Tressé d’hon­neur

Les FAC sou­ti­en­nent cette tra­di­tion au­tochtone an­ces­trale

Guard of Honour - - FRONT PAGE -

SER­GENT MOOGLY TETRAULT-HAMEL Con­seiller en matière au­tochtone auprès de l’aumônier général des Forces ar­mées cana­di­ennes

Depuis le mi­lieu des an­nées 1990, les Forces ar­mées cana­di­ennes (FAC) ont ap­puyé le droit des sol­dats au­tochtones à porter les cheveux tressés de façon tra­di­tion­nelle lorsqu’ils sont en uni­forme. L’ar­ti­cle qui suit est une réflex­ion per­son­nelle sur la sig­ni­fi­ca­tion spir­ituelle et cul­turelle de cette pra­tique.

Chaque matin, quand ma femme tresse mes cheveux, elle y scelle son amour et de­mande la pro­tec­tion de ses an­cêtres. Faire pousser mes cheveux est un en­gage­ment très sérieux. Ce pro­ces­sus tra­di­tion­nel est lié à nom­bre de pro­to­coles, céré­monies et re­spon­s­abil­ités. J’ai déjà dû couper mes cheveux à quelques reprises pour des raisons tra­di­tion­nelles. Ça a tou­jours été un pro­ces­sus dif­fi­cile, et j’avais l’im­pres­sion que mes liens spir­ituels étaient brisés.

Lorsque je ren­con­tre d’autres Au­tochtones, je ressens un sen­ti­ment ré­ciproque de re­con­nais­sance, de fierté et de re­spect re­posant sur la longueur de nos tresses. C’est par­fois perçu comme un badge d’hon­neur.

Lorsqu’on vis­ite des com­mu­nautés à l’ex­térieur de son cer­cle fa­mil­ial, par ex­em­ple, la tresse est un in­di­ca­teur de fierté et de re­spect et elle désigne sou­vent celui qui la porte comme un mod­èle à suivre. Mais le re­spect n’est pas gra­tuit. Pour mériter cet hon­neur, on doit s’ef­forcer sincère­ment de se com­porter con­ven­able­ment et de suivre les con­seils des gar­di­ens du savoir et des en­seigne­ments sacrés.

Lorsque ses cheveux at­teignent une cer­taine longueur, la per­sonne joue alors un rôle en­core plus grand dans les pra­tiques céré­mo­ni­ales, et elle est en­cour­agée à partager des con­nais­sances et aider ceux qui sont dans le be­soin. Ce sont là des obli­ga­tions qu’on ne bal­aie pas d’un rev­ers de la main.

Ma fem meet mo ia v ons qua­tre en­fants : trois filles et un fils. Notre fils a les cheveux courts parce qu’il com­prend la sig­ni­fi­ca­tion pro­fonde d’une longue chevelure tra­di­tion­nelle et les de­voirs qui l’ac­com­pa­g­nent.

Mon fils aura le choix de faire pousser sa tresse lorsqu’il sera prêt, mais il doit l’avoir à coeur. Tout ce que je peux faire, c’est d’es­sayer de faire de mon mieux pour lui mon­trer la voie.

En tant que père, il est plus im­por­tant pour moi de don­ner l ’e xem­ple et de mon­trer à mes en­fants que peu im­porte l’ad­ver­sité à laque­lle j’ai fait face, je me tiens en­core de­bout et j’hon­ore mes an­cêtres et notre mode de vie.

Jus­tice tra­di­tion­nelle

Pen­dant des mil­liers d’an­nées, dans de nom­breuses cul­tures in­digènes, lorsqu’un in­di­vidu se com­por­tait d’une façon con­traire aux valeurs de la com­mu­nauté, les an­ciens de la famille pou­vaient exi- ger que ses cheveux soient coupés ou rasés comme signe pub­lic de la honte et du déshon­neur qu’il avait ap­porté sur lui-même et sur les mem­bres de sa famille, les vi­vants comme les morts. Dans cer­tains cas, l’ac­cusé pou­vait se voir obligé de de­man­der par­don publique­ment à la com­mu­nauté en­tière, pour son pro­pre compte et celui de sa famille ou de son clan. Dans les cas ex­trêmes, il pou­vait même y avoir ban­nisse­ment de la com­mu­nauté.

