Fré­dé­rique Du­fort: son pro­jet pré­cieux

elle écrit un livre pour ve­nir en aide aux jeunes La co­mé­dienne Fré­dé­rique Du­fort a lan­cé il y a quelques mois le livre Fais-le­pour­toi!, dans le­quel elle aborde plu­sieurs thèmes qui touchent les ados. Ce pro­jet, il mi­jo­tait dans son coeur et dans sa tête

Full Fille - - Sommaire - par Luc

Tu as eu l’idée de ce livre à 14 ans et tu en as main­te­nant 22. Pour­quoi as-tu at­ten­du huit ans avant de l’écrire?

«Quand j’en ai eu l’idée, je vou­lais sim­ple­ment ai­der les jeunes de mon âge. J’ai com­men­cé à écrire des conseils à l’oc­ca­sion, mais je tra­vaillais beau­coup à la té­lé­vi­sion. C’est à mes 18 ans que j’ai éprou­vé de nou­veau cet amour de l’écri­ture. J’étais un peu per­due moi aus­si à cette époque, j’avais be­soin de me re­trou­ver. C’est lorsque j’ai re­lu ce que j’avais écrit que je me suis ren­du compte qu’à 14 ans, j’étais vrai­ment éga­rée. Je voyais où j’al­lais faire des er­reurs. Alors, en gar­dant l’es­prit d’une ado de cet âge-là, j’ai vou­lu écrire un livre pour les jeunes, mais qui pour­rait aus­si in­ter­pel­ler les plus vieux, dont celle que je suis de­ve­nue. Je vou­lais que les pa­rents des jeunes puissent le lire et y re­con­naître ce qu’ils étaient à l’ado­les­cence.»

À14ans, j’étais­vrai­ment per­due.

Tu as mis beau­coup d’émo­ti­cônes dans ton livre. Est-ce que tu sou­hai­tais qu’il ne soit pas trop lourd à lire?

«Il ne fal­lait pas que ce soit trop long, on a même cou­pé la moi­tié des idées. On vou­lait al­ler di­rec­te­ment au but pour que ça soit com­pris par les plus jeunes. Il y a aus­si beau­coup d’an­gli­cismes. Je vou­lais te­nir compte d’une évo­lu­tion. C’est im­por­tant,

la langue fran­çaise, mais quand je parle d’in­ti­mi­da­tion, je dis les vrais mots qui sont uti­li­sés au­jourd’hui. Il y a beau­coup plus de cruau­té main­te­nant.»

Par­lant d’in­ti­mi­da­tion, crois-tu que ça peut ai­der les per­sonnes in­ti­mi­dées de lire les com­men­taires d’une jeune adulte à ce su­jet?

«Les gens ne m’ont ja­mais vrai­ment don­né d’âge. Les jeunes de 15 ans pensent que je suis dans leur gang et les adultes aus­si. Je trouve ça im­por­tant d’es­sayer d’évi­ter le dis­cours mo­ra­li­sa­teur. Mes pa­rents avaient comme rôle de me conseiller, de me faire confiance, tout comme les en­sei­gnants. Si ça vient de quel­qu’un qu’on consi­dère comme au­to­ri­taire, la re­la­tion n’est pas la même. Lorsque j’aborde ce su­jet, je mets la per­sonne sur un pied d’éga­li­té. Quand je parle d’in­ti­mi­da­tion, je dois par­ler de cette dif­fé­rence puisque main­te­nant, les jeunes sont at­ta­qués jus­qu’à la mai­son.»

Avant la pu­bli­ca­tion du livre, de nom­breux jeunes t’ont en­voyé des pho­tos avec la phrase Fais-le pour toi! Quelle a été ta ré­ac­tion?

«Les gens pou­vaient m’écrire pour me dire ce que cette pe­tite phrase si­gni­fiait pour eux. J’ai re­çu des té­moi­gnages d’amour. Il y en a qui croient qu’avec ce livre, ils vont réus­sir à trou­ver leur place et à mettre des mots sur leurs émo­tions. Lorsque j’ai vu le pro­duit fi­nal, j’étais heu­reuse. Beau­coup de jeunes me par­laient de leur manque de confiance, et cer­tains sont dans le livre. Pour la pre­mière fois, ils sont mis en ve­dette.»

Tes pa­rents sont-ils fiers de voir dans ton livre les va­leurs qu’ils t’ont trans­mises?

«Ils sont plus fiers de moi que je peux l’être. Il y a un mes­sage à pro­pos de mon frère qui va pas­ser. Je fais rayon­ner quelque chose dans ma fa­mille. Je parle beau­coup de choses per­son­nelles sans avoir honte ou peur. Mes pa­rents ne s’at­ten­daient pas à ça. Il y a eu quelques larmes.»

As-tu des pro­jets à la suite de ce livre? Comptes-tu don­ner des confé­rences, par exemple?

«Je pré­pare un pro­gramme de confé­rences et j’ai lan­cé une pla­te­forme Web. Je ne veux pas lais­ser les jeunes avec seu­le­ment le livre. Je re­çois des mes­sages à la tonne, dont beau­coup de la part des gar­çons. Le livre s’adresse à tout le monde, même si on voit une fille sur la cou­ver­ture. Je vou­lais at­teindre les jeunes et être pré­sente s’ils ont be­soin d’aide. J’ai contac­té des gens qui ont ac­cep­té d’en­dos­ser le pro­jet comme in­fluen­ceur po­si­tif. Je n’ai pas de re­mède mi­racle, mais si l’his­toire des autres peut te convaincre, c’est par­fait. Je vais don­ner des conseils chaque se­maine.»

Fré­dé­rique, en com­pa­gnie de son pe­tit frère au­tiste, Phi­lippe-Oli­vier, qui est une vé­ri­table ins­pi­ra­tion pour elle.

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