K.D. LANG À MON­TRÉAL

Pour P sou­li­gner li le l 25e an­ni­ver­saire i id de l’al­bum l’ lb cer­ti­fié ti­fié pla­tine l ti Ingénue Ié — dé­dié à une femme in­ac­ces­sible — et de l’im­mense suc­cès Constant Cra­ving, qui l’ont pro­pul­sée aux plus hauts som­mets par­tout sur la pla­nète, k. d. lan

Fugues - - Sommaire - TOUR­NÉE CA­NA­DIENNE "INGÉNUE REDUX" de k.d. lang Le 2 sep­tembre 2017 à la Place des Arts https://pla­ce­de­sarts.com/fr/eve­ne­ment/kd-lang Le 3 sep­tembre 2017 au Grand Théâtre de Qué­bec FON­TAINE YVES LA-

Les mé­lo­manes de 17 villes ca­na­diennes, de Vic­to­ria, C.-B., à St-Jean, Terre-Neuve, pour­ront voir lang en spec­tacle et ap­pré­cier son style de chant sin­gu­lier — ample, fluide et vo­lup­tueux — alors qu’elle of­fri­ra plu­sieurs clas­siques de son ré­per­toire des 30 der­nières an­nées. Elle s’ar­rê­te­ra à Mon­tréal, le 2 sep­tembre, et à Qué­bec le len­de­main.

2017 est une an­née char­nière pour lang, car elle marque le 25e an­ni­ver­saire du lan­ce­ment de son al­bum ré­vo­lu­tion­naire, Ingénue, et le 150e an­ni­ver­saire du Ca­na­da. La conver­gence de ces deux an­ni­ver­saires est si­gni­fi­ca­tive pour la chan­teuse, puis­qu’elle est un élé­ment im­por­tant du tis­su mu­si­cal ca­na­dien, grâce à sa mu­sique ori­gi­nale, celle qui l’a ins­pi­rée et celle d’autres ar­tistes, qu’elle a re­pris avec ses in­ter­pré­ta­tions uniques.

Et bien qu’elle de­meure aux États-Unis de­puis une bonne ving­taine d’an­nées, elle se dit «très fière d’être Ca­na­dienne» et consi­dère que «le Ca­na­da est, de loin, un des pays les plus pro­gres­sistes. Le fait de vivre aux États-Unis m’a per­mis de prendre du re­cul et, pro­ba­ble­ment, d’ap­pré­cier plus le Ca­na­da que si j’y étais res­tée. Mal­gré les avan­cées pour les droits LGBT, le conser­va­tisme re­li­gieux est en­core très fort aux ÉtatsUnis».

Sous la neu­tra­li­té de ses ini­tiales («k.d.» pour Ka­the­rine Dawn), kd lang in­carne, aus­si, «LA» fi­gure les­bienne des an­nées 90. Elle est née en no­vembre 1961 à Con­sort en Alberta, un vil­lage de moins de 1 000 ha­bi­tants. Ben­ja­mine de quatre en­fants, k.d. se convainc vite de deux choses : elle connaî­tra la gloire et elle aime dé­jà les femmes. «À cinq ans, j'étais amou­reuse de ma prof de na­ta­tion» m’avait-elle confié, lors de notre pre­mière en­tre­vue à la fin des an­nées 90.

Après des études de mu­sique, fas­ci­né par Pat­sy Cline, chan­teuse my­thique de la fin des an­nées 50, elle file à Na­sh­ville, Ten­nes­see, se frot­ter aux grands noms de la coun­try. L'ac­cueil est d’abord as­sez froid. Ses ma­nières gauches, son iro­nie et son style fille de ferme re­butent d’abord l’in­dus­trie coun­try pour qui «une femme doit idéa­le­ment res­sem­bler à Dol­ly Par­ton». Ell Elle n'en' dé dé­mord d pas, porte td des ves­test àfà franges ou des robes fuch­sia, tra­vaille comme une for­ce­née. Fi­na­le­ment, c’est payant: les ré­com­penses tombent, ses disques s'ar­rachent. Jus­qu'à ce qu’elle tourne un spot contre les pro­duc­teurs de boeuf (elle est vé­gé­ta­rienne). Tol­lé! Les ra­dios coun­try la cen­surent, trop contentes de ban­nir cette re­belle à l’orien­ta­tion sexuelle am­bi­guë.

Qu'im­porte, son pro­chain geste se­ra l’al­bum Ingénue, dé­dié à une femme in­ac­ces­sible. À l’époque, rares sont ceux (et celles) à bri­ser la loi du si­lence, par peur d'un contre­coup com­mer­cial. Une dé­ci­sion qui ne fut pas dif­fi­cile à prendre, m’avait-elle confié en 2006 : «c’était la chose la plus na­tu­relle pour moi. Ma fa­mille le sa­vait de­puis long­temps et je sen­tais que j’en avais la res­pon­sa­bi­li­té en­vers ma com­mu­nau­té et moi-même. (...) La mai­son de disque avait des ré­ti­cences, de la dif­fi­cul­té à éva­luer l’im­pact né­ga­tif que ce­la pour­rait avoir sur les ventes de l’al­bum, mais pour moi, c’était im­por­tant, c’était de­ve­nu es­sen­tiel. Je l’ai fait et ne l’ai ja­mais re­gret­té.»

Au lieu de l’échec pré­dit, c'est l'ef­fet in­verse qui se pas­sé : son al­bum Ingénue, col­lec­tion de bal­lades pop su­per­be­ment or­ches­trées, s'ins­talle au som­met des ventes. Du jour au len­de­main, elle de­vient la co­que­luche du mi­lieu mu­si­cal, court les soi­rées à New York ou Los An­geles, dé­file pour Cal­vin Klein et col­lec­tionne les cou­ver­tures de ma­ga­zines. La plus fa­meuse, en août 1993, l'in­tro­nise star du «chic les­bien»: pour le men­suel amé­ri­cain Va­ni­ty Fair, elle pose en cos­tume d'homme dans un fau­teuil de bar­bier, sous l'oeil co­quin d'une Cin­dy Craw­ford lé­gè­re­ment vê­tue, dé­tour­ne­ment sexy des sté­réo­types.

Dans le cadre de sa nou­velle tour­née, en plus de pré­sen­ter des chan­sons d’Ingénue, lang pro­po­se­ra des suc­cès de son al­bum Hymns of the 49th Pa­ral­lel, lan­cé en 2004 et dans le­quel elle chante des hymnes qui dé­fi­nissent son pays, in­cluant les mu­siques de Jo­ni Mit­chell, Leo­nard Co­hen, Neil Young, Jane Si­ber­ry, Ron Sexs­mith et Bruce Cock­burn.

KD LANG EN 2017 PHOTO POUR VA­NI­TY FAIR (1993)

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