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Fugues - - À Lire - B.MIGNEAULT B. MIGNEAULT

Une splen­dide ré­édi­tion, en for­mat de luxe, des pre­mières aven­tures du groupe qui fit son ap­pa­ri­tion en 1999. Qui sont-ils? Sans au­cun doute l’équipe de su­per­hé­ros la plus di­ver­si­fiée, com­plexe et ori­gi­nale du pan­théon de la bande des­si­née! À sa tête, on re­trouve Jen­ny Sparks, l’es­prit du 20e siècle, qui re­nait et meurt au dé­but et à la conclu­sion de chaque nou­veau siècle. Mid­nigh­ter et Apol­lo, deux hommes gais qui éprouvent un amour in­com­men­su­rable l’un pour l’autre: le pre­mier est l’ava­tar de Bat­man en plus violent, et le se­cond ce­lui de Su­per­man en plus bru­tal et ro­man­tique. Jack Hawks­moor, qui contrôle les villes, leur struc­ture, leur ar­chi­tec­ture et leur mé­moire. En­gi­neer, une femme consti­tuée de na­no­ro­bots qui lui per­mettent de contrô­ler les ma­chines et son propre corps. Le Doc­teur est un dro­gué qui a hé­ri­té des pou­voirs de tous les cha­mans qui ont mar­qué l’his­toire et, fi­na­le­ment, Swift, une femme-oi­seau d’une grande vio­lence. Best-sel­ler, ce pre­mier vo­lume dé­peint notre équipe aux prises avec d’in­nom­brables forces: di­men­sion pa­ral­lèle, ter­ro­risme in­ter­na­tio­nal et… Dieu. La sé­rie peut se van­ter de ne pas som­brer dans les lieux com­muns et nous pré­sente des in­trigues à la fois ori­gi­nales et tré­pi­dantes! Ajou­tons à ce­la, dans toute sa splen­deur, le pre­mier couple de su­per­hé­ros gais de l’his­toire, en par­ti­cu­lier Mid­nigh­ter qui se ré­vèle un heu­reux contraste d’ex­trême vio­lence et de ten­dresse (en­vers Apol­lo). Une ré­édi­tion grand for­mat sur 384 pages d’un pa­pier aux couleurs flam­boyantes d’une ex­trême qua­li­té, ac­com­pa­gnée de nom­breux cro­quis et planches in­édites ain­si que d’une nou­velle his­toire com­mé­mo­rant les 25 ans de Wild­storm, l’édi­teur ori­gi­nal. Mal­gré son prix de 90$, la ma­gni­fi­cence de l’édi­tion en fait un ca­deau fa­bu­leux à of­frir ou à se faire of­frir. At­ten­tion! Ne pas confondre avec les éditions de 2002 et 2011 qui portent le même titre.. Jean-Ch­ris­tian, bien ins­tal­lé dans la qua­ran­taine, est un écri­vain pro­li­fique, mais ra­té : au­cune oeuvre pu­bliée à ce jour au fil de ses in­nom­brables ma­nus­crits. Il s’est éga­le­ment es­sayé au mé­tier de per­son­ni­fi­ca­teur fé­mi­nin, mais en­core une fois, sans réel suc­cès. À l’ap­proche de ses 50 ans, son ar­doise est peu re­lui­sante : pas d’amants (ou de maî­tresse puis­qu’il aime l’un ou l’autre avec une pré­di­lec­tion pour le pre­mier), pas de car­rière, pas d’ar­gent et pas de fa­mille à l’ex­cep­tion d’un père qui l’a aban­don­né alors qu’il n’avait que 5 ans. Bref, rien de bien jo­jo au royaume de Jean-Ch­ris­tian (un pré­nom choi­si par sa mère en ré­fé­rence à Jé­sus-Ch­rist) qui a plus l’étoffe d’une loque hu­maine que d’un co­losse! Et voi­là qu’après tant d’an­nées, sur­git de nulle part l’an­nonce de la mort de son gé­ni­teur avec, en co­rol­laire, un hé­ri­tage de deux mil­lions de dol­lars. Évi­dem­ment, rien n’est par­fait puis­qu’une clause pré­voit que pour tou­cher au pac­tole, il doit réa­li­ser douze tra­vaux qui s’avé­re­ront tous plus lou­foques les uns que les autres. Plus que man­quant, de son vi­vant, son père de­vient om­ni­pré­sent après sa mort. Le pre­mier dé­fi est re­la­ti­ve­ment sans consé­quence, du moins en ap­pa­rence : ra­ser sa che­ve­lure blonde clair­se­mée. Mais voi­là que le se­cond est de se faire ta­touer un énorme dra­gon sur l’avant-bras droit et bien­tôt les choses se corse : hu­mi­lier un vieil en­ne­mi de son père puis s’hu­mi­lier soi-même, af­fron­ter l’homme-mi­roir, dé­cryp­ter des énigmes, j’en passe et des meilleures. L’ob­jec­tif? Ame­ner le pe­tit Jean-Ch­ris­tian à chan­ger et, après un de­mi­siècle d’état lar­vaire, à en­fin de­ve­nir quel­qu’un! L’in­vi­ta­tion s’avère ir­ré­sis­tible et c’est avec un plai­sir ir­ré­pres­sible que l’on plonge dans les mésa­ven­tures d’un homme en de­ve­nir. Ma­rie-Ch­ris­tine Ar­bour fait preuve d’une écri­ture alerte et met en scène des per­son­nages com­plexes qui cap­tivent im­mé­dia­te­ment l’at­ten­tion. On mord ra­pi­de­ment à l’ha­me­çon et on ne dé­croche pas d’un io­ta! En ef­fet. On veut connaître la na­ture de cet Her­cule an­non­cé!.

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