VIDÉO EN COM­PLÉ­MENT DE NOTRE REPORTAGE SUR LE NI­CA­RA­GUA

Le Ni­ca­ra­gua, avec ses 58 vol­cans, dont 7 ac­tifs, ses pn­ladges idyl­liques et ses fo­rêts tro­pi­cales luxu­riantes, pos­sède tout l’exo­tisme qu’on puisse dé­si­rer.

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Moins dé­ve­lop­pé et moins acha­lan­dé que le Cos­ta Ri­ca, le Ni­ca­ra­gua est une destination mé­con­nue, mais tout de même fort ap­pré­ciée des Qué­bé­cois. Sur­tout qu’elle ne les rui­ne­ra pas : mal­gré la fai­blesse du dol­lar ca­na­dien, le taux de change avec le cor­do­ba reste avan­ta­geux.

Or, le mot com­mence à se pro­pa­ger, et le pays, à pré­pa­rer son in­fra­struc­ture pour ac­cueillir un nombre gran­dis­sant de vi­si­teurs dans les pro­chaines an­nées. D’au­cuns craignent que le pays, à l’ins­tar du Cos­ta Ri­ca, ne s’amé­ri­ca­nise et perde de son charme. C’est donc le mo­ment d’y al­ler main­te­nant, avant qu’il ne se trans­forme ra­di­ca­le­ment.

GRANADA ET LES EN­VI­RONS

Le Ni­ca­ra­gua se prête bien au slow tra­vel. Si­tuée au pied du vol­can Mom­ba­cho, la ville de Granada et ses bâ­ti­ments co­lo­niaux ap­pellent à la dé­am­bu­la­tion. Les fa­çades co­lo­rées des ha­bi­ta­tions at­tirent le re­gard et donnent en­vie de s’ar­rê­ter à chaque coin de rue pour prendre des pho­tos.

Lorsque vous er­re­rez dans les rues de la ville, la ca­thé­drale, im­pos­sible à man­quer avec ses murs jaune ca­na­ri, se­ra votre point de re­père. En face, le parc cen­tral est un bon en­droit pour s’ar­rê­ter man­ger une crème gla­cée tout en ob­ser­vant les pas­sants.

Sur la calle Real Xal­te­va, qui longe un des cô­tés de la ca­thé­drale, on trouve de nom­breux hô­tels et res­tau­rants avec de belles ter­rasses. Ce­pen­dant, pour prendre vrai­ment le pouls de la ville, il fau­dra s’éloi­gner de cette rue tou­ris­tique. Ren­dez-vous au mar­ché mu­ni­ci­pal, où vous pour­rez faire vos courses et dé­cou­vrir les spé­cia­li­tés lo­cales, ou tout sim­ple­ment vous im­pré­gner de l’éner­gie des lieux.

À proxi­mi­té de Granada se trouve un ar­chi­pel for­mé de 365 pe­tites îles ap­pe­lé Las Is­le­tas. Il est pos­sible de faire le tour des îles en ba­teau à mo­teur ou, en­core mieux, en kayak ou en

stand-up paddle board. La com­pa­gnie Li­vit Wa­ter offre des ex­cur­sions de quelques heures sur les eaux du lac Ni­ca­ra­gua. L’oc­ca­sion rê­vée d’es­sayer le SUP avec un ins­truc­teur qua­li­fié, tout en dé­cou­vrant cet ar­chi­pel né à la suite d’une érup­tion par­ti­cu­liè­re­ment puis­sante du vol­can Mom­ba­cho.

À une di­zaine de ki­lo­mètres de Granada, la ré­serve na­tu­relle La­gu­na de Apoyo est une autre ex­cur­sion po­pu­laire. Ce lac d’ori­gine vol­ca­nique se prête bien à la dé­tente. Loin des bruits de la ville, on peut s’étendre dans un hamac, un bon livre à la main, ou ex­plo­rer le lac en kayak. En ef­fet, plu­sieurs éta­blis­se­ments en bor­dure du lac, en plus d’of­frir un ser­vice de res­tau­ra­tion, mettent des kayaks à la dis­po­si­tion des vi­si­teurs.

