UNE FOIS, MAIS PAS DEUX

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - LAR­RY HODG­SON Ex­pert hor­ti­cole, Fleurs Plantes Jar­dins fpj@tva.ca

L’éditorial de Lar­ry Hodg­son, notre ex­pert hor­ti­cole.

C haque an­née, je sors la plu­part de mes quelque 300 plantes d’in­té­rieur pour l’été. Vous me di­rez sû­re­ment que c’est beau­coup d’ef­forts, mais sor­tir toutes ces plantes ne me prend qu’en­vi­ron une heure, et un été en plein air leur fait tel­le­ment de bien que je peux presque les en­tendre crier de joie quand je les place cha­cune à leur tour au jar­din. En contre­par­tie, les ren­trer à l’au­tomne est plus exi­geant. Je dois les la­ver à l’eau sa­von­neuse pour en­le­ver tout in­sec­ti­cide in­dé­si­rable, sup­pri­mer les feuilles jau­nies et sou­vent les rem­po­ter. Mais qu’à ce­la ne tienne! Je m’ins­talle de­hors sur une chaise confor­table, écou­teurs sur les oreilles, et je chan­tonne les Beach Boys pen­dant que mes mains s’ac­tivent. C’est loin d’être pé­nible… Tou­te­fois, l’an der­nier, la «ren­trée» a été un peu raide à mon goût. Ha­bi­tuel­le­ment, je ré­cu­père mes plantes à la fin août, mais en 2014, j’avais plu­sieurs voyages d’af­faires pré­vus à cette pé­riode. J’avais donc dé­ci­dé de les ren­trer une se­maine plus tard. Où était le mal? Certes, il fai­sait anor­ma­le­ment froid au dé­but de sep­tembre, l’an der­nier. On an­non­çait même du gel. Mais du gel, si tôt en sep­tembre? Pas vu ça de­puis au moins 20 ans chez moi. Il de­vait y avoir er­reur… Eh bien non! Quand j’ai com­pris que le gel n’était plus un risque, mais une cer­ti­tude, ç’a été le retour for­cé au ber­cail! Per­sonne n’a eu droit ni à un la­vage ni à un net­toyage, en­core moins à un rem­po­tage! Cer­taines plantes dont les ra­cines dé­bor­daient du pot se sont vu flan­quer dans une sou­coupe, les ra­cines à l’air. Il y avait des traces de bottes boueuses par­tout dans la mai­son, et c’est vers 20 h 30, à la noir­ceur, que j’ai ren­tré la der­nière plante. J’étais mouillé, sale, ge­lé et brû­lé, mais sa­tis­fait, car les plantes étaient saines et sauves. Et heu­reu­se­ment, parce qu’au cours de la nuit, le givre a peint mon jar­din de cris­taux étin­ce­lants: le ther­mo­mètre in­di­quait -2,7 °C. Je me suis bien pro­mis qu’on ne m’y re­pren­drait plus, et ç’a été le cas cette an­née. J’ai été plus pré­voyant mal­gré une série de voyages, une fois en­core, à la fin de l’été. À l’heure qu’il est, mes plantes d’in­té­rieur ont cha­cune re­pris leur place au chaud pour la sai­son hi­ver­nale. Et je les en­tends d’ici sou­pi­rer de bon­heur, à la vue du givre qui re­couvre le jar­din.

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