La vi­ta è bel­la

Le bon­heur, un pas à la fois.

Géo Plein Air - - Évasion - texte et pho­tos Da­ny Cou­lombe

L’Ita­lie, c’est le vin rouge, les olives et une langue chan­tante. C’est la dolce vi­ta, as­sis sur une plage de ga­lets de­vant une mer chaude, à se faire do­rer la couenne en bonne com­pa­gnie. L’Ita­lie, c’est aus­si les mon­tagnes. Pre­nez la ré­gion au nord-est, li­mi­tée par l’Au­triche, la Slo­vé­nie et la Suisse, un en­droit où on y parle plus al­le­mand qu’ita­lien et où on y boit plus de bière que de vin.

Bref, c’est sur­tout une ré­gion de mon­tagnes. Les Do­lo­mites, un mas­sif fai­sant par­tie des Alpes, sont si im­pres­sion­nantes avec leurs som­mets en­nei­gés et leur roc blan­châtre, qu’elles font par­tie du pa­tri­moine mon­dial de l’UNESCO. Éga­le­ment dis­tri­buées entre les pro­vinces de Bel­lu­no, Tren­tin-Haut-Adige et Ty­rol du Sud, elles re­pré­sentent le lieu par­fait pour skier en hi­ver et ran­don­ner en été.

Voi­ci quelques suggestions de des­ti­na­tions où les ran­don­nées peuvent être courtes ou longues, fa­ciles ou épiques, mais où le pay­sage est tou­jours, tou­jours épous­tou­flant… et la bière, bonne. À vos bottes, prêts, par­tez !

RÉ­GION DE CORTINA D’AMPEZZO

Un peu au nord de cette ville as­so­ciée au tou­risme haut de gamme se trouvent deux parcs na­tu­rels aux at­traits in­con­tour­nables. Il est tou­te­fois plus éco­no­mique de trou­ver un hé­ber­ge­ment au nord de ces ré­serves na­tu­relles, dans la ré­gion de Bru­ni­co, par exemple, qu’à Cortina même. De là, il est fa­cile d’ex­plo­rer le parc Fa­nesSennes-Braies et ce­lui de Tre Cime, plus à l’est.

Lac de Braies

Si­tué lé­gè­re­ment au nord-ouest de Cortina d’Ampezzo, le lac de Braies est un haut lieu tou­ris­tique dont tous les guides de voyage parlent en bien. Mais c’est en ar­rê­tant l’au­to dans un des grands sta­tion­ne­ments payants (5 eu­ros) qui jouxtent l’hô­tel Prag­ser Wild­see, bâ­ti sur la rive du lac, que le doute nous prend. Et si, mal­gré les bons com­men­taires, l’en­droit était trop tou­ris­tique, trop bon­dé de monde et trop étroit ? Mais après quelques pas sur la berge de ce pe­tit lac (il ne fait guère plus de 1 km de long par 400 m de large) aux eaux bleu-vert, on est tout de suite en­voû­té par la beau­té des lieux.

Si le sen­tier qui fait le tour du lac – et qui peut être fa­ci­le­ment bou­clé en moins de deux heures – ne vous suf­fit pas, sa­chez qu’il est pos­sible de mar­cher beau­coup plus long­temps… et sur un par­cours beau­coup plus dif­fi­cile. En toile de fond, l’im­po­sant mont See­ko­fel, avec ses 2810 m, ouvre la voie à des ran­dos dans le parc na­tu­rel Fanes-Sennes-Braies. Par exemple, il fau­dra près de six heures pour re­joindre l’hô­tel Monte Pa­rac­cia par le sen­tier no 19 ou se ta­per l’épa­tante Al­ta Via no 1, sur­nom­mée la Clas­sique, et par­cou­rir ses 150 km jus­qu’à Bel­lu­no. Dans ce der­nier cas, on doit comp­ter de 10 à 15 jours de marche avec des cou­chers en re­fuge. La route em­prunte quelques via fer­ra­ta et nous fait ga­gner 8000 m et en perdre plus de 10 000… Qui a dit que le pe­tit lac de Braies était seule­ment pour les tou­ristes en san­dales ?

