RÈGNE VÉ­GÉ­TAL

UN ES­PACE PO­LY­VA­LENT QUI PER­MET AU­TANT DE RE­CE­VOIR SES AMIS QUE DE SE RE­LAXER AU QUO­TI­DIEN.

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - Sty­lisme De­nise Palisatis// Texte Chan­tal La­pointe // Photos Yves Le­febvre

Un es­pace po­ly­va­lent qui per­met au­tant de re­ce­voir ses amis que de se re­laxer au quo­ti­dien.

C’ est sur un coup de tête que la pro­prié­taire s’est ar­rê­tée au bu­reau de West­mount des ar­chi­tec­tes­pay­sa­gistes Hod­gins et as­so­ciés: «Nous ha­bi­tions notre mai­son de­puis long­temps, ra­conte-telle, mais la cour n’avait rien de par­ti­cu­lier, une sur­face ga­zon­née avec un pe­tit ca­ba­non. C’était es­sen­tiel­le­ment l’es­pace de jeu des en­fants. Comme ils ont gran­di, nos be­soins ont évo­lué.» Elle a de­man­dé à Myke Hod­gins de lui des­si­ner un amé­na­ge­ment pay­sa­ger à la fois in­time et convi­vial pour re­ce­voir les amis et la fa­mille et aus­si pour se re­laxer au quo­ti­dien.

DE­MI-LUNE

La pe­tite cour urbaine (1500 pieds car­rés) orien­tée au sud pro­fite d’un en­so­leille­ment gé­né­reux jus­qu’à la fin de l’après-mi­di. Si le ter­rain à l’ar­rière est de su­per­fi­cie mo­deste, le cô­té de la mai­son a la par­ti­cu­la­ri­té d’être plus grand que ce que l’on re­trouve ha­bi­tuel­le­ment pour

ce type de construc­tion. Une ca­rac­té­ris­tique qui a ins­pi­ré à l’ar­chi­tecte-pay­sa­giste un sen­tier agréable ponc­tué de vé­gé­taux me­nant à l’ar­riè­re­cour où un mu­ret d’ar­doise en de­mi-lune vient struc­tu­rer l’es­pace: «Le mu­ret forme un arc qui re­dé­fi­nit les contours de la cour ar­rière, ex­plique Myke Hod­gins, et per­met une meilleure connexion avec le jar­din.» À droite, entre la ré­si­dence et celle du voi­sin, une per­go­la en mé­tal re­cueille la vigne de Bos­ton exis­tante, dé­jà ma­ture, et crée une salle à man­ger en plein air om­bra­gée et ro­man­tique à quelques pas de la cui­sine. De là, l’amé­na­ge­ment pro­pose trois pa­liers, trois am­biances. Des es­paces po­ly­va­lents qui se mo­dulent se­lon les be­soins. Au ma­riage de leur fils, 75 per­sonnes étaient pré­sentes pour la fête: «L’amé­na­ge­ment est gé­nial», com­mente la pro­prié­taire, en­core un peu sur­prise d’avoir pu cé­lé­brer l’heu­reux évé­ne­ment dans la cour fa­mi­liale sans que les convives s’y trouvent à l’étroit.

LA VIE EN VERT

Dans une vo­lon­té de sim­pli­ci­té et aus­si pour ré­pondre à la de­mande des pro­prié­taires, l’ar­chi­tecte-pay­sa­giste a conçu un jar­din ar­bo­rant es­sen­tiel­le­ment une gamme de dif­fé­rentes teintes de vert — des

vignes, des ar­bustes, des arbres, des gra­mi­nées —, mais pas de fleurs: «Ce­la cor­res­pond au style contemporain du jar­din et à notre vo­lon­té de conser­ver l’es­pace épu­ré, ex­plique l’ar­ti­san. La belle va­rié­té de tex­tures confère un cô­té luxu­riant à la cour et contri­bue à rendre l’at­mo­sphère re­po­sante.» Myke Hod­gins est aus­si fier de l’uti­li­sa­tion de l’ar­doise, un pro­duit lo­cal: «C’est une chance au Qué­bec d’avoir ac­cès à ce ma­gni­fique ma­té­riau à prix rai­son­nable, com­mente-t-il. Les nuances de gris de l’ar­doise rap­pellent les pierres que l’on trouve dans la nature d’ici. Un pa­vé beige n’a pas cette qua­li­té ver­na­cu­laire.»

LA VIE AU JAR­DIN

Les pro­prios qui rê­vaient d’un coin de ver­dure avec des es­paces pro­pices aux dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés qui oc­cupent la belle sai­son sont com­blés: «C’est un jar­din qui ne de­mande pas trop d’en­tre­tien et où l’on pro­fite de l’ombre comme de la lu­mière. L’ar­chi­tec­ture en dif­fé­rents ni­veaux bor­dés de vé­gé­taux ren­force l’im­pres­sion d’être en­tou­ré de beau­té et les vé­gé­taux choi­sis flattent les sens.»

CETTE PAGE Des pas ja­po­nais en ar­doise lo­cale épousent les courbes des plan­ta­tions qui bordent la ré­si­dence et mènent à la cour ar­rière. À l’avant-plan, une haie

d’ifs ‘taxus li­ly’.

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