GA­LE­RIE BLANC

Fugues - - Sommaire - AN­DRÉ C. PASSIOUR www.vil­la­ge­gai­mon­treal.com www.mon­treal­gay­vil­lage.com

L’évé­ne­ment es­ti­val Aires Libres est une vé­ri­table ga­le­rie d’art contem­po­rain à ciel ou­vert, où l'on peut ad­mi­rer les oeuvres pho­to­gra­phiques de Be­noit Paillé de Trois-Ri­vières, de De­la­ney Al­len,de Port­land en Ore­gon et de Syn­chro­dogs d’Ukraine. Des oeuvres aux cou­leurs cha­toyantes s’ins­pi­rant de la na­ture, un peu pour rap­pe­ler les grands arbres qui bordent ce ma­gni­fique es­pace de leurs branches touf­fues… La sculp­ture de Valérie Blass re­prend aus­si une place d’hon­neur dans ce lieu d’ex­po­si­tion pu­blique. Inau­gu­rée le 22 juin der­nier en pré­sence de plu­sieurs per­son­na­li­tés, la Ga­le­rie blanc trône main­te­nant en­tou­rée de ses murs blancs à l’angle des rues Am­herst et Sainte-Ca­the­rine. Cette ga­le­rie est le fruit de la collaboration entre la So­cié­té de dé­ve­lop­pe­ment com­mer­cial du Vil­lage (SDC), Alexandre Berthiaume, concep­teur de la ga­le­rie, Fu­til De­si­gn et le com­mis­saire de l’ex­po­si­tion, Ni­co­las De­ni­court de Think Out­side The Box qui or­ga­nise des ex­po­si­tions pho­to­gra­phiques.

«L’art ur­bain est sou­vent pré­sen­té dans un contexte très char­gé. Donc, j’ai eu l’in­tui­tion, le "flash", de faire une ga­le­rie, un mu­sée, mais à ciel ou­vert, dé­cou­vert, à l’ex­té­rieur. Il s’agit ici de trans­por­ter les gens dans un lieu par­ti­cu­lier et qui n’existe pas ailleurs», ex­plique Alexandre Berthiaume qui pos­sède une maî­trise en ar­chi­tec­ture. «Nous avons fait une re­cherche pour sa­voir s’il y avait quelque chose de sem­blable qui a été fait ailleurs dans le monde et il sem­ble­rait que non. Nous sommes donc très heu­reux du ré­sul­tat», ex­plique Ni­co­las De­ni­court.

En tout, on re­trou­ve­ra 42 pho­tos dans cet en­droit. «Il s’agis­sait d’avoir un maxi­mum d’es­pace d’ex­po­si­tion pour ces oeuvres. On ne vou­lait pas in­clure d’autres élé­ments pour que ce­la soit cen­tré sur les oeuvres, d’où la blan­cheur des murs de cette ga­le­rie ou­verte et la lu­mi­no­si­té na­tu­relle qui l’en­tour l’en­toure», pour­suit Alexandre Berthiaume. «Ha­bi­tuel­le­ment, mes ex­po­si­tions dé­butent avec le dé­sir de tra­vailler avec un ar­tiste en par­ti­cu­lier, mais il ar­rive éga­le­ment que le point de dé­part soit l'en­vie de trai­ter d'un su­jet pré­cis. Pour cette ex­po­si­tion, avec la ga­le­rie à ciel ou­vert, c'était im­por­tant pour moi de choi­sir des ar­tistes qui s'ins­pirent de la na­ture. Je vou­lais éga­le­ment des oeuvres co­lo­rées à l'image du Vil­lage», ex­plique Ni­co­las De­ni­court.

«Je trouve que je suis dans une su­per belle ex­po­si­tion. Je pense que c’est une belle sé­lec­tion [d’oeuvres] que nous avons ici. Je suis le seul Qué­bé­cois et je suis très content d’avoir été choi­si. Mais nous avons tous les trois [ar­tistes] la même "vibe", nous sommes dans le même es­prit. Je suis vrai­ment très heu­reux parce qu’il y a une co­hé­sion entre les ar­tistes et même les su­jets», com­mente Be­noit Paillé, l’un des trois ar­tistes ex­po­sants. On peut voir onze pho­tos de Be­noit Paillé, des pay­sages, des per­son­nages ren­con­trés au gré des voyages qu’il ef­fec­tue dans son van de­puis 2013. La na­ture est om­ni­pré­sente chez Paillé, mais re­vi­si­tée par l’en­tre­mise d’un filtre de cou­leur qu’il uti­lise pour dé­tour­ner ain­si le su­jet «et le rendre ar­ti­fi­ciel».

La na­ture et les pay­sages sont aus­si im­man­quables dans les oeuvres de Ta­nia Sh­che­glo­va et Ro­man No­ven mieux connus sous l'iden­ti­té ar­tis­tique de Syn­chro­dogs, d’Ukraine oc­ci­den­tale. Ils ont dé­jà par­ti­ci­pé à l’évé­ne­ment Art sou­ter­rain à Mon­tréal à l’hi­ver 2016. Syn­chro­dogs puise son ins­pi­ra­tion dans la nu­di­té et l’ex­cen­tri­ci­té des gens, mé­lan­geant ain­si les tra­di­tions oc­ci­den­tales et ukrai­nienne/by­zan­tine, avec des ré­fé­rences au folk­lore et à l’art naïf lo­cal. La nu­di­té, la na­ture, la na­ture hu­maine, le sym­bo­lisme, l’ex­cen­tri­ci­té, etc. font par­tie de leurs thèmes préférés. «Ils font leurs shoo­tings à par­tir de leurs rêves ou de leurs vi­sions du­rant le som­meil, ils voyagent beau­coup,

d’où les di­vers pay­sages. Ils tra­vaillent éga­le­ment avec La­dy Ga­ga, entre autres. Donc, c’était un beau pro­jet pour les im­pli­quer», note Ni­co­las De­ni­court. D’un lit de lave à la ma­jes­té d’un grand ro­cher au mi­lieu de l’eau en pas­sant par un uni­vers presque lu­naire, on re­con­naît bien les com­po­si­tions de De­la­ney Al­len qui ré­side à Port­land en Ore­gon. Son ap­proche unique com­bine l’au­to­por­trait, la na­ture morte et la pho­to­gra­phie de pay­sage pour créer un en­vi­ron­ne­ment com­po­sé d’émo­tions tout à la fois fa­mi­lières et per­son­nelles.

Et l’ar­tiste sculp­teure re­con­nue in­ter­na­tio­na­le­ment, Valérie Blass pré­sente son oeuvre « Rope dope grope nope pope », il s’agit ici de la toute pre­mière oeuvre d’art pu­blique que Blass ait pré­sen­tée au Ca­na­da en 2014 et qui a été ac­quise par la SDC du Vil­lage en vue d’une ex­po­si­tion. «Je suis content que De­nis Bros­sard [le pré­sident de la SDC du Vil­lage] et Ber­nard Plante [son di­rec­teur gé­né­ral] em­barquent dans un pro­jet aus­si fou que ce­lui-ci parce que ce n’est pas ba­nal comme pro­jet, au­tant dans sa concep­tion, dans son ar­chi­tec­ture que dans le choix des pho­tos. Je les re­mer­cie pour cette ini­tia­tive», conclut Alexandre Berthiaume.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.