Tre Cime di La­va­re­do

Ils fi­gurent sur toutes les cartes pos­tales. Ces trois som­mets grou­pés se dressent à près de 3000 m d’al­ti­tude. Ran­don­neurs ou grim­peurs de par­tout dans le monde s’y donnent ren­dez-vous. Dans le parc na­tu­rel du même nom, au nord-est de Cortina d’Ampezzo, on em­prunte une route pri­vée payante (24 eu­ros) qui part de Mi­su­ri­na et mène au re­fuge Au­ron­zo. Il vaut mieux par­tir tôt le ma­tin, car l’en­droit est très po­pu­laire… On peut lais­ser sa voi­ture dans un sta­tion­ne­ment gra­tuit, avant le poste de péage, et grim­per à pied.

De ce fait, il fau­dra tou­te­fois ajou­ter trois bonnes heures à notre sor­tie. Du re­fuge Au­ron­zo, faire le tour des trois cimes peut prendre de trois à cinq heures. Dans le sens contraire des ai­guilles d’une montre, on peut alors se di­ri­ger vers le re­fuge La­va­re­do, puis obli­quer vers l’ouest en di­rec­tion du col di Mez­zo, afin de bou­cler la boucle. Est-il né­ces­saire de men­tion­ner que plu­sieurs autres sen­tiers s’offrent aux ran­don­neurs ?

RÉ­GION DU VAL DI FAS­SA

Cette val­lée en­tou­rée de mon­tagnes de plus de 3000 m consti­tue un pied-à-terre idéal pour

ef­fec­tuer plu­sieurs ran­don­nées. On pour­rait y pas­ser des se­maines à user nos se­melles. Le long de la ri­vière Avi­sio, qui prend sa source dans le mas­sif Mar­mo­la­da, plu­sieurs vil­lages sym­pa­thiques offrent tous les ser­vices né­ces­saires aux ama­teurs de plein air. Cam­pi­tel­lo et Ca­na­zei, dans la par­tie nord de la val­lée, sont d’ailleurs de bonnes op­tions. Ajou­tez à ce­la le Pa­no­ra­maPass, un lais­sez-pas­ser qui vous per­met de profiter d’un sys­tème ef­fi­cace de té­lé­phé­riques vers la plu­part des som­mets d’in­té­rêt, et vous avez là une re­cette ga­gnante pour des sor­ties mé­mo­rables.

Col Ro­del­la

Dif­fi­cile de faire plus ac­ces­sible. Au coeur même du village de Cam­pi­tel­lo, le long de la route prin­ci­pale, se trouve la re­mon­tée mé­ca­nique 141, qui vous pro­pul­se­ra lit­té­ra­le­ment au col Ro­del­la, dans le mas­sif Sas­sa­lun­go, à près de 2485 m d’al­ti­tude. De là, vous pour­rez em­prun­ter le sen­tier his­to­rique Frie­drich Au­gust Weg et pré­voir un re­tour par le val Du­ron, au pied du té­lé­phé­rique, à 1148 m. Vous en au­rez cer­tai­ne­ment pour cinq ou six heures de pur plai­sir.

Sass Por­doi

À l’est du village de Ca­na­zei, il est pos­sible d’en­fi­ler tour à tour les té­lé­phé­riques 101, 102 et 103 afin d’at­teindre le sai­sis­sant pay­sage lu­naire du Grup­po del Sel­la. On peut aus­si grim­per à pied… Le Sass Por­doi, à 2950 m, est sans contre­dit l’at­trait prin­ci­pal avec son karst blanc et la neige qui le re­couvre, même en plein mi­lieu de l’été. Les iti­né­raires sont nom­breux et de dif­fi­cul­tés va­riables. Il est pos­sible de res­ter en al­ti­tude, d’ex­plo­rer les pla­teaux al­pins en­nei­gés, puis de re­des­cendre par les té­lé­phé­riques ou même à pied via Pian Schia­va­neis jus­qu’à Ca­na­zei, ou en­core par Viel dal Pan, plus à l’est, et re­ve­nir à l’au­to avec le bus (le billet étant com­pris dans le prix du Pa­no­ra­maPass).