L’éco­sys­tème de la ré­serve na­tu­relle est éga­le­ment in­té­res­sant à dé­cou­vrir ; on peut aper­ce­voir au­tour du lac plu­sieurs es­pèces ani­males comme les singes hur­leurs et les ca­pu­cins à face blanche, des iguanes verts et même des boas et des ja­gua­ron­dis, de pe­tits fé­lins éga­le­ment ap­pe­lés chats loutres.

ISLA DE OMETEPE

Au beau mi­lieu du lac Ni­ca­ra­gua, un des plus grands lacs d’eau douce du monde, se trouve Ometepe, une île for­mée de deux vol­cans. Ici, les sa­bots des che­vaux claquent un peu plus len­te­ment qu’ailleurs au pays. Les poules et les co­chons – beau­coup de co­chons – se pro­mènent li­bre­ment près des routes et des ter­rasses. L’am- biance cam­pa­gnarde plai­ra aux voya­geurs qui ont lais­sé leur montre à la mai­son. De plus, les ama­teurs de plein air y trou­ve­ront leur compte, puisque les deux vol­cans – le Con­cep­ción, tou­jours ac­tif, et le Ma­de­ras – peuvent être ex­plo­rés en randonnée.

Nous sommes par­tis en com­pa­gnie de notre guide lo­cal Saoul, de bon ma­tin, à la conquête du vol­can Ma­de­ras. Du haut de ses 1394 m, il est le plus pe­tit des deux som­mets de l’île. L’as­cen­sion n’est tou­te­fois pas douce pour au­tant ! Le vol­can étant sur­mon­té d’un nuage la plu­part du temps, le som­met est re­cou­vert d’une fo­rêt tro­pi­cale hu­mide. La pluie fré­quente a créé un jo­li lac dans le cra­tère, mais elle a éga­le­ment ren­du le sen­tier pour le moins boueux...

Après quatre heures de mon­tée ar­due, les pan­ta­lons cou­verts de boue jus­qu’aux ge­noux, le risque de n’avoir au­cune vue au som­met est as­sez éle­vé, mais ce­la en vaut la peine. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de faire une randonnée au son dé­sta­bi­li­sant des singes hur­leurs !

En plus de s’as­su­rer que nous em­prun­tions le bon che­min, qui re­quiert de pas­ser sur des ter­rains pri­vés, notre guide, du haut de ses 70 printemps,

s’est avé­ré connaître la ré­ponse à toutes nos (nom­breuses) ques­tions sur le vol­can et sur le pays en gé­né­ral. Vous l’au­rez de­vi­né: être ac­com­pa­gné d’un guide pour ef­fec­tuer cette randonnée est hau­te­ment re­com­man­dé.

Sur Ometepe, les prix sont un peu plus éle­vés que sur le conti­nent. Le trans­port en com­mun étant aus­si in­stable qu’in­ef­fi­cace, mieux vaut louer une mo­to­cy­clette pour se dé­pla­cer. Pour en­vi­ron 25$US par jour, vous pour­rez ex­plo­rer les di­verses fa­cettes de l’île en toute li­ber­té.

Autre at­trac­tion de l’île : la chute San Ra­mon, au pied du vol­can Ma­de­ras, dans la­quelle il est pos­sible de se bai­gner. On peut s’y rendre à pied ou à che­val. Les ran­don­nées à che­val coûtent en moyenne 10$US l’heure. Si vous trou­vez moins cher, faites attention : ce se­ra sou­vent au dé­tri­ment de la san­té des che­vaux. N’hé­si­tez pas à de­man­der à voir les ani­maux avant d’ef­fec­tuer une tran­sac­tion.

