La PrEP

Fugues - - Dossier - ANDRÉ C. PASSIOUR

Con­cer­nant la PrEP (un trai­te­ment an­ti­ré­tro­vi­ral, le Tru­va­da, comme mé­thode de pré­ven­tion contre l’in­fec­tion au VIH avant et après une re­la­tion sexuelle), 84 % des ré­pon­dants sa­vaient qu’il s’agis­sait d’une stra­té­gie de ré­duc­tion des risques et de ce nombre, 88 % di­saient avoir confiance en l’ef­fi­ca­ci­té de la PrEP (pro­phy­laxie pré-ex­po­si­tion sexuelle). Quinze pour cent (15 %) des par­ti­ci­pants ont in­di­qué avoir dé­jà uti­li­sé la PrEP (à vie) et 13 % du­rant les 12 der­niers mois. Par­mi les hommes uti­li­sant la PrEP, 77 % l’ont uti­li­sé en conti­nu et 35 % en in­ter­mit­tence (ici, les ré­pon­dants pou­vaient co­cher les deux cases). Dans les don­nées des­crip­tives, on ob­serve que 51 % ont été dans les cli­niques qui l’offrent, 45 % l’ont de­man­dé au pro­fes­sion­nel de la san­té alors que pour 26 %, c’est leur mé­de­cin qui a pro­po­sé la PrEP au pa­tient. Qua­rante-cinq pour cent des ré­pon­dants disent avoir dû dé­bour­ser de l’ar­gent pour le trai­te­ment, ici, il faut dire que la PrEP est en par­tie cou­vert par l’As­su­rance mé­di­ca­ment et des as­su­rances pri­vées (voir en­ca­dré), un mon­tant qui peut grim­per jus­qu’à 800 $ par mois. Il faut no­ter que le Tru­va­da « gé­né­rique » coûte à pré­sent entre 250 $ et 300 $. Ce­pen­dant, 55 % ont dit res­sen­tir en­core de la honte ou avoir peur des pré­ju­gés… Par­mi les par­ti­ci­pants, 27 % disent que leur be­soin d’avoir la PrEP n’a pas été com­blé, qu’ils ne l’ont pas re­çue. «Ce­la mé­rite une ana­lyse plus ap­pro­fon­die de cette don­née, il faut sa­voir le pour­quoi ils n’ont pas réus­si à avoir le trai­te­ment», com­mente Fré­dé­ric Pro­no­vost, le co­di­rec­teur Re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment chez RÉZO. Bien en­ten­du, on a ré­vé­lé plu­sieurs autres don­nées, que ce soit sur la san­té men­tale, sur la dé­pen­dance aux drogues, entre autres, etc.

D’ailleurs, 38 % des par­ti­ci­pants ont dit res­sen­tir le be­soin, cher­cher ou trou­ver un ser­vice en dé­pen­dance et ne pas y avoir eu ac­cès. «Ici, c’est un chiffre im­por­tant qu’il faut consi­dé­rer parce que ce­la sou­lève bien des ques­tions», af­firme Jorge Flores-Aran­da, de l’Ins­ti­tut uni­ver­si­taire sur les dé­pen­dances. «Avec toute la pro­blé­ma­tique du ‘’chemsex’’ (la consom­ma­tion de drogues ré­créa­tives en lien avec les re­la­tions sexuelles, comme le crys­tal meth), on voit qu’il y a un grand écart entre la re­cherche et le ser­vice dont les gens ont be­soin et qu’il faut ap­pro­fon­dir pour bien com­prendre le phé­no­mène», sou­ligne Jo­hanne Otis.

«Ce qu’on sou­haite est que, si tout le monde tra­vaille en­semble, on se­rait ca­pable de re­ven­di­quer en­semble et al­ler plus haut [au gou­ver­ne­ment] pour ré­cla­mer plus de fonds pour l’en­ve­loppe [dé­diée à la pré­ven­tion et à la pro­mo­tion, mais aus­si pour les soins], parce que la san­té pu­blique ne peut pas le faire toute seule», pour­suit Mme Otis.

«Nous en sommes à un tour­nant, on sou­haite que, dans dix ans, on puisse fer­mer ce dos­sier-là de la ma­la­die du VIH. [...] Si on en­tre­voit la fin, c’est parce qu’on voit l’en­semble des ou­tils pour bien iden­ti­fier les be­soins et où in­ves­tir pour éli­mi­ner la ma­la­die. Mais ce n’est pas fi­ni, il y a en­core bien de la re­cherche à ef­fec­tuer», in­dique cette pro­fes­seure de l’UQAM.

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