pu­laire cac­tus de Noël.

Le cac­tus de Noël ( Schlum­ber­ge­ra, anc. Zy­go­cac­tus) a de quoi sur­prendre. D’abord, c’est réel­le­ment un cac­tus, mais qu’on ne doit pas trai­ter comme ses pairs. On le vend comme plante ca­deau, mais con­trai­re­ment aux autres vé­gé­taux du genre, plu­tôt que de dé­pé­rir après la flo­rai­son, il s’amé­liore, de­ve­nant de plus en plus beau chaque an­née. Et, der­nière sur­prise : il veut ra­re­ment fleu­rir à Noël… mais ça, on en par­le­ra plus loin.

DE LA FO­RÊT TRO­PI­CALE À VOTRE DE­MEURE

Le cac­tus de Noël pro­vient des jungles du Bré­sil où il pousse en épi­phyte, c’est-à-dire sur les branches d’arbres. Pour vivre dans ce mi­lieu par­ti­cu­lier, il a per­du, avec l’évo­lu­tion, les épines qui ca­rac­té­risent la plu­part des cac­tées et ap­pris à to­lé­rer un en­so­leille­ment mo­dé­ré et des pluies abon­dantes. Voi­là pour­quoi il faut com­prendre qu’il n’ac­cep­te­ra pas d’être trai­té en plante dé­ser­tique comme ses congé­nères. Cu­rieu­se­ment as­sem­blée, la plante se com­pose de seg­ments apla­tis ar­qués que beau­coup de gens prennent pour des feuilles : il s’agit plu­tôt de tiges. Ce sont elles qui font la pho­to­syn­thèse en l’ab­sence de feuilles. Les fleurs, pro­duites dans une bonne gamme de cou­leurs – rose, vio­let, rouge, oran­gé, blanc, et même quelques jaunes plu­tôt pâ­lots –, sont asy­mé­triques et plus ou moins tu­bu­laires, afin de plaire aux co­li­bris, leurs pol­li­ni­sa­teurs pré­fé­rés. Dans son pays d’ori­gine, le Schlum­ber­ge­ra s’ap­pelle flor de maio, la « fleur de mai ». C’est qu’il pousse dans l’hé­mi­sphère sud, où les sai­sons sont in­ver­sées par rap­port aux nôtres. Il y fleu­rit donc tou­jours en au­tomne, lorsque les jours rac­cour­cissent : en mai de son cô­té de la pla­nète, et en oc­tobre et no­vembre lorsque culti­vé chez nous.

LE VRAI ET LE FAUX

Le vrai cac­tus de Noël, S. rus­sel­lia­na, fleu­rit ef­fec­ti­ve­ment en décembre dans l’hé­mi­sphère nord. Mais avec ses longues branches ar­quées qui re­tombent en pluie, il se mêle à ses voi­sins et est sou­vent bri­sé lors du trans­port. Voi­là pour­quoi les pé­pi­nié­ristes l’ont aban­don­né en fa­veur d’une es­pèce plus com­mode : le cac­tus d’au­tomne, S. x bu­ck­leyi. Avec ses branches plus courtes et plus dres­sées, il se ma­ni­pule fa­ci­le­ment… mais fleu­rit en no­vembre. C’est la rai­son pour la­quelle il porte le nom de Thanks­gi­ving cac­tus aux ÉtatsU­nis. Pour re­tar­der sa flo­rai­son jus­qu’à Noël, les pé­pi­nié­ristes pro­longent ar­ti­fi­ciel­le­ment la du­rée du jour à l’au­tomne et gardent la plante plus au frais. Ain­si, il fleu­ri­ra pour les Fêtes l’an­née de l’achat… mais pro­ba­ble­ment en no­vembre par la suite. Com­ment dis­tin­guer le vrai du faux ? Le pre­mier ( S. rus­sel­lia­na, pho­tos ci-contre) a des seg­ments aux marges lisses, à peine cré­ne­lées, tan­dis que le se­cond ( S. x bu­ck­leyi, pho­tos de la page pré­cé­dente) pré­sente des marges marquées de dents net­te­ment poin­tues. Le vrai ne se trouve que très ra­re­ment dans le com­merce, mais ce­lui d’au­tomne se vend par­tout !

UNE CUL­TURE SI FA­CILE

Ce qui est fas­ci­nant chez ces deux cac­tus, c’est que leur flo­rai­son s’amé­liore avec les an­nées. Ain­si, de nom­breuses per­sonnes pos­sèdent des cac­tées de 50 ans et plus qui pro­duisent des cen­taines de fleurs tous les ans. Et leur cul­ture est es­sen­tiel­le­ment iden­tique à celle de la plu­part des autres plantes d’in­té­rieur. Il faut tout sim­ple­ment sa­voir qu’elles ont be­soin d’un éclai­rage mo­dé­ré à in­tense, de pré­fé­rence avec quelques heures de so­leil di­rect par jour, sur­tout l’hiver. Main­te­nez le ter­reau lé­gè­re­ment hu­mide toute l’an­née, l’ar­ro­sant quand il de­vient sec au tou­cher. Tout ter­reau lé­ger convient… mais ne rem­po­tez que tous les 5 ou 6 ans seu­le­ment : ce cac­tus semble mieux fleu­rir quand il est un peu à l’étroit. L’hu­mi­di­té nor­male de nos in­té­rieurs lui convient par­fai­te­ment. Fer­ti­li­sez avec tout en­grais pour plantes d’in­té­rieur, du prin­temps à l’au­tomne, au quart de la dose re­com­man­dée.

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