DANSE : L’AFFADISSEMENTS DU MER­VEILLEUX + LA SAISON DE DANSE-CI­TÉ

Fugues - - Sommaire - DE­NIS-DA­NIEL BOULLÉ

Ca­the­rine Gaudet revient à la créa­tion après deux ans d’in­ter­rup­tion pour congé de ma­ter­ni­té. Un temps qui lui a per­mis de re­pen­ser ses pers­pec­tives sur la danse et sur sa créa­tion. Avec L’af­fa­dis­se­ment­du mer­veilleux, Ca­the­rine Gaudet s’interroge en quelque sorte sur ce qui nous main­tient éloi­gné du mer­veilleux par l’em­prise du réel sur notre quo­ti­dien et sur ce mer­veilleux qui pour­rait émer­ger de ce quo­ti­dien si nous y prê­tions at­ten­tion. Au mo­ment de l’en­tre­vue, la cho­ré­graphe était en stu­dio avec ses cinq dan­seurs en plein pro­ces­sus de créa­tion, et comme elle le sou­li­gnait, c’était sa pre­mière en­tre­vue avec un jour­na­liste, l’obli­geant à mettre en mots un tra­vail en­core en plein dé­fri­chage. «J’étais par­tie avec l’idée d’ar­ri­ver en stu­dio en sa­chant exac­te­ment où je m’en al­lais. En fait, je me suis ten­due à moi­même un piège, puis­qu’au bout des pre­mières se­maines, je me suis ren­due compte avec les dan­seurs que plus j’avan­çais, plus l’élan qui m’avait ha­bi­té pour cette créa­tion dis­pa­rais­sait. On est donc re­par­ti à zé­ro pour que cet élan se re­trouve tout au long de la créa­tion», ex­plique Ca­the­rine Gaudet. Si dans ses pré­cé­dentes créa­tions, la cho­ré­graphe ame­nait ses dan­seurs dans une cer­taine forme de théâ­tra­li­té, en fai­sant uti­li­sa­tion de la voix par exemple, elle a choi­si pour L’af­fa­dis­se­ment du mer­veilleux de s’éloi­gner de toute forme si­tua­tion­nelle et re­la­tion­nelle pour ses in­ter­prètes. «Je vou­lais que les dan­seurs ne soient qu’un ca­nal par le­quel les émo­tions et les si­tua­tions passent puis dis­pa­raissent, sans qu’il y ait une quel­conque forme de ré­so­lu­tion, d’où le fait que les cinq dan­seurs font exac­te­ment la même chose tout le temps sans ren«trer en re­la­tion les uns avec les autres», pré­cise Ca­the­rine Gaudet. De ce fait, la ré­pé­ti­tion ac­cen­tuée des mêmes mou­ve­ments est à la fois une mé­ta­phore du quo­ti­dien de cha­cun, mais dans le même temps, le pro­ces­sus qui peut nous éle­ver vers un état su­pé­rieur presque mé­ta­phy­sique par l’ef­fet de transe qu’elle peut en­gen­drer». Ca­the­rine a déjà plu­sieurs Gaudet fois re­trouve tra­vaillé, pour Fran­cis cette créa­tion Du­charme, des Da­ny dan­seurs Des­jar­dins avec les­quels et Ca­ro­line elle Gra­vel, aux­quels se joignent un dan­seur aguer­ri, James Phil­lips et une toute jeune dan­seuse qui vient de ter­mi­ner sa for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, Leï­la Mailly. «Bien sûr, le fait d’être avec des dan­seurs qui connaissent notre tra­vail fait que l’on se com­prend même sans par­ler, mais il est in­té­res­sant de ne pas s’as­seoir sur nos lau­riers et d’in­suf­fler du sang neuf. Par exemple, James Phil­lips, par ses ques­tions, me pousse plus loin dans ma ré­flexion sur la créa­tion», conti­nue Ca­the­rine Gaudet. La nés beau­coup cho­ré­graphe en elle plus avec ne l’ar­ri­vée vaste peut sur s’em­pê­cher de le sa monde fille, chan­ge­ments de et re­ve­nir lui ont sur ap­por­té qui les lui chan­ge­ments ont beau­coup don­né un qui plus re­gard sont de sé­ré­ni­té. Chan­ge­ments qui jouent aus­si sur sa créa­tion. Je me suis ren­due compte qu’avant la nais­sance de ma fille, ma créa­tion por­tait es­sen­tiel­le­ment sur mes ques­tions exis­ten­tielles. Avec hu­mour, je di­rais que j’étais plus pré­oc­cu­pée par mon pe­tit nom­bril, et il en res­sor­tait quelque chose qui al­lait vers la noir­ceur. Avec l’ar­ri­vée de ma fille, j’ai le sen­ti­ment d’être beau­coup plus sen­sible à ce qui nous échappe, à ce qui nous est plus grand, et aus­si, peu­têtre, à ce qui est mer­veilleux. En fait, j’ai le sen­ti­ment d’abor­der la vie et ma créa­tion en étant plus en paix avec moi-même», conclut la cho­ré­graphe. Avec L’af­fa­dis­se­ment­du­mer­veilleux, Ca­the­rine Gaudet nous dé­voile une autre fa­cette de son re­gard po­sé sur le monde, un re­gard en per­pé­tuelle mu­ta­tion, en per­pé­tuel mou­ve­ment.

« L’af­fa­dis­se­ment du mer­veilleux », une cho­ré­gra­phie de Ca­the­rine Gaudet, du 26 au 28 sep­tembre à 19h, et le 29 sep­tembre à 16h, à l’Ago­ra de la danse (1435, Bleu­ry - Mé­tro Place-des-Arts). Halte-Gar­de­rie dis­po­nible le ven­dre­di 28 sep­tembre (pour en­fants de 1 à 12 ans). ago­ra­danse.com

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