TOUT, DANS LA VIE, N’EST PAS À BUT LU­CRA­TIF

Géo Plein Air - - Sommaire - Alain McKen­na am­cken­nažve­lo.qc.ca žmcken

La preuve : Vé­lo Qué­bec Édi­tions, qui pu­blie Géo Plein Air six fois l’an, est un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif de­puis 2009. Le geste au­rait été po­sé bien plus tôt, me confiait l’autre jour notre édi­trice, Su­zanne La­reau, si les règles en­ca­drant la pu­bli­ca­tion de pé­rio­diques et son fi­nan­ce­ment l’avaient per­mis plus tôt. Ce­la fait donc tout près de 10 ans qu’on vous in­forme d’une fa­çon neutre et, le plus pos­sible, ob­jec­tive (on a tous un par­ti pris pour le plein air, ici, c’est évident), qu’on vous in­vite à ache­ter le ma­ga­zine et à re­nou­ve­ler votre abon­ne­ment, qu’on in­sère un cer­tain vo­lume de pu­bli­ci­té, bref, qu’on vit la vie d’un mé­dia tout ce qu’il y a de plus nor­mal. Avant ça, c’était la même chose, avec les mêmes ob­jec­tifs, sous la forme d’une rai­son so­ciale dif­fé­rente.

J’es­père que notre manque d’avi­di­té des der­niers temps à faire tou­jours plus de pro­fits ne vous em­pêche pas trop de pro­fi­ter de ce loi­sir qui consiste à lire, à s’in­for­mer et à se di­ver­tir…

Et j’es­père, parce que la plu­ra­li­té des mé­dias est im­por­tante dans tous les do­maines (in­cluant le plein air), que le chan­ge­ment ad­mi­nis­tra­tif ma­jeur qui s’en vient au quo­ti­dien La Presse (pu­bli­ca­tion à la­quelle je col­la­bore de­puis 2005) ne vous fe­ra pas tom­ber dans le pan­neau de ces chro­ni­queurs qui parlent dé­jà d’un mé­dia en faillite. Car ce n’est pas le cas. C’est loin de l’être. Vous te­nez la preuve entre vos mains. Les mo­dèles d’af­faires sont aus­si va­riés dans l’édi­tion et les mé­dias que dans toute autre in­dus­trie : des conglo­mé­rats co­tés en Bourse aux blo­gueurs en so­li­taire vi­vant de leur seul ta­lent, il y en au­ra tou­jours pour tous les goûts.

Pous­sez la ré­flexion plus loin et de­man­dez-vous, en pré­pa­rant votre sac à dos pour une ex­pé­di­tion de ca­not­cam­ping dans le fond d’un parc na­tio­nal qué­bé­cois, si la quête du pro­fit de­vrait être au coeur de toute l’ac­ti­vi­té éco­no­mique hu­maine. De­man­dez-vous com­ment ce se­rait si les parcs de­vaient gé­né­rer une crois­sance de leurs bé­né­fices tri­mes­triels pour sa­tis­faire leurs ac­tion­naires.

L’en­tre­tien des sen­tiers se­rait pro­ba­ble­ment plus in­égal. Cer­tains sites se­raient moins bien pro­té­gés. Des sta­tion­ne­ments se­raient agran­dis pour ac­cueillir plus de gens au gré des modes et des pu­bli­ca­tions vi­rales sur Ins­ta­gram. Ça res­sem­ble­rait drô­le­ment à ce qui se passe dans cer­taines ré­gions des États-Unis, en fait.

Il faut donc des or­ga­nismes qui ont pour man­dat de trou­ver l’équi­libre entre la dé­cou­verte, l’ex­ploi­ta­tion et la pro­tec­tion de sites na­tu­rels.

On pour­rait en dire tout au­tant de l’in­for­ma­tion. Dé­pla­cer l’équi­libre des mé­dias vers un mo­dèle moins pres­sé de li­vrer des marges bé­né­fi­ciaires éle­vées est peut-être, à plus long terme, une meilleure idée qu’on le pense.

Car, dans la vie, tout n’a pas be­soin d’être lu­cra­tif.

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