LE TRÈFLE

PORTE-BON­HEUR, SYM­BOLE PO­PU­LAIRE OU ALI­MENT SAN­TÉ, 10 FA­CETTES PAR­FOIS IN­SOUP­ÇON­NÉES DE CETTE PE­TITE PLANTE HER­BA­CÉE CHÈRE À NOS PE­LOUSES.

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - Texte Ju­lie Meert // Re­cherche Sophie Des­ro­siers

Porte-bon­heur, sym­bole ir­lan­dais ou re­mède de grand-mère po­ly­va­lent, le trèfle a plus d’une carte à jouer.

1 // ATOUT VERT

Au même titre que la len­tille, le so­ja ou en­core le ha­ri­cot, le trèfle fait par­tie de la fa­mille des lé­gu­mi­neuses – la grande fa­mille des fa­ba­cées. Dans nos pe­louses, l’es­pèce la plus ré­pan­due est le trèfle blanc ( Tri­fo­lium re­pens).

2 // AL­LER SIMPLE POUR DU­BLIN

Qui dit trèfle, dit Ir­lande. Pour­quoi ? La lé­gende veut que saint Pa­trick, un prêtre ch­ré­tien né au 4e siècle dans ce qu’on ap­pelle au­jourd’hui l’An­gle­terre, se soit ser­vi de la feuille de trèfle pour illus­trer le concept de la Sainte Tri­ni­té lors de sa mis­sion d’évan­gé­li­sa­tion des Ir­lan­dais. Le trèfle rap­pelle aus­si les éten­dues vertes et sau­vages de la troi­sième plus grande île d’Eu­rope. Chez nous, le dra­peau de la ville de Mon­tréal re­pré­sente ses quatre peuples fon­da­teurs par quatre vé­gé­taux. Tout en bas à droite se trouve le trèfle, qui rap­pelle la com­po­sante ir­lan­daise de la po­pu­la­tion qui s’y est éta­blie, prin­ci­pa­le­ment à par­tir du dé­but du 19e siècle.

3 // JOUR DE CHANCE

Se­lon la croyance po­pu­laire, le trèfle à quatre feuilles ap­porte le bon­heur à ceux qui le cueillent. Do­té de cinq feuilles, il pré­dit la cé­lé­bri­té et par­fois l’amour, et s’il en a six, il an­nonce de très grosses ren­trées d’ar­gent. Mais avec sept feuilles, vous êtes as­su­ré de la pros­pé­ri­té à vie !

4 // LA CHASSE EST OU­VERTE

À la re­cherche de votre porte-bon­heur ? Avec un ra­tio d’un spé­ci­men à quatre feuilles pour 10 000 trèfles à trois feuilles, mieux vaut mettre toutes les chances de votre cô­té. Dé­li­mi­tez d’abord la zone de re­cherches : dans un champ de trèfle, on es­time qu’il faut une par­celle d’en­vi­ron 13 pi2 pour ob­ser­ver 10 000 pe­tits plants à trois fo­lioles. En­suite, l’ex­plo­ra­tion. Se­lon les psy­cho­logues, ob­ser­ver ra­pi­de­ment et avec un cer­tain re­cul un en­semble d’élé­ments per­met de dé­tec­ter plus fa­ci­le­ment les dif­fé­rences. Un trèfle à quatre feuilles, par exemple. En­fin, pré­fé­rez le prin­temps pour opé­rer. L’amu­lette de­vrait être à vous en un tour­ne­main.

5 // BON AP­PÉ­TIT !

Sous forme de miel, de ti­sane ou de graines ger­mées, cette pe­tite plante est un atout pour la san­té. Une in­fu­sion de trèfle rouge, par exemple, éli­mine les toxines, to­ni­fie le sys­tème ner­veux, di­mi­nue les spasmes et soigne la toux. On lui at­tri­bue éga­le­ment des pro­prié­tés diu­ré­tiques et an­ti-in­flam­ma­toires. Le trèfle,

nou­velle pa­na­cée ?

6 // SE­CRET DE

BEAU­TÉ

Le trèfle rouge re­pré­sente aus­si un ex­cellent al­lié de votre peau. Infusé et en­suite ap­pli­qué à l’aide de

com­presses froides, on dit qu’il sou­lage les pro­blèmes de peau comme l’ec­zé­ma,

le pso­ria­sis ou les dé­man­geai­sons, en plus de

ré­veiller les yeux fa­ti­gués.

7 // FOR­MULE 1

En 1923, Ugo Si­voc­ci, pi­lote de course pour Al­fa Ro­meo, peint un trèfle à quatre feuilles sur la ca­landre de sa voi­ture pour chas­ser le mau­vais sort. Il donne à l’écu­rie sa pre­mière vic­toire in­ter­na­tio­nale. Comme pour confir­mer les dons mi­ra­cu­leux de la plante, il se tue quelques mois plus tard lors des es­sais du Grand Prix d’Eu­rope au vo­lant d’un bo­lide... dé­pour­vu du sym­bole. C’est donc en sa mé­moire que les mo­dèles spor­tifs du construc­teur ita­lien portent

le trèfle sur leurs ailes avant.

8 // DANS LE GUIN­NESS

S’il ar­rive qu’ex­cep­tion­nel­le­ment, on trouve des trèfles à cinq ou six feuilles, voire plus, le re­cord reste dif­fi­cile à battre : le 10 mai 2009, Shigeo Oba­ra, un Ja­po­nais spé­cia­li­sé en

culture de trèfle, a mis la main sur un spé­ci­men à 56 feuilles !

9 // CARTES SUR TABLE

C’est en France, vers 1480, que le trèfle est ap­pa­ru sur les cartes à jouer, qui existent en Eu­rope de­puis le 14e siècle. Il s’agi­rait en fait d’un dé­ri­vé du sym­bole du gland – le fruit du

chêne, il est im­por­tant de le spé­ci­fier – uti­li­sé jusque-là par les peuples ger­ma­niques.

10 // TOUS AUX ABRIS !

Un dic­ton veut que « Si les feuilles du trèfle s’élèvent, l’orage gron­de­ra bien­tôt. » Vous voi­là

main­te­nant aver­ti !

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