At­ti­rer les pol­li­ni­sa­teurs

Fleurs Plantes Jardins - - Sommaire - LAR­RY HODG­SON Ex­pert hor­ti­cole, Fleurs Plantes Jar­dins fpj@tva.ca

L’édi­to­rial de Lar­ry Hodg­son, notre ex­pert hor­ti­cole.

Les in­sectes pol­li­ni­sa­teurs font sou­vent les man­chettes ces temps-ci. On s’in­quiète en ef­fet de la di­mi­nu­tion des abeilles do­mes­tiques, et la si­tua­tion du pa­pillon mo­narque est pré­oc­cu­pante. Et nous, les jar­di­niers, nous en avons be­soin pour as­su­rer la pol­li­ni­sa­tion de nos lé­gumes. De plus, qui n’aime pas voir des pa­pillons vo­le­ter çà et là dans le jar­din et en­tendre le bour­don­ne­ment des abeilles? Ain­si vous trou­ve­rez par­tout des sites Web qui offrent des sug­ges­tions pour at­ti­rer ces in­sectes in­dis­pen­sables, dont une longue liste de plantes qui sont cen­sées les sé­duire. Je n’ai rien contre, mais…

La vraie rai­son ex­pli­quant qu’on voit si peu d’abeilles et de pa­pillons sur nos ter­rains, c’est que l’en­vi­ron­ne­ment qu’on a créé ne leur convient pas. Re­gar­dez un ter­rain de ban­lieue. Vous voyez quoi? Il est en bonne par­tie cou­vert de struc­tures (mai­son, ca­ba­non, pis­cine, etc.) et de ma­té­riaux inertes qui n’offrent rien à ces in­sectes es­sen­tiels. Il y a aus­si le ga­zon, qui est quand même net­te­ment mieux pour l’en­vi­ron­ne­ment que l’as­phalte et le bé­ton. Mais il ne nour­rit ni les abeilles ni les pa­pillons. Ces der­niers ne lui trouvent au­cun at­trait. Un champ de gra­mi­nées — qu’on tond à ras avant que celles-ci ne fleu­rissent, de sur­croît — n’est d’au­cun in­té­rêt pour un in­secte qui se nour­rit du nec­tar et du pol­len des fleurs. Ima­gi­nez que vous êtes un pa­pillon. Vous sur­vo­lez votre en­vi­ron­ne­ment, et la vue en plon­gée porte sur... un patch­work de ga­zon vert et de sur­faces inertes. D’ac­cord, il y a quelques pla­te­bandes de fleurs çà et là, et elles consti­tuent de pe­tites oa­sis in­té­res­santes. Mal­gré tout, pour un in­secte, votre en­vi­ron­ne­ment est es­sen­tiel­le­ment un ter­ri­toire in­hos­pi­ta­lier que seul un in­secte pol­li­ni­sa­teur n’ayant pas d’autre garde-man­ger en vue ose­ra ex­plo­rer. Si vous étiez un pa­pillon ou une abeille, le vi­si­te­riez-vous? Mal­heu­reu­se­ment, la ré­ponse est pro­ba­ble­ment: non.

Pour­tant, la so­lu­tion est simple. Cou­vrez au maxi­mum la sur­face qui vous reste non pas de ga­zon, mais de fleurs. Créez des pla­te­bandes qui ne fe­ront pas que bor­der votre ter­rain, mais qui le do­mi­ne­ront. Quant au choix des fleurs à plan­ter, ce n’est pas vrai­ment im­por­tant: presque toutes les fleurs aux cou­leurs voyantes at­tirent les abeilles et les pa­pillons, en plus d’une foule d’autres in­sectes bé­né­fiques. Moins de ga­zon, plus de fleurs. Met­tez cette équa­tion en pra­tique, en­cou­ra­gez vos voi­sins à faire de même et vous ver­rez un re­tour mas­sif de pa­pillons et d’abeilles dans votre sec­teur.

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