SCÈNE : BELLES-SOEURS

Fugues - - Sommaire - DE­NIS-DA­NIEL BOUL­LÉ

Le théâtre-mu­si­cal Belles-Soeurs ar­rive à Mon­tréal pré­cé­dé de l’im­mense suc­cès qu’il a ren­con­tré cet été en tour­née au Qué­bec. La deuxième pro­duc­tion, tout comme la pre­mière en 2010, a conquis tous les pu­blics, des plus jeunes aux plus vieux. Belles-Soeurs est dé­jà ré­per­to­rié comme un des grands clas­siques du ré­per­toire qué­bé­cois. Comme la pièce à sa créa­tion en 1968, 15 femmes se re­trouvent sur scène pour nous conter un mo­ment par­ti­cu­lier dans la vie de Ger­maine Lau­zon qui vient de ga­gner un mil­lion de timbres… à col­ler. Kath­leen de Des-Neiges For­tin Ver­rette. était de Dans la pre­mière la nou­velle dis­tri­bu­tion dis­tri­bu­tion, des Belles-Soeurs, elle est Ger­maine dans Lau­zon le rôle qu’elle re­fuse de consi­dé­rer comme le rôle prin­ci­pal. «Bien sûr, tout tourne au­tour de Ger­maine Lau­zon, celle qui dans sa cui­sine re­çoit des femmes de sa fa­mille et des amies pour l’ai­der à col­ler des timbres, mais d’autres per­son­nages de femmes sont aus­si im­por­tantes que ce­lui de Ger­maine Lau­zon», nous confie Katleen For­tin en en­tre­vue. L’oeuvre de Trem­blay, Katleen For­tin la connaît bien. Elle a été aus­si de la dis­tri­bu­tion de De­main­ma­tin,Mon­tréalm’at­tend, sur un li­vret de Mi­chel Trem­blay et mis en mu­sique par Fran­çois Dompierre. «Toutes les co­mé­diennes rêvent un mo­ment don­né dans leur car­rière d’in­ter­pré­ter un des per­son­nages de Mi­chel Trem­blay, parce que les femmes chez Trem­blay sont tou­chantes, vraies, pro­fondes et com­plexes», conti­nue la co­mé­dienne chan­teuse qui ne fait au­cune dis­tinc­tion entre ces deux cas­quettes. «Pour moi, il s’agit d’une même dé­marche ar­tis­tique, du même plai­sir res­sen­ti, et quand les deux peuvent s’al­lier, c’est mer­veilleux». Con­trai­re­ment à une idée re­çue, Kath­leen For­tin n’a pas une for­ma­tion de mu­si­cienne ou de chan­teuse. «J’ai fait l’école na­tio­nale de théâtre du Ca­na­da, donc pour être en fait seule­ment co­mé­dienne, avance Kath­leen For­tin, et puis j’ai eu la chance d’avoir des rôles où l’on me de­man­dait de chan­ter. Et comme j’adore chan­ter, et que je chante de­puis que je suis toute pe­tite, je n’ai pas trou­vé ce­la étrange». En fait, entre sa pré­sence scé­nique forte et sa voix chaude et en­ve­lop­pante, Kath­leen For­tin a tous les atouts pour conqué­rir le pu­blic. Une des rai­sons qui pousse sur­ement des met­teurs en scène à la choi­sir pour des rôles chan­tés. De 2010 à 2013, elle a été des Belles-Soeurs pre­mière mou­ture, et celle qui adore les tour­nées en garde un ex­cellent sou­ve­nir. «Nous étions 15 femmes de toutes les gé­né­ra­tions, de Ja­nine Sut­to, la doyenne à des co­mé­diennes qui avaient à peine 18 ans, c’était mer­veilleux de par­ta­ger ses ins­tants forts, où l’on est proche les unes des autres. C’est in­tense et mer­veilleux. Je suis tou­jours prête pour par­tir en tour­née», fi­nit-elle dans un éclat de rire. Si elle est ra­vie de te­nir le rôle de Ger­maine Lau­zon, elle sent une proxi­mi­té avec les 14 autres femmes sur scène: «Je pour­rais avec au­tant de plai­sir in­ter­pré­ter le rôle de cha­cune des femmes sur scène. Et puis, il n’y a pas réel­le­ment de pre­mier rôle dans cette adap­ta­tion en chan­son, le per­son­nage prin­ci­pal si l’on de­vait le ré­su­mer ain­si, ce sont ces 15 femmes, dif­fé­rentes, certes mais qui évoquent leur vie, leurs dif­fi­cul­tés au quo­ti­dien, leurs rêves et leurs es­poirs. Pour moi, chaque voix est aus­si im­por­tante que l’autre», ex­plique Kath­leen For­tin. Et la rai­son du suc­cès tient au­tant pour la co­mé­dienne-chan­teuse de l’évo­ca­tion d’une époque qué­bé­coise que par les thèmes abor­dés qui sont en­core de nos jours per­ti­nents. «Bien sûr, ces femmes nous rap­pellent, une grand­mère, une tante, une cou­sine que nous avons tous connus dans les fa­milles qué­bé­coises, mais leurs pré­oc­cu­pa­tions, leurs dé­si­rs d’échap­per aus­si à leurs condi­tions re­joignent ceux de nom­breuses femmes par­tout dans le monde et en­core au Qué­bec au­jourd’hui, c’est pour ce­la que tout le monde est tou­ché par cette oeuvre», conclut-elle. Il faut aus­si ajou­ter la patte de Mi­chel Trem­blay qui a su don­ner une voix à des femmes qui, à l’époque, n’en avaient pas. D’un mi­lieu po­pu­laire et pauvre, le dra­ma­turge leur a ren­du une di­gni­té, une hu­ma­ni­té qui nous les rend to­ta­le­ment at­ta­chantes.

BELLES-SOEURS: THÉÂTRE MU­SI­CAL, Du 17 au 27 oc­tobre 2018 Théâtre Mai­son­neuve de la Place des Arts pla­ce­de­sarts.com

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