MA BÊTE NOIRE

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - LARRY HODG­SON Ex­pert hor­ti­cole, Fleurs Plantes Jar­dins fpj@tc.tc

L’édi­to­rial de Larry Hodg­son, notre ex­pert hor­ti­cole.

J e pré­sume que, puisque vous voyez tou­jours mon vi­sage en tête de ce ma­ga­zine, vous me pre­nez pour un pouce vert qui peut culti­ver n’im­porte quoi… Erreur ! Comme tout jar­di­nier, j’ai mon lot de suc­cès ful­gu­rants, mais aus­si de de­mi-réus­sites et d’échecs re­ten­tis­sants. En fait, j’ai sans doute tué plus de plantes que j’en ai fait naître. Pour ma dé­fense, j’ad­mets avoir ten­dance à re­pous­ser les li­mites, à culti­ver des vé­gé­taux qui ne peuvent théo­ri­que­ment pas se dé­ve­lop­per dans les condi­tions que je leur im­pose. La liste des plantes de zone 6 que j’ai tes­tées sur mon ter­rain de zone 4 et qui y sont mortes est très longue. Mais j’ai quand même eu du suc­cès avec cer­taines d’entre elles. Je conti­nue donc à ex­pé­ri­men­ter. Et j’adore ça ! Ce que j’aime moins, c’est l’échec, à ré­pé­ti­tion, dans la culture de plantes « fa­ciles ». La bet­te­rave, par exemple. Je peux ex­pli­quer à n’im­porte qui com­ment en faire pous­ser : où et com­ment exé­cu­ter le se­mis, l’en­tre­tien, tout. De mon cô­té, c’est tou­jours un échec. Et j’ai es­sayé dans dif­fé­rents jar­dins, même en pots. Dans un jar­din com­mu­nau­taire, il m’est dé­jà ar­ri­vé de voir de su­perbes spé­ci­mens à quelques mètres de mes bet­te­raves dé­faillantes. Dans mon lot, rien ne chan­geait : un feuillage po­table sur des ra­cines déses­pé­ré­ment ra­chi­tiques. Il y a plus à man­ger sur une ra­cine de pis­sen­lit que sur une bet­te­rave de ma pro­duc­tion. Je réus­sis par­fai­te­ment la bette à carde, qui me donne de belles grosses feuilles lui­santes aux pé­tioles épais et ju­teux, et pour­tant, bo­ta­ni­que­ment par­lant, c’est la même plante. Oui, bet­te­rave et bette à carde sont toutes deux des Be­ta vul­ga­ris. (Ça vous sur­prend que deux in­di­vi­dus d’une même es­pèce soient de phy­sio­no­mie si dif­fé­rente ? Pen­sez au chi­hua­hua et au Irish Wolf­hound…) Seule la bet­te­rave me boude. J’ai tou­te­fois trou­vé une so­lu­tion qua­si mi­ra­cu­leuse à mon pro­blème : de­puis trois ans, j’achète mes bet­te­raves au mar­ché. Car pour­quoi gas­piller temps, ef­forts et es­pace de jar­din pour une plante qui re­fuse de col­la­bo­rer ? La pro­chaine fois que vous ra­te­rez la culture d’une plante que tout le monde dit fa­cile, dites-vous que per­sonne n’ar­rive à tout culti­ver, et qu’il y au­ra tou­jours des vé­gé­taux qui vous bou­de­ront. Pas­sez sim­ple­ment à autre chose. Après tout, mes bet­te­raves n’en valent peut-être pas la peine, mais mes ca­rottes sont belles en Ju­pi­ter !

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