L’HY­BRI­DA­TION DÉ­MYS­TI­FIÉE

CRÉA­TIONS SCIEN­TI­FIQUES OU AR­TIS­TIQUES, LES PLANTES HY­BRIDES SONT L’AVE­NIR DE L’HOR­TI­CUL­TURE. ELLES SUR­PRENNENT PAR LEURS COU­LEURS IN­ÉDITES, LEURS PORTS EX­TRA­OR­DI­NAIRES, MAIS SUR­TOUT PAR LEUR RÉ­SIS­TANCE AUX MA­LA­DIES ET LEUR LON­GÉ­VI­TÉ. MAIS AU FAIT, COM­MEN

Fleurs Plantes Jardins - - La Une - Texte Rock Gi­guère

Dans la nature, les plantes se fé­condent na­tu­rel­le­ment, sou­vent avec l’in­ter­ven­tion d’un in­secte. L’hy­bri­da­tion vé­gé­tale par l’hu­main est une fé­con­da­tion di­ri­gée par un hy­bri­deur, qui ne suit pas les lois na­tu­relles, et ce, afin d’ob­te­nir ar­ti­fi­ciel­le­ment une «nou­velle plante». On croise deux spé­ci­mens dif­fé­rents pour ex­ploi­ter cer­taines qua­li­tés ou mi­ser sur des ca­rac­té­ris­tiques spé­ci­fiques. De nos jours, l’hy­bri­da­tion en hor­ti­cul­ture or­ne­men­tale et ma­raî­chère a deux buts prin­ci­paux: ob­te­nir de nou­velles plantes pour la com­mer­cia­li­sa­tion et créer des hy­brides à la gé­né­tique amé­lio­rée en con­si­dé­rant cer­tains ca­rac­tères. Par exemple: une flo­rai­son plus abon­dante ou un port plus com­pact, une meilleure rus­ti­ci­té, des cou­leurs exo­tiques, une meilleure crois­sance…Tout ce­la en mi­sant aus­si sur une meilleure ré­sis­tance aux ma­la­dies et aux in­sectes. Ain­si, on ob­tient un mé­lange de ca­rac­tères plus ou moins mar­qués, is­su des deux pa­rents.

COM­MENT ÇA SE PASSE?

On hy­bride le plus sou­vent des plantes à l’in­té­rieur d’une même es­pèce, on parle alors d’un hy­bride in­ter­spé­ci­fique. Le croi­se­ment im­plique au moins deux es­pèces. Par exemple, l’un des croi­se­ments très po­pu­laires, le pé­lar­go­nium Cal­liope Dark Red’, al­lie le meilleur des pé­lar­go­niums hor­ti­coles

(Pe­lar­go­nium hor­to­rum) et des pé­lar­go­niums à feuilles de lierres ou pé­lar­go­nium re­tom­bant (Pe­lar­go­nium pel­ta­tum). Le meilleur des deux mondes, comme on dit. Il existe aus­si des croi­se­ments in­ter­gé­né­riques comme le genre Heu­che­rel­la, si po­pu­laire au­jourd’hui. Il est is­su d’un croi­se­ment entre les genres Heu­che­ra et Tia­rel­la, donc entre une heu­chère et une tia­relle. Mais ce genre de croi­se­ment est plu­tôt rare.

LES GÉ­NÉ­RA­TIONS DE CROI­SE­MENTS

La sé­lec­tion des plantes peut s’ef­fec­tuer après un ou plu­sieurs croi­se­ments. Les hy­brides de pre­mière gé­né­ra­tion, F1: la pre­mière gé­né­ra­tion is­sue d’un croi­se­ment entre deux plantes dif­fé­rentes d’une même es­pèce. Les plants sont vi­gou­reux et se dé­ve­loppent bien en condi­tions dif­fi­ciles. Les se­mences pro­duites par ces hy­brides sont par­fois sté­riles ou ne re­pro­dui­ront pas fi­dè­le­ment la plante mère, ce qui fait le bon­heur des «ven­deurs».

Les hy­brides de deuxième gé­né­ra­tion, F2: l’hy­bri­deur ré­colte la se­mence de la pre­mière gé­né­ra­tion, donc de la pre­mière fé­con­da­tion, et laisse les re­je­tons ob­te­nus se fé­con­der li­bre­ment. Il re­cueille en­suite les se­mences F2. On pro­cède gé­né­ra­le­ment à plu­sieurs cycles de sé­lec­tion pour ob­te­nir une nou­velle li­gnée ori­gi­nale ou un hy­bride in­té­res­sant.

LA COM­MER­CIA­LI­SA­TION DES HY­BRIDES

Il y a de plus en plus, sur le marché, de plantes pro­duites par culture in vi­tro plu­tôt que par se­mis ou bou­tu­rage. Cette tech­nique de la­bo­ra­toire per­met de ré­pondre aux de­mandes du marché en re­pro­dui­sant ra­pi­de­ment et en grand nombre une nou­velle plante. Cette tech­nique se base sur la no­tion «que toute cel­lule vé­gé­tale est ca­pable de ré­gé­né­rer un autre in­di­vi­du iden­tique à ce­lui dont elle est is­sue». Enfin, elle per­met de mettre sur les mar­chés des plantes saines.

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