L’UL­TIME DÉ­FI DE CA­NOT-CAM­PING

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Les camps de va­cances voient par­fois naître de grandes pas­sions. Par­lez-en à Ni­co­las Roux, Pier-Luc Mo­ris­sette, Phi­lippe Pou­lin, Charles For­tin, Sa­rah-Jeanne Gi­roux et Guillaume Mo­reau, tous des an­ciens du Camp Ké­no, dans la ré­gion de Port­neuf, près de Qué­bec. En­semble, ces amis et adeptes de ca­not­cam­ping pa­gaie­ront entre Schef­fer­ville et le vil­lage inuit de Nain, via les monts Torn­gat. Le nom de leur ex­pé­di­tion, qui se met­tra en branle le 1er juin pro­chain: AKOR.

D’une cer­taine ma­nière, ce pé­riple de trois mois re­pré­sente l’ul­time dé­fi de ca­not-cam­ping. À l’aller (en­vi­ron 1000 km), ils em­prun­te­ront les ri­vières De Pas, George (à contre­cou­rant) et Ko­rok – un por­tage dif­fi­cile de 20 km (!) sé­pare les deux der­nières. Puis, une fois la deuxième chaîne de mon­tagnes la plus haute au Ca­na­da ex­plo­rée, ils lon­ge­ront les côtes du La­bra­dor pen­dant 500 km, où ils croi­se­ront des fjords com­pa­rables à ceux qu’on re­trouve en Nor­vège. La to­tale, sou­ligne Ni­co­las Roux: «Le co­ef­fi­cient de dif­fi­cul­té est très éle­vé. Ce­la n’a ja­mais été ten­té au­pa­ra­vant. »

Un vé­ri­table ma­ra­thon at­tend l’ex­pé­di­tion AKOR au quo­ti­dien. Avec leurs 75000$ de ma­té­riel tech­nique ré­par­ti dans trois ca­nots, ils par­cour­ront de 20 à 40 km par jour, peu im­porte les condi­tions. Froid, pluie et manque de som­meil les guettent. Mais, de leur propre avis, ce se­ront les nuées de mous­tiques qui met­tront vrai­ment à rude épreuve leur équi­libre men­tal. «C’est la pire place au monde pour les mouches. Il y en a tel­le­ment et elles sont si vo­races que ce­la peut faire dé­railler le pro­jet», es­time Guillaume Mo­reau. Sans par­ler des ours po­laires...

Comme si ce n’était pas as­sez, le groupe pro­fi­te­ra de son pas­sage dans ces terres re­cu­lées pour faire avan­cer la science. Concrè­te­ment, il pré­lè­ve­ra des ca­rottes d’arbres, une mé­thode d’échan­tillon­nage à faible coût, puis les ra­mè­ne­ra dans ses em­bar­ca­tions en vue de les étu­dier. Le but: mieux com­prendre la ma­nière dont le chan­ge­ment cli­ma­tique af­fecte leurs pro­prié­tés fon­da­men­tales. «Nous imi­tons en ce sens les bo­ta­nistes d’il y a plus de 100 ans, qui par­taient à l’aven­ture dans le but de consti­tuer des her­biers. C’est as­sez ana­chro­nique», af­firme Guillaume Mo­reau, res­pon­sable de ce pan de l’ex­pé­di­tion.

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