AI­DER LES MI­GRANTS

SANS AS­SU­RANCE MÉ­DI­CALE

Guide de Montréal-Nord - - LA UNE - JEAN NUMA GOUDOU

Des di­zaines de mil­liers de mi­grants à sta­tut pré­caire vivent à Mon­tréal sans as­su­rance ma­la­die. Pour connaître leur état de santé, l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal co­or­donne une vaste en­quête à Mon­tréal-Nord et dans plu­sieurs autres quar­tiers de la mé­tro­pole.

Grâce à une vaste en­quête de ter­rain, l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal sou­haite connaître l’état de santé des di­zaines de mil­liers de mi­grants vi­vant sans as­su­rance ma­la­die dans la mé­tro­pole qué­bé­coise et se por­ter à leur dé­fense.

Se­lon une étude de Mé­de­cins du monde, qui par­ti­cipe à l’en­quête de ter­rain, Mon­tréal comp­tait 40 000 mi­grants à sta­tut pré­caire en 2012. De­puis, le nombre au­rait aug­men­té d’en­vi­ron 20 %.

«Cette re­cherche va nous per­mettre non seule­ment d’en sa­voir plus sur leur état de santé, mais aus­si de faire des re­pré­sen­ta­tions en leur fa­veur au­près du gou­ver­ne­ment», in­dique Ma­ga­lie Be­noit, de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal, co­or­don­na­trice du tra­vail de re­cherche.

Me­née au­près d’un échan­tillon de 900 per­sonnes, l’en­quête de­vrait ré­vé­ler à plus grande échelle le bi­lan de santé des mil­liers de mi­grants qui vivent à Mon­tréal sans as­su­rance mé­di­cale, qu’elle soit pu­blique ou pri­vée.

De­puis le 4 juin, tra­vailleurs so­ciaux, in­fir­mières et étu­diants partent à la ren­contre de mi­grants qui ha­bitent cer­tains quar­tiers dé­fa­vo­ri­sés, dont Cotes- des- Neiges, Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Mi­chel, Mon­tréalNord et Ri­vière-des-Prai­ries.

L’étude est réa­li­sée conjoin­te­ment par une équipe de l’Ins­ti­tut de re­cherche en santé pu­blique de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal, la Di­rec­tion de la santé pu­blique de Mon­tréal, Mé­de­cins du Monde (MdM) Ca­na­da et plu­sieurs or­ga­nismes com­mu­nau­taires.

MI­GRANTS DÉ­CÉ­DÉS FAUTE DE SOINS?

Pour ces mi­grants à sta­tut pré­caire, les consé­quences du manque d’as­su­rance mé­di­cale peuvent être lourdes.

De plus, la cher­cheuse ex­plique que le coût pour les contri­buables pour­rait aus­si être éle­vé.

«Lors­qu’une per­sonne at­tend à la der­nière mi­nute pour consul­ter, son état de santé va s’ag­gra­ver. La soi­gner à ce mo­ment-là coû­te­ra plus cher. Étant pauvre, elle ne pour­ra ho­no­rer des fac­tures sa­lées. C’est donc la so­cié­té qui de­vra payer».

Marie-Jo Oui­met, doc­teure qui tra­vaille bé­né­vo­le­ment pour Mé­de­cins du monde de­puis 2011, af­firme que les mi­grants à sta­tut pré­caire ne sont pas for­cé­ment en mau­vaise santé, mais pré­sentent un fort taux de ma­la­dies chro­niques.

«Ce qui me pré­oc­cupe da­van­tage c’est le nombre éle­vé d’en­fants et de femmes en­ceintes qui fré­quentent nos cli­niques ac­tuel­le­ment» di­telle, pré­ci­sant que ce sont deux ca­té­go­ries de per­sonnes vul­né­rables.

Un long ques­tion­naire, ano­nyme, est pro­po­sé aux par­ti­ci­pants à la re­cherche. Les ré­pon­dants doivent être nés à l’ex­té­rieur du Ca­na­da et avoir 18 ans ou plus. Un frais de dé­dom­ma­ge­ment de 20 dol­lars leur est pro­po­sé. Mal­gré la com­pen­sa­tion mo­né­taire, il est plu­tôt dif­fi­cile de trou­ver des ré­pon­dants, se­lon Thier­ry Cas­séus, un tra­vailleur so­cial qui s’est dé­pla­cé à Mon­tréal-Nord et Ri­vière-des-Prai­ries.

«Les gens sont mé­fiants par rap­port aux per­sonnes qu’ils ne connaissent pas. Je vous di­rais que 50% de ceux qu’on a in­ter­pel­lés nous ont dit qu’ils avaient une as­su­rance, alors que ce n’était pas vrai. Mais ils vont pla­cer des ap­pels ano­nyme après».

Par­mi les mi­grants qui se trouvent au Ca­na­da sans as­su­rance pri­vée ou pu­blique on compte de simples vi­si­teurs, de­man­deurs d’asile ou de ré­si­dence pour mo­tifs hu­ma­ni­taires, per­sonnes en at­tente de par­rai­nage et dé­ten­teurs de vi­sa étu­diant.

L’étude dure tout l’été et pour­rait se pro­lon­ger jus­qu’à l’au­tomne si né­ces­saire.

C’est une si­tua­tion très grave. Il y a des gens qui sont dé­cé­dés à la mai­son parce qu’ils ont eu peur que le pro­fes­sion­nel de la santé ap­pelle Im­mi­gra­tion Ca­na­da». Ma­ga­lie Be­noit

Pour par­ti­ci­per à l’étude, on contacte le (514) 349-3098 ou, par cour­riel, l’adresse san­te­des­mi­grants@gmail.com.

(Pho­to TC Me­dia - Jean Numa Goudou)

Trois membres de l’équipe, dont la co­or­don­na­trice de l’étude Ma­ga­lie Be­noit, ont vi­si­té des com­merces de Ri­vière-des-Prai­ries le 22 juin der­nier à la re­cherche de mi­grants qui se­raient dans cette si­tua­tion. Ma­ga­lie Be­noit, co­or­don­na­trice de l’étude,...

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