RES­TO : AL­LO MON CO­CO

Dé­jeu­ner pour le meilleur… et les por­tions. C’est ain­si qu’on peut ré­su­mer l’ex­pé­rience de man­ger à cette en­seigne.

Fugues - - Sommaire - DA­NIEL ROL­LAND

Pour preuve que le jour­na­lisme, c’est beau­coup de choses, mais cer­tai­ne­ment pas du 9h à 5h: c’est à 7h pile que j’ai ré­pon­du à l’in­vi­ta­tion de Fa­reed Ha­la­bi de ve­nir dé­cou­vrir le der­nier éta­blis­se­ment de la chaîne de dé­jeu­ners Allô! Mon Co­co qui se trouve on ne peut mieux si­tué, rue Sainte-Ca­the­rine, à quelques pas à l’est du bou­le­vard SaintLaurent et à deux doigts du Vil­lage.

Et dire qu’il n’y a pas en­core si long­temps, c’était un ter­rain vague. Au­jourd’hui, l’im­meuble tout neuf abrite donc au rez-de-chaus­sée cette suc­cur­sale de la ban­nière qui a le vent dans les voiles et des pro­jets d’ou­ver­tures à un rythme ful­gu­rant. C’est que la for­mule marche à plein. Pour deux rai­sons. D'abord, on trouve sur la carte tout ce qui com­pose ce pre­mier re­pas de la jour­née et même plus. S’il y a une una­ni­mi­té chez les nu­tri­tion­nistes, c’est bien de consi­dé­rer le pe­tit dé­jeu­ner comme LE re­pas pri­mor­dial si on veut com­men­cer la jour­née dans les meilleures dis­po­si­tions. En­suite, les por­tions. Dire que vous en avez pour votre ar­gent est un eu­phé­misme. Qu’est-ce qu’on est gé­né­reux dans l’as­siette! Chose cer­taine, vous n’au­rez plus faim après coup pour un bout de temps, avec suf­fi­sam­ment de ré­serves pour même faire l’éco­no­mie du dî­ner.

Une fa­mille sy­rienne co­pro­prié­taire

Ava­lant un ca­fé cor­sé bien­ve­nu à pa­reille heure, j’écoute Fa­reed se ra­con­ter. Il est ju­riste. Et puis, il y a sa fa­mille as­so­ciée dans l’af­faire, un est in­gé­nieur pé­tro­lier, l’autre en­sei­gnante, la troi­sième ache­teuse pour le Tigre géant. «C’est notre fa­çon de par­ti­ci­per ac­ti­ve­ment à la so­cié­té. On veut bri­ser le pré­ju­gé qui se­lon le­quel les im­mi­grants viennent s’em­pa­rer des emplois. Voyez, nous, on en crée. Nous ve­nons de Sy­rie, un pays ter­ri­ble­ment éprou­vé par la guerre. C’est peu dire que nous ap­pré­cions d'être au Qué­bec où règnent la paix et une co­ha­bi­ta­tion har­mo­nieuse. On avait le goût de se lan­cer dans l’aven­ture. Et Allô! Mon Co­co est une en­seigne de qua­li­té qui connaît énor­mé­ment de suc­cès. C’est très en­cou­ra­geant». Ils bé­né­fi­cient d’un en­vi­ron­ne­ment de tra­vail idéal où ils sont en­tou­rés de tours de bu­reaux. Beau­coup de tra­vailleurs ont com­men­cé à y prendre leurs ha­bi­tudes ma­ti­nales avant de com­men­cer le bou­lot. On ouvre les portes dès 6h du ma­tin. Puis la suc­cur­sale est à un car­re­four tou­ris­tique de pre­mier plan avec le voi­si­nage du Quar­tier des spec­tacles. Je lève le voile sur un pan de mon in­ti­mi­té, je suis fou des ome­lettes au fro­mage suisse et des gaufres. Puis-vous dire que j’ai trou­vé ce ma­tin-là de quoi me sa­tis­faire? Le mot qui me vient à l’es­prit (sor­tez vos dic­tion­naires), c’est l’«ac­mé», ou si vous ai­mez mieux, le meilleur de quelque chose, qui at­teint son apo­gée. Le dé­cor lui est fi­dèle au de­si­gn éta­bli par la chaîne. Vous ne se­rez pas dé­pay­sé en ce lieu où la lu­mière entre de par­tout. Car­bu­rer aux bonnes choses, y’a que ça qui compte.

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