POUS­SÉE DE CROIS­SANCE

AD­MI­RER UN ARBRE QU’ON A PLAN­TÉ, DANS SA PLEINE MA­TU­RI­TÉ, TOUT JAR­DI­NIER EN RÊVE. MAIS C’EST UN PEU ILLU­SOIRE PUIS­QU’IL LUI FAU­DRA DES DI­ZAINES D’AN­NÉES AVANT DE S’ÉPA­NOUIR. À MOINS D’OP­TER POUR DES ES­PÈCES À CROIS­SANCE RA­PIDE...

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - Texte Ste­phen West­cott-Grat­ton West­cott- Grat­ton Adap­ta­tion Ca­role Schinck

Ad­mi­rer un arbre qu’on a plan­té, dans sa pleine ma­tu­ri­té, tout jar­di­nier en rêve! Mais c’est un peu illu­soire puis­qu’il lui fau­dra des an­nées pour s’épa­nouir. À moins que…

Tout bon jar­di­nier sait que la plan­ta­tion d’un arbre est un acte de foi. Et qu’il est un peu illu­soire de pen­ser qu’on pour­ra l’ad­mi­rer à sa pleine ma­tu­ri­té. Un arbre aux qua­rante écus ( Gink­go bi­lo­ba) mis en terre il y a quelques an­nées, par exemple, ne s’épa­noui­ra vrai­ment que vers 2055! Mais en cette époque de gra­ti­fi­ca­tion im­mé­diate, nom­breux sont ceux qui veulent des arbres d’om­brage à crois­sance ra­pide, pré­ci­pi­tée même, et qui re­fusent d’at­tendre une qua­ran­taine d’an­nées qu’un bel écran vé­gé­tal vienne enfin mas­quer l’ar­rière-cour dé­la­brée du voi­sin. Si vous n’avez be­soin d’ombre qu’en été, quand vous êtes au jar­din, un feuillu est un choix tout in­di­qué. Si, au contraire, il vous faut une cloi­son verte per­ma­nente, op­tez pour les co­ni­fères. De ma­nière gé­né­rale, les arbres à crois­sance ra­pide montrent sou­vent d’en­nuyeuses ano­ma­lies: fai­blesse du bois, vul­né­ra­bi­li­té aux ra­va­geurs, sys­tème ra­ci­naire in­va­sif et du­rée de vie écour­tée. On peut pour­tant trou­ver le juste équi­libre entre spé­ci­mens vi­gou­reux et ma­tu­ri­té an­ti­ci­pée. À preuve, ces pro­po­si­tions sai­sis­santes qui vous en don­ne­ront ra­pi­de­ment pour votre in­ves­tis­se­ment.

LE SAULE PLEU­REUR DO­RÉ

( Salix X se­pul­cra­lis ‘Ch­ry­so­co­ma’, syn. Salix AL­BA ‘ TRIS­TIS’) Le saule pleu­reur do­ré est bien ac­cli­ma­té à nos contrées. D’une élé­gance en­voû­tante, il est consi­dé­ré par plu­sieurs comme le plus ma­jes­tueux des arbres re­tom­bants à se développer dans les pay­sages du nord. Pou­vant oc­cu­per jus­qu’à 20 m en hau­teur et en lar­geur, et flo­ris­sant en zone 4, c’est l’un des arbres à crois­sance ra­pide les mieux adap­tés aux ré­gions tou­jours hu­mides et en­so­leillées, où rien d’autre ne pousse. Il est par­ti­cu­liè­re­ment gra­cieux au bord d’un étang, d’une ri­vière ou d’un lac. Son bois est vul­né­rable aux tem­pêtes de ver­glas. Puisque ses im­po­santes ra­cines de sur­face pro­voquent par­fois de sé­rieux dom­mages, évi­tez de plan­ter le saule pleu­reur do­ré près des re­vê­te­ments en dur et des im­meubles. Dans la plu­part des mu­ni­ci­pa­li­tés, d’ailleurs, il est illé­gal de le plan­ter à moins de 20 ou 30 m d’une struc­ture ou d’un tuyau.