VOL­CAN MASAYA

Il existe peu d’en­droits au monde où l’on peut ob­ser­ver une érup­tion vol­ca­nique d’aus­si près que sur le vol­can Masaya. En ef­fet, ce­lui-ci est ex­trê­me­ment ac­tif et on le voit fu­mer sans re­lâche de­puis un peu plus d’un an. Il est pos­sible de se rendre à son som­met par la route. Le nombre de vé­hi­cules est li­mi­té, de même que le temps ac­cor­dé pour l’ob­ser­va­tion. De plus, on vous fe­ra sta­tion­ner à re­cu­lons afin de fa­ci­li­ter l’éva­cua­tion, en cas de be­soin. Le spec­tacle est im­pres­sion­nant : au fond du cra­tère, on aper­çoit et on en­tend le bouillon­ne­ment de la lave en fu­sion. Des ex­cur­sions sont or­ga­ni­sées à par­tir de Masaya et de Granada. Il est conseillé de s’y rendre une fois la nuit tom­bée, pour une ex­pé­rience op­ti­male.

LEÓN ET LES EN­VI­RONS

Bien que le ca­fé soit le prin­ci­pal pro­duit ex­por­té du Ni­ca­ra­gua, la culture du cof­fee shop n’est pas très ré­pan­due dans le pays. Seule ex­cep­tion: León. Comme toute nd bonne ville étu­diante qui se res­pecte, León pos­sède son lot de pe­tits ca­fés char­mants. Cer­tains font éga­le­ment of­fice de bou­tique d’ar­ti­sa­nat et mettent en va­leur de jo­lis pro­duits faits à la main au Ni­ca­ra­gua.

Ville jeune et dy­na­mique, León pos­sède éga­le­ment sa ca­thé­drale, où re­pose Ru­bén Darío, poète ré­pu­té qui fait la fier­té du pays. Il est pos­sible de mon­ter sur le toit de l’édi­fice pour ac­cé­der à une vue épous­tou­flante de la ville et des vol­cans en­vi­ron­nants.

Près de la ca­thé­drale se trouve un mar­ché où sont ser­vis tous les jours des plats ty­piques à des prix dé­ri­soires. Une fois la nuit tom­bée, l’ac­tion conti­nue en face de la ca­thé­drale, sur la place prin­ci­pale. Les pe­tits jouent pen­dant que les grands mangent une glace au son de la mu­sique live. León est une ville plu­tôt sé­cu­ri­taire, en plus d’être consi­dé­rée comme la ca­pi­tale in­tel­lec­tuelle du pays.

Par ailleurs, León est un ex­cellent camp de base pour la randonnée en rai­son de sa proxi­mi­té avec l’arc vol­ca­nique d’Amé­rique cen­trale, dont font par­tie tous les vol­cans du Ni­ca­ra­gua. L’or­ga­nisme Quet­zal­trek­kers, une ONG qui oeuvre au­près des en­fants de la ré­gion, offre des ran­don­nées gui­dées de plu­sieurs jours. Tous les pro­fits sont re­mis à des projets pour les jeunes.

Si, comme plu­sieurs autres Qué­bé­cois, vous ai­me­riez vi­si­ter l’Amé­rique du Sud, le Ni­ca­ra­gua consti­tue cer­tai­ne­ment un ex­cellent point de dé­part.

Point de vue sur le vol­can Mom­ba­cho

INFO PRA­TIQUE Avec sa su­per­fi­cie de 130 375 km², le Ni­ca­ra­gua est le plus grand pays d’Amé­rique cen­trale. Il est bor­dé par le Hon­du­ras au nord et le Cos­ta Ri­ca au sud. Po­pu­la­tion : 6,08 mil­lions Ca­pi­tale (et plus grande ville) : Ma­na­gua Mon­naie : cor­do­ba Cli­mat : tro­pi­cal hu­mide. La sai­son des pluies (hi­ver) s’étend de mai à no­vembre, et la sai­son sèche (été) de dé­cembre à avril.

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