Comment bien man­ger en ex­pé­di­tion

Man­ger des ali­ments du com­merce en plein air, c’est bien. Dé­gus­ter ses propres vic­tuailles concoc­tées avec amour, c’est en­core mieux. Et moins cher !

Géo Plein Air - - Sommaire -

Pour Odile Du­mais, pré­pa­rer sa nour­ri­ture en vue d’une jour­née en plein air – ce qu’elle ap­pelle des «vivres de course » – fait par­tie in­té­grante de l’ex­pé­di­tion, au même titre que se ren­sei­gner sur les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques, étu­dier la to­po­gra­phie ou choi­sir son équi­pe­ment du jour. « Trop sou­vent, on opte pour des so­lu­tions ra­pides et fa­ciles », constate l’au­teure de La gas­tro­no­mie

en plein air (Québec Amé­rique), dont la se­conde édi­tion est pa­rue en 2015.

Au banc des ac­cu­sés: les barres et les gels éner­gé­tiques, les mé­langes de noix du com­merce et autres ali­ments ache­tés sur les ta­blettes des ma­ga­sins spé­cia­li­sés. Se­lon l’en­sei­gnante à la re­traite, ces pro­duits sont in­si­pides et pauvres d’un point de vue nu­tri­tif, en plus d’être in­uti­le­ment chers. « Les ma­nu­fac­tu­riers coupent sur les in­gré­dients qui rendent les ali­ments ras­sa­siants, comme les noix ou les fruits sé­chés. À la place, ils y mettent des tonnes de sucres simples et d’ad­di­tifs dou­teux. Même là, leurs pro­duits se vendent plu­sieurs dol­lars l’uni­té ! » dé­plore-t-elle.

Cui­si­ner soi-même ses propres vivres de course per­met de ré­gler tous ces pro­blèmes à la fois, sou­tient-elle. En se met­tant aux four­neaux, la co­lonne des avantages s’al­longe : contrôle de la qua­li­té et de la quan­ti­té des in­gré­dients, pos­si­bi­li­té d’as­sai­son­ner à sa conve­nance ou de car­ré­ment mo­di­fier les re­cettes, meilleur ni­veau d’éner­gie dé­cou­lant de la consommation de ses pré­pa­ra­tions mai­son, et ain­si de suite.

Sur­tout, jouer au cor­don-bleu ga­ran­tit de payer moins cher qu’en ma­ga­sin. «J’es­time que le prix par por­tion, lors­qu’on cui­sine, peut fa­ci­le­ment être de 40 % à 50 % moins éle­vé », af­firme celle qui cu­mule plus de trois dé­cen­nies d’ex­pé­rience en plein air.

ALLÉGER LA FACTURE

Bien sûr, ce­la dé­pend des in­gré­dients qu’on uti­lise pour confec­tion­ner son car­bu­rant. Ain­si, un GORP (good old rai­sins and pea­nuts) consti­tué de mor­ceaux de cho­co­lat noir pur à 90%, de noix bio­lo­giques et de fruits sé­chés, sans sul­fites, sans OGM et sans glu­ten, se­ra plus oné­reux

que son équi­valent moins scru­pu­leux sur les ma­tières pre­mières. Idem pour les agents su­crants uti­li­sés : du si­rop d’érable, c’est dé­li­cieux, mais ça reste re­la­ti­ve­ment bud­gé­ti­vore !

Quelques stra­té­gies simples peuvent néan­moins être fa­ci­le­ment adop­tées pour ré­duire la facture. Odile Du­mais recommande, par exemple, de se tour­ner vers des noix comme les ara­chides ou les graines de tour­ne­sol plu­tôt que les amandes ou les noix de ca­jou. «C’est en­core plus éco­no­mique si on les achète non dé­cor­ti­quées plu­tôt que dé­cor­ti­quées», sou­ligne-t-elle. Un con­seil : vi­si­ter les ma­ga­sins d’ali­ments en vrac, qui offrent à la fois de la di­ver­si­té et de bons prix.

Pour su­crer ses re­cettes, on troque le miel ou le si­rop de table contre de la pu­rée de dattes, qu’on ob­tient en lais­sant ma­cé­rer le fruit dans du jus d’orange, de l’eau, voire du ca­fé, pen­dant plu­sieurs heures. La pré­pa­ra­tion ain­si ob­te­nue est do­tée d’un haut po­ten­tiel su­crant ain­si que d’une tex­ture in­té­res­sante qui sied à mer­veille à toutes les re­cettes de muf­fins ou de barres éner­gé­tiques, comme celles pro­po­sées dans l’ou­vrage d’Odile Du­mais, le­quel compte plus de 70 re­cettes.

Qui dit «aven­ture d’un jour» sous-en­tend for­cé­ment «pauses pique-nique». Du­rant celles-ci, la consommation de plats frais et par­fu­més, comme des sa­lades, aide à bri­ser la mo­no­to­nie. Pour se bri­co­ler des sa­lades de lé­gu­mi­neuses et de cé­réales à moindre coût, on opte pour leurs ver­sions sèches à ré­hy­dra­ter. Par exemple, un sac de pois chiches secs, com­pa­ra­ti­ve­ment à son équi­valent en conserve, coûte lit­té­ra­le­ment des pea­nuts ! « On peut aus­si les broyer et les in­cor­po­rer à une foule de re­cettes pour les rendre plus nour­ris­santes, grâce à leurs pro­téines vé­gé­tales », in­dique l’ex­perte.

ÉCO­NO­MI­SER DU TEMPS

Le temps – et plus par­ti­cu­liè­re­ment sa ra­re­té – est une des prin­ci­pales rai­sons qui ex­pliquent pour­quoi il est ten­tant de dé­va­li­ser le rayon ali­men­ta­tion de sa bou­tique de plein air pré­fé­rée. Après tout, ce n’est pas tout le monde qui a le luxe de consa­crer plu­sieurs heures à mi­ton­ner de bons pe­tits plats pour sa pro­chaine vi­rée de ca­not-cam­ping ou sa pro­chaine ran­don­née en ter­ri­toire éloi­gné !

Pour éco­no­mi­ser du temps, on peut, comme Odile Du­mais, faire un blitz de cui­sine. Les grandes quan­ti­tés alors pré­pa­rées peuvent être conge­lées pour uti­li­sa­tion ul­té­rieure. Dans son livre, celle qui dé­tient une maî­trise en nu­tri­tion ra­conte comment elle a un jour pré­pa­ré 300 ga­lettes po­laires, un équi­valent du pain au pe­tit-dé­jeu­ner, en vue d’une ex­pé­di­tion sur une île du nord de la Nor­vège. « Quand je les ai of­fertes, le suc­cès ob­te­nu m’a ré­com­pen­sée de mon tra­vail », se ré­jouit-elle.

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