DAN­SER DES AMOURS SULFUREUSES

Fugues - - Culturel - DE­NIS-DA­NIEL BOUL­LÉ

La sai­son des Grands bal­lets ca­na­diens s’ouvre sur une créa­tion de la cho­ré­graphe Ca­thy Mars­ton, qui s’ins­pire cette fois de l’oeuvre de D.H La­wrence, L’amant­deLa­dyC­hat­ter­ley, re­vi­si­té par la cho­ré­graphe avec dans le rôle de La­dy Chat­ter­ley, la de­mi-so­liste Éline Ma­lègue, et dans ce­lui du garde-chasse Con­nors, le so­liste Ra­phaël Bou­chard sur une mu­sique de Phi­lip Fee­ney. Rap­pe­lons que le ro­man de La­dyC­hat­ter­ley de D.H La­wrence, écrit en 1928 et pu­blié en Grande-Bre­tagne en 1950, a sus­ci­té un scan­dale sui­vi d’un pro­cès. On re­pro­chait au livre des scènes d’éro­tisme trop pous­sées et la toile de fond, une liai­son entre une aris­to­crate et son garde-chasse. Le livre est de­ve­nu un clas­sique, La­dy Chat­ter­ley et son garde-chasse ac­cé­dant aux my­thiques grandes his­toires d’amour. Pour le so­liste des Grands Bal­lets Ca­na­diens, Ra­phaël Bou­chard, «C’est avant une belle his­toire d’amour à par­ta­ger avec les spec­ta­teurs puisque nous avons tous vé­cu des ins­tants sem­blables, le dé­sir, l’at­tente, la sé­duc­tion, et la danse rend mer­veilleu­se­ment bien cet uni­vers-là». Le jeune dan­seur qui une a car­rière in­té­gré in­ter­na­tio­nale la grande mai­son avant mont­réa­laise de re­ve­nir s’ins­tal­ler de danse à en Mon­tréal, 2015 a connu qu’il consi­dère comme un re­tour au ber­cail. Choi­si par la cho­ré­graphe Ca­thy Mars­ton, Ra­phaël éprouve un plai­sir in­tense d’au­tant qu’il a tou­jours ai­mé les pas de deux, qui sont les mo­ments les plus émou­vants et les plus in­tenses de l’adap­ta­tion de cette oeuvre. «Je suis aus­si heu­reux de par­ta­ger la scène avec Éline Ma­lègue, qui est une amie dans la vie. Nous avons donc une grande com­pli­ci­té et Ca­thy Mars­ton l’a peut-être re­mar­quée», confie Ra­phaël Bou­chard. L’oeuvre de­mande à ce que le couple soit par­tiel­le­ment dé­nu­dé et évoque la charge éro­tique et sen- suelle telle qu’elle se dé­voi­lait au fil des pages du ro­man. «Ce que j’aime dans le tra­vail avec Ca­thy Mart­son, c’est qu’elle a un cadre dans sa tête de com­ment doit se dé­rou­ler la créa­tion, mais nous avons une part de créa­tion pen­dant les ré­pé­ti­tions, puis­qu’elle re­tient ce qui lui plaît dans ce que nous pro­po­sons, c’est un tra­vail de col­la­bo­ra­tion où nous Bou­chard, ne sommes qui in­car­ne­ra pas de ce garde-chasse simples exé­cu­tants», qui vit re­clus conti­nue sur la pro­prié­té Ra­phaël de La­dy Chat­ter­ley et qui, dé­çu des femmes, ne sou­haite plus re­vivre une his­toire d’amour. Est-ce que d’avoir un grand rôle fait peur au dan­seur ? «Bien sûr, c’est stres­sant, mais j’ai l’im­pres­sion que grâce au stress je suis meilleur, avance-t-il, alors en même temps j’aime res­sen­tir les pa­pillons dans le ventre avant d’en­trer sur scène parce que je sais alors que je pour­rais tout don­ner».

L’AMANT DE LA­DY CHAT­TER­LEY, Du 4 au 13 oc­tobre 2018 à 20h Salle Wil­frid-Pel­le­tier, Place des Arts Grand­sbal­lets.com

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