VOS QUES­TIONS

Pour cette édi­tion, quatre spé­cia­listes de l’amé­na­ge­ment ré­pondent à une seule et même ques­tion : « Quelles ten­dances en­tre­voyez-vous au jar­din en 2015 ? »

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - Propos recueillis par Sophie Des­ro­siers

Des pro­fes­sion­nels de l’amé­na­ge­ment nous dé­voilent les ten­dances 2015 au jar­din.

RÉ­PONSE de Stuart Webs­ter, pré­sident, Dac­cord Webs­ter

Pay­sages : « L’an­née 2015 se­ra dans la conti­nui­té de la pré­cé­dente, avec une très forte ten­dance vers l’amé­na­ge­ment des toits-ter­rasses et des grands bal­cons, puisque les gens quittent leurs grandes mai­sons fa­mi­liales au pro­fit de condo­mi­niums et d’ap­par­te­ments plus pe­tits. Or, la plu­part sou­haitent un es­pace ex­té­rieur qui est le pro­lon­ge­ment de l’in­té­rieur et qui, comme lui, est di­vi­sé en zones : lounge, bar, salle à man­ger, foyer... L’es­pace bar­be­cue gagne aus­si en im­por­tance : c’est une cui­sine ex­té­rieure do­tée de places as­sises à proxi­mi­té. Du cô­té des vé­gé­taux, ils se pré­sentent en mas­sifs plus nom­breux et on trouve une pré­sence mar­quée de plantes in­di­gènes, qui ont une très belle flo­rai­son tout en res­pec­tant l’en­vi­ron­ne­ment. Sur les toits et les bal­cons, plus ex­po­sés aux élé­ments, elles sont plus ré­sis­tantes que beau­coup d’autres vé­gé­taux. » RÉ­PONSE de Jo­ce­lyn

Lus­sier, pré­sident, To­pia : « Les gens sont de plus en plus éco­res­pon­sables, plus sen­si­bi­li­sés à tous les ni­veaux. Ain­si, on constate un re­gain d’in­té­rêt en­vers les pro­duits lo­caux, et la ges­tion de l’eau oc­cupe aus­si une place im­por­tante dans les nou­veaux amé­na­ge­ments, puis­qu’on dé­note une pré­sence ac­crue de jar­dins de pluie ou la créa­tion de puits secs pour ré­ali­men­ter la nappe phréa­tique. Du cô­té de l’éclai­rage, les types de lu­mières uti­li­sés, no­tam­ment les DEL, sont moins éner­gi­vores. Chez les vé­gé­taux, avec l’éli­mi­na­tion pro­gres­sive des pes­ti­cides, les plantes in­di­gènes ou celles adap­tées à notre cli­mat et dont on connaît la ré­sis­tance aux in­sectes et ma­la­dies ont la cote. Dans le même ordre d’idées, on re­marque un re­gain d’in­té­rêt pour les plantes mel­li­fères (c’est-à-dire qui pro­duisent les sucs né­ces­saires à la fa­bri­ca­tion du miel) afin de contrer la dis­pa­ri­tion alar­mante des abeilles et autres in­sectes bu­ti­neurs. Fi­na­le­ment, pré­ci­sons que les ma­té­riaux re­cy­clés – bois, pierre, etc. – sont très pré­sents dans les nou­veaux pro­jets. »

RÉ­PONSE de Pa­trice Bé­lan­ger, di­rec­teur de l’amé­na­ge­ment pay­sa­ger, Les Ar­ti­sans du

pay­sage : « Avec l’avè­ne­ment de l’out­doo­ring, la de­mande est axée vers les es­paces ex­té­rieurs de style contem­po­rain aux lignes épu­rées, droites. Il émerge de ce cou­rant des cours ar­rière de plus en plus so­phis­ti­quées où même le ca­ba­non est in­té­gré au dé­cor. La clien­tèle do­mi­nante a de grandes mai­sons neuves, gé­né­ra­le­ment do­tées de pe­tits ter­rains dont elle veut pro­fi­ter 12 mois par an­née. Afin de ré­pondre à cette exi­gence, on note la pré­sence mar­quée de chauffe-ter­rasse et de pis­cines creu­sées rec­tan­gu­laires sobres et de­si­gn, et de clô­tures de verre. Dans les plan­ta­tions, on trouve plus sou­vent deux ou trois sortes de vé­gé­taux, un jeu de feuillages et peu de fleurs, parce que les gens dé­si­rent un mi­ni­mum d’en­tre­tien. Au sol, c’est la cé­ra­mique de gros for­mat au fi­ni meu­lé et lisse qui do­mine. Sur la ter­rasse, le bois trai­té a cé­dé la place au cèdre – plus abor­dable que l’ipé –, qui vieillit bien tout en for­mant un ma­riage heu­reux avec les feuillages des vé­gé­taux. »

RÉ­PONSE de Ma­rie-An­drée

For­tier, pré­si­dente, Art &

Jar­dins : « Sans suivre la mode, notre rôle est de créer des am­biances qui cor­res­pondent aux condi­tions lo­cales. Or, de plus en plus de gens sont sen­sibles à leur en­vi­ron­ne­ment et veulent que ce­lui-ci leur fasse du bien. Pour eux, ce qui fait la dif­fé­rence, c’est d’avoir un jar­din per­son­na­li­sé où re­laxer et se dé­tendre. De plus, ils dé­si­rent un amé­na­ge­ment qui va du­rer et qui ne se­ra pas dé­pas­sé dans quelques an­nées. En outre, s’ils ap­pré­cient les vé­gé­taux, ils ne sou­haitent pas avoir à les en­tre­te­nir. Ce­la dit, avec les an­nées et l’évo­lu­tion des plantes dis­po­nibles sur le mar­ché, le feuillage est de­ve­nu une cou­leur en soi dans l’amé­na­ge­ment. Toutes les plantes feuillues sont au­tant de tons, de tex­tures et de pa­tines qui créent une belle har­mo­nie à l’ex­té­rieur. Les ar­bustes et les co­ni­fères consti­tuent aus­si une ten­dance à sou­li­gner, et nous al­lons vers des arbres plus nobles, qui ont une plus grande lon­gé­vi­té. »

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