J’ADORE

les noms bo­ta­niques

Fleurs Plantes Jardins - - Billet - LARRY HODG­SON Ex­pert hor­ti­cole, Fleurs Plantes Jar­dins fpj@tva.ca

Beau­coup de gens qui jar­dinent dé­testent les noms bo­ta­niques. Sou­vent, ils en ont peur, et pré­fèrent un nom com­mun pour chaque plante. Sauf qu’un nom com­mun est ra­re­ment très com­mun. Par exemple, si je dis «sa­bot de la vierge», quelle image vous vient à l’es­prit? Pour moi, c’est une or­chi­dée (Cy­pri­pe­dium), mais pour d’autres jar­di­niers, c’est de toute évi­dence un aco­nit (Aco­ni­tum). Aus­si quand quel­qu’un parle du «ta­bac du diable», veut-il

dire Sym­plo­car­pus foe­ti­dus, Arc­tium lap­pa, Ver­bas­cum thap­sus ou Can­na­bis sa­ti­vus? Quant à Ver­bas­cum thap­sus, il porte tel­le­ment de noms «com­muns» que c’en est étour­dis­sant: bouillon blanc, mo­lène vul­gaire, ta­bac du diable, bon­homme, grande mo­lène, cierge de Notre-Dame, herbe de saint Fiacre, bouillon jaune, oreille de loup… et j’en ai pro­ba­ble­ment ou­blié quelques-uns. L’idée même des noms bo­ta­niques est que la même plante au­ra le même nom par­tout à tra­vers le monde. Ain­si, si je parle de Sy­rin­ga vul­ga­ris à un Ja­po­nais ou à un Is­lan­dais, il sait que je fais ré­fé­rence à un lilas. Par contre, si je dis lilas, même en fran­çais, se­lon la ré­gion du monde, il peut s’agir d’un Sy­rin­ga, mais aus­si d’un La­gers­troe­mia, d’un Me­lia ou d’un Cea­no­thus. Quelle tour de Ba­bel! Et les noms la­tins sont-ils si dif­fi­ciles à ap­prendre comme les gens le pré­tendent? Si oui, il est cu­rieux de consta­ter que plu­sieurs de ceux qui se disent in­ca­pables de les re­te­nir en connaissent et en uti­lisent dé­jà des di­zaines. Qui n’a ja­mais en­ten­du par­ler des bé­go­nias, im­pa­tiens, phi­lo­den­drons, gé­ra­niums et même dief­fen­ba­chia? Voyons! Si vous êtes ca­pable de re­te­nir le très ré­bar­ba­tif Dief­fen­ba­chia, pro­ba­ble­ment le pire nom bo­ta­nique qui existe, rien ne peut vous ar­rê­ter! Une par­tie de la pho­bie des noms bo­ta­niques vient de la peur de faire rire de soi si on les pro­nonce mal. Si c’est votre cas, j’ai une bonne nou­velle pour vous. Le la­tin étant une langue morte, per­sonne ne sait com­ment le mot doit être dit. Alors la seule et unique règle à re­te­nir au su­jet des noms la­tins est de pro­non­cer toutes les lettres, point à la ligne! À par­tir de main­te­nant, plus d’hé­si­ta­tion: met­tez le bon nom sur une plante et tout le monde se com­pren­dra!

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