Lorsque l’in­di­vidu était prêt à marcher de nou­veau dans le droit chemin, il était au­torisé à revenir, avec le plein ap­pui de sa par­enté. Au fur et à mesure que re­pous­saient les cheveux de cette per­sonne, il en al­lait de même de la con­fi­ance de la com­mu­nauté; l’hon­neur et l’équili­bre se rétab­lis­saient. Sou­vent, l’in­di­vidu pre­nait même l’ini­tia­tive de couper ses cheveux délibéré­ment en signe de re­pen­tance.

Coupes de cheveux céré­monielles

Les gar­di­ens du savoir de la fa mil le prodiguent des con­seils sur les ques­tions liées à la chevelure, pour le quo­ti­dien et les céré­monies. Les coif­fures et les coupes de cheveux céré­monielles font par­tie in­té­grante de cer­taines céré­monies d’union, funérailles, quêtes per­son­nelles, rites de pas­sage, pro­ces­sus de guéri­son, céré­monies saison­nières, etc.

Les étapes rit­uelles se lim­i­tent à la tra­di­tion orale, et sou­vent, elles ne peu­vent être partagées qu’avec quelques ini­tiés. Toute ex­pli­ca­tion à l’in­ten­tion de quelqu’un qui n’ ap as pr is partà ce scéré­monies se lim­iter aità la per­spec­tive per­son­nel led el a per­son ne aut or iséeà en par­ler. Les déf­i­ni­tions ou ex­pli­ca­tions of­fi­cielles ne peu­vent venir que du gar­dien du savoir ou du vi­sion­naire d’une céré­monie en par­ti­c­ulier.

L’hon­neur et l’in­tim­ité de nos sol­dats au­tochtones méri­tent notre re­spect col­lec­tif. Les mem­bres des FAC qui por­tent des tresses ne se coif­f­ent pas ainsi sim­ple­ment parce qu’ils le peu­vent. Les tresses font par­tie de leur iden­tité cul­turelle ainsi que de leur pra­tique spir­ituelle, et ils les por­tent avec une grande fierté.

La poli­tique des FAC sur la chevelure des Au­tochtones n’est pas un ac­com­mode­ment, mais un droit. Pour de plus am­ples ren­seigne­ments, référez-vous au doc­u­ment A-DH-265-000/AG-001 In­struc­tions sur la tenue des FAC et à la DOAD 5516-3 Ac­com­mode­ment pour mo­tif re­ligieux ou spir­ituel.

J’aimerais saluer larés ilien cede nos sold ats auto chtones tra­di­tion ne ls. Con­tin­uez d’ou­vrir la voie et n’ou­bliez pas d’où vous venez.

Lorsque je ren­con­tre d’autres Au­tochtones, je ressens un sen­ti­ment ré­ciproque de re­con­nais­sance, de fierté et de re­spect re­posant sur la longueur de nos tresses. C’est par­fois perçu comme un badge d’hon­neur.

PRO­VIDED BY: JED JOHNS, NA­TIONAL CHIEF LI­AI­SON, AS­SEM­BLY OF FIRST NA­TIONS/ GRACIEUSETÉ DE : JED JOHNS, AGENT DE LI­AI­SON DU CHEF NA­TIONAL, ASSEMBLÉE DES PRE­MIÈRES NA­TIONS

Sgt Moogly Té­trault-Hamel se tient de­vant le Mon­u­ment com­mé­moratif de guerre du Canada avec le bâ­ton à ex­ploits du MDN et des FAC lors du jour du Sou­venir 2016. Sgt Moogly Tetrault-Hamel stands with the DND/CAF Ea­gle Staff at the Na­tional War Memorial in Ot­tawa on Re­mem­brance Day 2016.

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