Tu pré­fères les filles?

Tu penses beau­coup à une de tes amies et elle te manque quand elle n’est pas là, au point où tu te de­mandes si tu en es amou­reuse… Cet in­té­rêt pour les filles ne si­gni­fie pas né­ces­sai­re­ment que tu es les­bienne. Et si c’est le cas, il faut que tu saches qu

Full Fille - - Full Perso - par Au­ré­lia La­pointe

J’ai­me­rais d’abord te par­ler de ma propre ex­pé­rience. Quand j’avais 13 ans, je suis tom­bée fol­le­ment amou­reuse de ma mo­ni­trice de camp de va­cances. Sur le coup, je croyais la consi­dé­rer uni­que­ment comme ma meilleure amie. Mais je pen­sais tout le temps à elle et j’avais déses­pé­ré­ment en­vie de la re­voir. Au fil de notre cor­res­pon­dance, j’ai réa­li­sé que j’en étais amou­reuse. C’est tou­te­fois à l’âge de 15 ans, quand une amie m’a confié qu’elle était bi­sexuelle, que j’ai eu un dé­clic et que je lui ai avoué que j’avais, moi aus­si, dé­jà ai­mé une fille. J’étais ter­ri­fiée à l’idée d’en par­ler à mes autres amies, mais tout s’est bien pas­sé. En­suite, j’en ai dis­cu­té avec ma mère en lui di­sant que je n’étais pas les­bienne, mais que j’avais ai­mé cette fille. Pen­dant quelques an­nées, je me suis consi­dé­rée comme bi­sexuelle, car j’étais aus­si in­té­res­sée par cer­tains gar­çons. Puis, j’ai pro­gres­si­ve­ment com­men­cé à ne fré­quen­ter que des filles. Plus j’en par­lais à mes amies, plus c’était fa­cile. On me ré­pon­dait sou­vent: «C’est juste

ça que tu vou­lais me dire?» Ré­vé­ler mon ho­mo­sexua­li­té au tra­vail s’est tou­te­fois fait plus tard. Au dé­part, je di­sais à mes col­lègues que j’avais un chum. Puis, au fil du temps, j’ai ap­pris à en par­ler à mes col­lègues et pa­trons. Au­jourd’hui, j’ai 30 ans et je suis fière de me pro­me­ner avec ma blonde, main dans la main, et lorsque je re­garde au­tour de moi et vois d’autres couples de les­biennes qui s’af­fichent, ça me rem­plit de bon­heur.

La rai­son pour la­quelle je te ra­conte mon his­toire au­jourd’hui, c’est parce que je sais per­ti­nem­ment que ce genre de ques­tion­ne­ment est loin d’être fa­cile. Tu pour­rais être por­tée à croire que tu es la seule à vivre une telle chose, mais, crois-moi, c’est loin d’être le cas. On dit que 1 per­sonne sur 10 se­rait ho­mo­sexuelle. Per­son­nel­le­ment, je se­rais por­tée à pen­ser qu’il y en a peut-être même plus, sa­chant qu’une foule d’entre elles le cachent en­core.

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