Va­jo­let

Plus au sud, dans la ré­gion de Poz­za di Fas­sa, prendre le té­lé­phé­rique 211 en par­tance de Vi­go ou com­bi­ner les 217 et 215 à par­tir de Pe­ra pour se rendre au bas­sin Gar­dec­cia sont deux op­tions à consi­dé­rer. Si le creux du bas­sin n’offre pas vrai­ment de vues à cou­per le souffle ni de sen­tiers pas­sion­nants, ce lieu est tou­te­fois le pré­lude à de nom­breuses ran­don­nées qui pré­sentent beau­coup plus d’in­té­rêt. Il suf­fit, par exemple, de fon­cer tout droit vers Va­jo­let (2245 m) et, de là, ex­plo­rer une des six Tours (ou les six) qui font la re­nom­mée du coin. Ou bien, on peut prendre vers l’ouest, vers le Ca­ti­nac­cio Ro­sen­gar­ten, em­prun­ter le col Co­ro­nelle et par­ve­nir au re­fuge Fron­za. En lon­geant le mas­sif par le sud, on peut re­ve­nir au point de dé­part, à Ciam­pe­die, si­tué au som­met du té­lé­phé­rique 211.

RÉ­GION DU MAS­SIF DE L’ORTLES

Tou­jours au nord de l’Ita­lie mais lo­ca­li­sé dans la par­tie plus à l’ouest, près de la fron­tière avec la Suisse, se trouve le mas­sif de l’Ortles. Je triche un peu, ici… Je m’éloigne lé­gè­re­ment des Do­lo­mites. Fai­sant par­tie des Alpes, bien en­ten­du, le mas­sif est sur­tout connu pour son parc, si­tué au nord de Bor­mio: le parc na­tio­nal du Stel­vio. Ad­ja­cent au parc des Gri­sons, en Suisse, c’est un des plus an­ciens parcs na­tio­naux de l’Ita­lie. Le col du Stel­vio, le deuxième plus haut col rou­tier des Alpes avec ses 2758 m d’al­ti­tude, est sillon­né d’une longue et ô com­bien cé­lèbre route. Avec ses 60 vi­rages en la­cets et un dé­ni­ve­lé de 1871 m, c’est l’at­trac­tion tou­ris­tique du coin.

Ajou­tez à ce­la le fait que la route est sou­vent in­cluse dans le tra­jet du Gi­ro d’Ita­lie et vous com­pren­drez l’at­trait. Si rou­ler à vé­lo sur cette route my­thique est le rêve de plus d’un, il faut être prêt à la par­ta­ger avec des cen­taines de vé­hi­cules mo­to­ri­sés de toutes sortes, sauf pen­dant une jour­née, au mois d’août, où elle est ré­ser­vée aux cy­clistes.

Peu im­porte comment vous vous y se­rez ren­du, donc, une fois en al­ti­tude, la ré­gion offre plus de 250 km de sen­tiers de ran­don­née. Il est évident qu’ad­mi­rer cet illustre che­min est de mise, mais il ne fau­drait pas né­gli­ger les mon­tagnes im­po­santes tout au­tour, comme le mont Ortles, avec ses 3905 m, ou le Ce­ve­dale et ses 3778 m. En­fin, une sor­tie dans le sec­teur ne sau­rait être com­plète sans prendre le temps de dé­gus­ter une bière au re­fuge Ga­ri­bal­di. Une bière avec vue, il va sans dire !

Col Ro­del­la, près de Cam­pi­tel­lo et Ca­na­zei, dans la ré­gion du val di Fas­sa

Col du Stel­vio, dans la pro­vince de Bol­za­no

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