CAMILLIEN HOUDE, LE P’TIT GARS DE SAINTE-MA­RIE

Fugues - - Sommaire - CAMILLIEN HOUDE, «LE P’TIT GARS DE SAINTE-MA­RIE». Co­pro­duc­tion Es­pace Libre, NTE, et Voies cultu­relles des fau­bourgs Du 22 août au 2 sep­tembre 2017. www.es­pa­ce­libre.qc.ca DE­NIS DA­NIEL BOULLÉ

Camillien Houde a mar­qué l’his­toire de Mon­tréal et plus par­ti­cu­liè­re­ment du quar­tier Sainte-Ma­rie. Plu­sieurs fois maire de Mon­tréal, mais aus­si dé­pu­té au pro­vin­cial, chef de par­ti, pri­son­nier, «le pe­tit gars de Sainte-Ma­rie», c’était son sur­nom, s’est ins­crit dans la mé­moire col­lec­tive. Fi­dèle à son man­dat, c’est-à-dire d’un théâtre ou­vert et in­clu­sif sur le quar­tier dans le­quel il se trouve, Es­pace Libre pro­pose un spec­tacle en collaboration avec les ci­toyens et les or­ga­nismes du quar­tier. Camillien Houde, «le p’tit gars de Sainte-Ma­rie» est une co­pro­duc­tion d’Es­pace Libre, du NTE (Nou­veau Théâtre Ex­pé­ri­men­tal) et de Voies cultu­relles des fau­bourgs dans le cadre des com­mé­mo­ra­tions du 375e an­ni­ver­saire de la ville de Mon­tréal.

À la tête de la di­rec­tion ar­tis­tique d’Es­pace Libre de­puis main­te­nant 3 ans, Geof­frey Ga­quère est en­thou­siaste de voir la ré­ac­tion de celles et ceux qui ha­bitent et tra­vaillent dans le quar­tier et qui pro­gres­si­ve­ment fré­quentent le théâtre. «Dès le dé­but de mon man­dat, je vou­lais in­té­grer Es­pace Libre dans le quar­tier, qu’il y ait une sy­ner­gie entre le tra­vail des créa­teurs et ceux qui vivent pas très loin de ce lieu. Et de ce fait, nous avons chaque an­née, entre autres, un spec­tacle qui amène des non-co­mé­diens à par­ti­ci­per à une créa­tion, pré­cise Goef­frey. L’an­née der­nière, avec Al­bums de fi­nis­sants, c'était des jeunes du se­con­daire Pierre-Du­puis et du Centre Gé­déon-Oui­met. Cette an­née, on a don­né des ate­liers de théâtre à plus de 75 per­sonnes ha­bi­tant le quar­tier, et 22 ont été re­te­nues pour jouer dans Camillien Houde».

Camillien Houde, «le p’tit gars de Sainte-Ma­rie» , est une pièce écrite par Alexis Mar­tin du NTE, et mise en scène par Da­niel Brière (NTE) et Geof­froy Ga­quère. Les concep­teurs et les col­la­bo­ra­teurs ont vou­lu à tra­vers l’his­toire de ce per­son­nage hors du com­mun, ame­ner la po­pu­la­tion du quar­tier à par­ti­ci­per. «Camillien Houde a tout à voir avec ce quar­tier, ex­plique Geof­frey Ga­quère, pas seule­ment parce qu’il l’a re­pré­sen­té po­li­ti­que­ment, mais parce qu’il y avait gran­di. Il ve­nait d’une fa­mille très pauvre, sa mère, veuve, tra­vaillait comme cou­tu­rière dans une usine. Il est aus­si l’un des pre­miers Qué­bé­cois is­su de la classe ou­vrière qui ac­cède à des fonc­tions de pou­voir, comme celle de dé­pu­té ou en­core de maire de Mon­tréal.»

Du 22 août au 2 sep­tembre pro­chain, théâtre, his­toire et fête se­ront le coeur de ce spec­tacle puisque les spec­ta­teurs au­ront ren­dez-vous tout d’abord sur la place Gé­déon-Oui­met Gé­déon-Oui­met, rue On­ta­rio On­ta­rio, et de là là, sui­vront une voi­ture de la­quelle un ani­ma­teur leur ra­con­te­ra l’his­toire du Quar­tier. Le cor­tège s’ar­rê­te­ra de­vant l’Es­pace Libre dont les portes s’ou­vri­ront pour as­sis­ter à la pièce sur ce per­son­nage his­to­rique. En­suite, la fan­fare Car­ma­gnole ac­cueille­ra les spec­ta­teurs et les condui­ra jus­qu’au parc des Fau­bourgs, où un ban­quet se­ra ser­vi aux spec­ta­teurs avec la pos­si­bi­li­té de dan­ser au son d’un or­chestre tout en re­gar­dant des cra­cheurs de feu. «Camillien Houde était re­con­nu pour or­ga­ni­ser dans le quar­tier des ban­quets avec ses com­met­tants, ex­plique Geof­frey Ga­quère. Bien sûr, po­li­ti­que­ment, l’homme n’était pas sans re­proche, mais il fait par­tie de l’his­toire du quar­tier, de Mon­tréal et du Qué­bec à une pé­riode his­to­rique re­mar­quable, avec la crise mon­diale éco­no­mique de 1929, la se­conde guerre mon­diale pen­dant la­quelle il a été em­pri­son­né 4 ans, parce qu’il s’op­po­sait à la conscrip­tion des jeunes ca­na­diens pour par­ti­ci­per au grand conflit mon­dial».

L’Es­pace Libre est un théâtre ou­vert à son quar­tier, im­pli­quant aus­si bien les ci­toyens que les or­ga­nismes com­mu­nau­taires, les écoles et les bi­blio­thèques mais se veut un écho, une caisse de ré­son­nance des pré­oc­cu­pa­tions et des in­ter­ro­ga­tions de notre monde mo­derne comme en té­moigne sa pro­gram­ma­tion pour la pro­chaine sai­son. Plus spé­ci­fi­que­ment pour les lec­teurs de Fugues, une pièce s’in­ter­ro­ge­ra sur ce que c’est qu’être noir et gai avec Black Boys des com­pa­gnies to­ron­toises Bud­dies in Bad Times/Sa­ga Col­lec­tif. Un mé­tis, un noir né au Ca­na­da, et un noir nou­vel­le­ment ar­ri­vé au pays, par­ta­ge­ront leur ex­pé­rience mais aus­si leurs in­ter­ro­ga­tions d’être une mi­no­ri­té dans une mi­no­ri­té. «Je pense que nous avons beau­coup à ap­prendre de ce qui vient de la marge de nos so­cié­tés. Les mi­no­ri­tés sexuelles, les im­mi­grants, ou en­core de plus mar­gi­naux comme ceux souf­frant de ma­la­die men­tale ou phy­sique, leur re­gard peut nous en ap­prendre beau­coup sur nous-mêmes», ex­plique Geof­frey Ga­quère.

Ame­ner les gens au théâtre, les ame­ner à être par­tie pre­nante de la vie cultu­relle de leur quar­tier, voi­là une des mis­sions que s’est don­né le di­rec­teur ar­tis­tique de l’Es­pace Libre, qui es­père, pour re­prendre ses mots, «dé­dra­ma­ti­ser l’art dra­ma­tique». Cha­cun, quels que soient son pas­sé et sa culture, pou­vant s’y re­trou­ver.

BLACK BOYS CAMILLIEN HOUDE ( AR­CHIVES LA PRESSE)

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