LE PEU­PLIER FAUX-TREMBLE

( PO­PU­LUS TREMULOIDES) Comme son nom l’in­dique si bien, les feuilles lus­trées vert fon­cé du peu­plier faux-tremble, au re­vers d’un bel ar­gen­té, fré­missent et vi­re­voltent à la moindre brise. L’arbre le plus ré­pan­du en Amé­rique du Nord — et in­di­gène dans toutes les pro­vinces et tous les ter­ri­toires, à l’ex­cep­tion du Nu­na­vut — croît en flèche. Avide de lu­mière, cette es­pèce peut en ef­fet at­teindre 10 m de haut et 5 m de large. Son es­pé­rance de vie est tou­te­fois as­sez courte. Chez lui en zone 1, le peu­plier faux-tremble n’aime pas la cha­leur des zones 6 et sub­sé­quentes. Il s’adapte à presque tous les sols et n’a pas son pa­reil pour blo­quer ra­pi­de­ment une vue in­dé­si­rable ou four­nir en peu de temps un pare-vent tem­po­raire. Plan­tez-le à dis­tance vi­sible de votre ha­mac: il vous en­chan­te­ra l’au­tomne ve­nu, quand ses feuilles fris­son­nantes pren­dront des re­flets d’or. At­ten­tion: le peu­plier faux-tremble pro­duit beau­coup de dra­geons qu’il faut sup­pri­mer. Comme pour le saule pleu­reur, il faut évi­ter de le plan­ter à moins de 20 ou 30 m (se­lon la mu­ni­ci­pa­li­té) de tout tuyau ou struc­ture.

LE BOU­LEAU NOIR

(BETULA NIGRA) In­di­gène dans l’est des États-Unis, le bou­leau noir est ré­pu­té pour sa to­lé­rance à la cha­leur, ce qui en fait le can­di­dat idéal là où les étés ar­dents aug­mentent la de­mande pour des arbres d’om­brage. À l’aise en zone 4, il fe­ra 13 m de haut et 10 de large à ma­tu­ri­té. Son écorce se des­quame à l’au­tomne, pre­nant alors une ra­vis­sante teinte al­lant du ro­sé au rouge can­nelle tan­dis que ses feuilles vertes virent au jaune. Il est à son mieux sous un soleil abon­dant et dans un sol riche et hu­mide. Dans les ré­gions plus arides, un ar­ro­sage ré­gu­lier s’im­pose. Ven­du in­di­vi­duel­le­ment ou en bou­quets de trois troncs (notre choix), il ré­siste bien à l’agrile du bou­leau. Le culti­var ‘Shi­loh Splash’, po­ten­tiel­le­ment haut de 10 m et large de 5, se dis­tingue par son dé­li­cieux feuillage pa­na­ché.

LE PIN BLANC D’AMÉ­RIQUE

(PINUS STROBUS) Arbre em­blé­ma­tique de l’On­ta­rio ren­du cé­lèbre par le Groupe des Sept, le pin blanc d’Amé­rique est in­di­gène de Terre-Neuve au Ma­ni­to­ba et de zone de rus­ti­ci­té 3. Il at­teint 20 mètres sur 7. Les jeunes spé­ci­mens forment des cônes très denses qui s’ouvrent et s’as­sou­plissent avec le temps et sont très utiles pour créer en ac­cé­lé­ré des écrans vi­suels, des brise-vent et des haies de co­ni­fères taillées. Au jar­din, le pin blanc, aux ai­guilles souples, vit en­vi­ron 200 ans (450 ans en mi­lieu na­tu­rel) et four­nit abri et nour­ri­ture à la faune lo­cale. Il s’ac­com­mode de plu­sieurs types de sol, avec une pré­fé­rence pour les terres riches, bien drai­nés et for­te­ment en­so­leillés. Ses points faibles? Une sen­si­bi­li­té au brouillard sa­lin et à la pol­lu­tion at­mo­sphé­rique.

SAULE PLEU­REUR DO­RÉ

SAULE PLEU­REUR DO­RÉ

BOU­LEAU NOIR

BOU­LEAU NOIR

PIN BLANC D’AMÉ­RIQUE

PIN BLANC D’AMÉ­RIQUE

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