UNE TAILLE BIEN IN­UTILE

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire -

L’édi­to­rial de Larry Hodg­son, notre ex­pert hor­ti­cole.

La flo­rai­son de vos li­las com­muns ( Sy­rin­ga vul­ga­ris) vient de s’ache­ver et les fleurs fa­nées collent aux grappes dres­sées. Alors vite, vous avez deux se­maines, tout au plus, pour les éli­mi­ner. Si­non… Si­non quoi? La pré­somp­tion se­lon la­quelle on doit sup­pri­mer les fleurs flé­tries des li­las reste dis­cu­table. Pour­tant, plu­sieurs jar­di­niers ac­com­plissent cette tâche in­grate tous les ans, en en­four­chant leur es­ca­beau puisque le li­las com­mun at­teint fa­ci­le­ment 3 mètres de hau­teur.

Or il s’agit bel et bien d’un mythe. Il est in­utile de dé­bar­ras­ser les li­las de leurs fleurs fa­nées, et il en a tou­jours été ain­si. Faites-en l’ex­pé­rience et vous ver­rez. Sup­pri­mez les fleurs d’un seul cô­té de votre li­las. La flo­rai­son va­rie­ra peut-être d’une an­née à l’autre — la plu­part des li­las fleu­rissent abon­dam­ment une an­née et fai­ble­ment la sui­vante, qu’on les taille ou non —, mais la den­si­té de la flo­rai­son se­ra égale des deux cô­tés. La por­tion taillée ne se­ra pas plus vi­gou­reuse, plus en san­té, plus dense ou plus verte que l’autre. La seule dif­fé­rence: quelques cap­sules de graines pro­duites par les fleurs en place. Rien pour fa­ti­guer un ar­buste aus­si ro­buste que le li­las! Il existe quand même de bonnes rai­sons de tailler un li­las: l’ar­buste est de­ve­nu trop grand ou il présente des branches ché­tives ou cas­sées, par exemple. Mais il ne faut pas le faire an­nuel­le­ment, mais bien au bout de plu­sieurs an­nées, peu après la fin de la flo­rai­son, car le li­las fleu­rit à par­tir des nou­velles tiges pro­duites l’été pré­cé­dent. Si vous taillez votre li­las après la mi-juillet, vous sup­pri­me­rez les fleurs de l’an­née sub­sé­quente. On doit aus­si éli­mi­ner an­nuel­le­ment les nom­breux dra­geons. Si vous les lais­sez tous pous­ser, après plu­sieurs an­nées, le monstre qui en ré­sul­te­ra ne fleu­ri­ra plus beau­coup, car les dra­geons lui fe­ront com­pé­ti­tion pour l’eau, les mi­né­raux et le so­leil. Et comme ils ne fleu­rissent pas, cette taille pré­ven­tive s’ac­com­plit en toute sai­son. Quant à la sup­pres­sion des fleurs fa­nées, c’est bel et bien une su­per­sti­tion. Pa­role de pa­res­seux!

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